Ecole primaire Saint-Gabriel de Bagneux - Atelier sur les droits de l'enfant.
Education et scolarité
17 novembre 2022

Droits de l'enfant, une sensibilisation des plus jeunes toujours d’actualité

Comment initier les plus jeunes à leurs droits en tant qu’enfants ? Au cœur de l'éducation à la citoyenneté et au vivre ensemble, cette sensibilisation, inscrite dans les programmes scolaires, fait aussi l’objet d'animations menées tout au long de l’année par les équipes éducatives d’Apprentis d’Auteuil. Témoignages de professionnels et d’enfants à l'occasion de la Journée internationale des droits de l'enfant.

Ecole primaire Saint-Gabriel de Bagneux - Atelier sur les droits de l'enfant.
Que vivent les droits de l'enfant. (c) Igor Lubinetsky/Apprentis d'Auteuil
Ecole primaire Saint-Gabriel de Bagneux - Atelier sur les droits de l'enfant.
En plein atelier philo sur les droits de l'enfant, à l'école primaire Saint-Gabriel de Bagneux (c) Igor Lubinetsky/Apprentis d'Auteuil

SAMY BLIN, PROFESSEUR DES ECOLES

« Je suis professeur des écoles en CP. La question des droits de l’enfants est au programme de cette année qui débute le cycle 2. L’objectif, pour cette classe d’âge, est que les élèves découvrent la notion de droits liés à leur statut d’enfants. Une notion très abstraite pour eux et dont ils n’ont, pour la plupart, aucune idée. Ils s’imaginent encore moins que leurs droits peuvent ne pas être respectés. D’où l’intérêt de les initier au sujet !

Pour leur rendre les choses plus concrètes, j’organise à cette occasion des ateliers philo par demi-classes, en rond autour d’une table et en deux temps. Lors de la première séance, je propose aux enfants des activités qui leur permettent de mieux comprendre qu'un enfant n'est pas un adulte. Et nous commençons à échanger. Je leur précise que tout est intéressant à dire et qu'il n'y a pas de bonne ou de mauvaise réponse

Pour la deuxième séance, je leur montre une douzaine de photos, qui servent d’inducteurs pour les mettre plus à l’aise pour parler, en lien avec le texte de la Convention des droits de l’enfant. Certaines sont assez violentes ( enfants soldats avec des fusils, enfants qui mendient parce qu'ils ont faim, etc.). C’est bien de pouvoir mettre des mots dessus et, du coup, de confronter sa pensée à celle de son petit voisin.  

Aborder les droits de l’enfant de la sorte, c’est permettre aux enfants de commencer à (oser) s’exprimer et d'apprendre à penser par eux-mêmes. Une notion que je trouve fondamentale, même si elle est compliquée à acquérir pour tout adulte en devenir qu’est un enfant. Elle irrigue en fait toute leur scolarité :  faire ce qu’on vous dit de faire ou avoir sa pensée personnelle... Pas évident !

En lien avec ce thème abordé en début d’année, d’autres ateliers suivent sur "qu'est ce qu'un garçon et qu'est-ce qu'une fille" (au programme), et je rajoute, selon l'ambiance des classes et leur appétence au débat, d'autres sujets comme "est-ce qu'il faut toujours dire la vérité", "qu’est-ce qui se passe quand on se trompe", etc. C'est passionnant ! »

Les droits de l'enfant, c'est intéressant même si je ne comprends pas tout. J'en avais déjà entendu parler l'an dernier en maternelle. C'est bien de pouvoir en discuter avec le maître et les autres élèves en atelier. Je n'étais pas du tout d'accord avec ce qu'a dit un enfant à propos d'une des photos. J'ai essayé de le dire... Les débats comme ça, j'aime beaucoup. Je suis très curieux.
Heddi, six ans, en CP à l' école primaire Saint-Gabriel (Bagneux, 92)
Discussion entre un animateur pastoral (Robert Gaston), un éducateur et deux jeunes
Robert Gaston (à gauche), responsable animation pastorale, discute avec un éducateur et des jeunes (c) Lucile Barbery/Apprentis d'Auteuil

ROBERT GASTON, RESPONSABLE D'ANIMATION PASTORALE

« Responsable d’animation pastorale depuis un peu plus d’un au sein du groupe scolaire Vitagliano d’Apprentis d’Auteuil à Marseille, ma mission consiste, en lien avec le chef d’établissement, à faire vivre, au sein de l’école, la nouvelle orientation pastorale « Choisir d’aimer ». À ce titre, la question des droits de l’enfant me/nous touche particulièrement, puisqu’un des axes de ma mission est bien de donner la parole aux jeunes pour leur apprendre à mieux vivre ensemble. C’est notamment cela, apprendre à aimer !

Un beau défi car cette question n'est pas forcément évidente à mettre en place. Raison pour laquelle l'ensemble de l'équipe éducative a trouvé nécessaire de se former à cette pédagogie avant de la faire vivre aux jeunes. 

Dans ce sens, nous avons trouvé évident de pouvoir contribuer à faire vivre les droits de l’enfant en participant, avant l'été, à une consultation avec un représentant du Défenseur des droits. Ceci en vue de la publication de son rapport annuel sur les droits de l'enfant. Venu sur notre établissement, il a recueilli les propositions et recommandations des jeunes. Les adolescents se sont notamment exprimés sur ce qu’ils souhaiteraient faire évoluer en termes de droit. Pour certains, pouvoir travailler et passer le permis de conduire plus tôt, pour d’autres, évoluer vers plus de respect de l’identité de chacun (racisme et homophobie en particulier). »

J'ai découvert le texte de la Convention des droits de l'enfant à un atelier proposé lors d'une journée super à Angers, au début des vacances de la Toussaint, par des gens qui travaillent dans les bureaux de la fondation à Paris. On a pu discuter, on a aussi fait des jeux. Il y avait plein d'autres ateliers. Mon droit préféré, c'est l'article 2 de la CIDE qui énonce que tous les enfants ont les mêmes droits.
Benjamin, 13 ans, établissements sociaux Ste Jeanne d’Arc (Loches, 37)
Colloque éducatif - Atelier sur les droits de l'enfant avec Virginie Hoarau à droite
Virginie Hoarau déguisée (à droite), anime un atelier avec des jeunes. (c) Igor Lubinetsky/Apprentis d'Auteuil

VIRGINIE HOARAU, CHARGÉE DE PLAIDOYER

« Les droits de l’enfant, c’est la base de mon métier, s’enthousiasme Virginie Hoarau, chargée de plaidoyer, un métier en plein essor. La jeune femme précise. « Faire du plaidoyer, c’est mettre en place un ensemble d’actions visant à influencer les décideurs politiques pour agir en faveur d’une cause, dans l’intérêt général ». Il peut s’agir de leur présenter un argumentaire, de mobiliser l’opinion publique, de coaliser des acteurs autour d’une cause, etc. 

« À Apprentis d’Auteuil, la cause défendue, c’est celle des jeunes et des familles en difficulté, poursuit-t-elle. Un sujet qui me tient à coeur. Mon rôle consiste à mettre en action les principes des droits de l’enfant et à sensibiliser l’opinion publique à leurs Droits ».  

Au fil des semaines, Virginie Hoarau anime ainsi des ateliers sur les droits de l’enfant en direction des jeunes, monte des dossiers, rédige des rapports, prend des rendez-vous auprès de diverses instances, accompagne les établissements participant à la consultation d’enfants du Défenseur des droits…

« Même s’il faut beaucoup de ténacité, car en plaidoyer les victoires sont difficiles, conclut-elle, impatiente de voir sortir, ce 17 novembre, le rapport 2022 du Défenseur des droits relatif aux droits de l’enfantc’est passionnant d'aller à la rencontre des jeunes et des familles qui ont des choses à nous dire et de les écouter. Pour ensuite, pouvoir défendre les propositions qu’ils nous font auprès des pouvoirs publics ou des institutions concernées ».

Cette année,117 enfants d'Apprentis d'Auteuil ont apporté leur concours au rapport (sur 1100 consultés).

UNE CONFÉRENCE SUR LES DROITS DE L'ENFANT ORGANISÉE PAR APPRENTIS D'AUTEUIL À BORDEAUX

Aujourd'hui jeudi 17 novembre, à l’occasion de l’anniversaire de la journée internationale des Droits de l’enfant, Apprentis d’Auteuil organise la seconde édition de la conférence “Engageons-nous pour les droits de l’enfant !”, en partenariat avec l’Ordre des avocats de Bordeaux et le Centre de recherche d'information et de consultation sur les Droits de l'enfant (CRIC), au Conseil Départemental de la Gironde.

À cette occasion, des avocats, des professionnels de l’enfance et des jeunes vont croiser leurs regards sur deux droits fondamentaux de la convention Internationale des droits de l’enfant : le droit à la santé/droit d’être soigné et le droit au respect de la vie privée/droit à l’image : mineurs et réseaux sociaux.

La conférence se passera en présence de Marie-Claude Agullana, vice-présidente en charge de la Protection de l’enfance du Département de la Gironde, Christine Maze, bâtonnière de l’Ordre des avocats de Bordeaux et Jean-Marc Sauvé, président du Conseil d’Administration d'Apprentis d’Auteuil.

RAPPORT ANNUEL SUR LES DROITS DE L'ENFANT 2022 : "LA VIE PRIVÉE, UN DROIT POUR L’ENFANT"

Dans leur rapport annuel sur les droits de l'enfant publié aujourd’hui, 17 novembre, Claire Hédon, la Défenseure des droits et son adjoint le Défenseur des enfants, Eric Delemar, appellent à respecter un droit souvent remis en cause pour les enfants : celui à la vie privée, essentiel au développement des plus jeunes.

  • Le droit à la vie privée n’est pas réservé aux adultes : c’est un droit pour l’enfant consacré par l’article 16 de la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE), dont le Défenseur des droits est garant. Bien qu’assis juridiquement, ce droit est pourtant peu reconnu en pratique et trop souvent bafoué. Or, sans vie privée, l’enfant ne peut devenir un individu libre, autonome et respectueux de l’altérité.
  • Le sujet questionne non seulement les enfants mais également le rôle et les pratiques des personnes à leur contact au quotidien.
  • Le rapport formule 33 recommandations pour une plus grande effectivité de ce droit.