Histoire
Née en 1866 sous l'impulsion de l'abbé Roussel, la fondation a au fil des années développé et structuré son action pour devenir aujourd'hui un acteur-clé auprès de la jeunesse en difficulté.
Elle célèbre en 2026 ses 160 ans d’existence, en s’engageant plus que jamais auprès des jeunes et des familles en difficulté.
PREMIERS PAS
1866 : l’abbé Roussel fonde L’Œuvre de la Première Communion
Préoccupé par le sort des orphelins à Paris, l’abbé Roussel fonde le 19 mars 1866 L’Œuvre de la Première Communion avec ses 6 premiers enfants des rues. Il loue une maison abandonnée au 40 rue Jean de la Fontaine, dans le quartier d’Auteuil à Paris. Chaque enfant accueilli est soigné, apprend à lire et à écrire et prépare à sa première communion. Il faut ensuite lui enseigner un métier et lui trouver un maître d'apprentissage.
1871 : premiers ateliers de formation professionnelle
Après la guerre et la Commune, la situation économique s’aggrave. Il devient difficile de placer les jeunes d’Auteuil en apprentissage à l'extérieur. Louis Roussel ouvre alors ses propres ateliers, et Les Orphelins Apprentis d’Auteuil viennent s'ajouter à L'Œuvre de la Première Communion. Ils s’illustrent notamment dans le métier de l’imprimerie avec un journal hebdomadaire, La France illustrée.
1878 : appels à la générosité du public
Pour trouver les ressources nécessaires au fonctionnement de l'institution, l'abbé Roussel déploie une énergie sans faille. Il peut heureusement compter sur les bienfaiteurs, mobilisés dès le début des années 1870, qui ne lui font pas défaut dans les moments difficiles. En 1878 en particulier, c'est grâce à une souscription lancée par Le Figaro que l'abbé Roussel trouvera les ressources nécessaires pour poursuivre son œuvre.
Lorsque l’abbé Roussel se retire en 1895, 15 000 enfants sont déjà passés par L'Œuvre d'Auteuil.
Plusieurs directeurs lui succèdent dont l'abbé Daniel Fontaine, de la congrégation des frères de Saint-Vincent de Paul, qui crée une école professionnelle, ou l'abbé Muffat, nommé en 1914, qui doit affronter les conséquences de la guerre et une situation financièrement en crise. En 1923, l'œuvre est au bord du gouffre et ne compte plus que 170 jeunes proches de la révolte.
CHANGER D'ECHELLE
1923 : le père Brottier, de la congrégation du Saint-Esprit, devient directeur
Face à une situation tendue, l'archevêque de Paris décide de confier Les Orphelins Apprentis d'Auteuil à la congrégation des pères du Saint-Esprit. Elle se tourne vers le père Daniel Brottier pour en assurer la direction. Missionnaire au Sénégal et grand aumônier de la guerre de 14-18, il est l'homme de la situation.
De 1923 à 1936, année de sa mort, il travaille jour et nuit pour sauver les orphelins d’Auteuil. Sous son impulsion, l'œuvre se développe comme jamais auparavant : 15 annexes s'ouvrent dans toute la France. Il est de plus un éducateur formidable pour les jeunes accueillis, plaçant la confiance comme coeur de sa pédagogie, et mobilise l'opinion publique autour de la cause des orphelins.
Il fait construire une chapelle dédiée à Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus qui l'a protégé pendant la guerre, et place les enfants d'Auteuil sous la protection de la sainte.
1929 : reconnaissance d'utilité publique
Grâce à l'action du père Brottier, l'œuvre des Orphelins Apprentis d'Auteuil est reconnue "fondation reconnue d’utilité publique" en 1929.
Le père Brottier sera béatifié par le Pape Jean-Paul II le 25 novembre 1984, et son tombeau, installé en 2020 dans la chapelle Sainte-Thérèse, est béni lors d'une cérémonie d'hommage.
Le lien entre Apprentis d'Auteuil et la congrégation du Saint-Esprit perdure encore aujourd'hui ; en 2023-2024, les deux institutions ont pu célébrer le centenaire de cette alliance.
1948 : ouverture de maisons en outre-mer
Au lendemain de la 2nde guerre mondiale, ce sont désormais une vingtaine d'établissements qui, partout en France, accueillent et forment les jeunes à divers métiers : mécanique, électricité, bâtiment, agriculture, menuiserie, cuisine et boulangerie.
Un lycée professionnel s'ouvre même à la Martinique - c'est le premier hors hexagone.
1960 : jeunes en difficulté
Au fil des années, le public évolue : les jeunes accueillis ne sont plus en majorité orphelins mais des enfants et des jeunes en difficulté sociale ou familiale.
Construire les liens
1961 : contrats avec les ministères de l'Education nationale et de l'Agriculture
A partir des années 60, la fondation s'engage dans la professionnalisation des équipes et le développement des liens avec les institutions.
En 1961, les établissements scolaires et de formation sont désormais sous contrat avec le ministère de l'Education nationale et celui de l'Agriculture.
1973 : habilitation "protection de l'enfance"
Les établissements d'accueil de la fondation peuvent désormais accueillir les enfants et les jeunes confiés par les services sociaux.
Cette même année, l'oeuvre est pour la première fois dirigée par un laïc : Jean Gosselin. Sous son impulsion, les orphelinats deviennent des "Maisons", exprimant une particularité propre à la fondation : le lien entre l’éducation et la formation.
1975 : premier projet éducatif
En 1975, un premier projet éducatif et pastoral est formalisé, et dans la foulée, de nouveaux publics commencent à être accueilis.
1976 : accueil des premiers mineurs réfugiés boat people
Suite aux guerres d'Indochine et du Vietnam, les réfugiés affluent en Europe. Parmi ces boat people, nombre d'enfants qui sont alors pris en charge notamment par l'oeuvre d'Auteuil.
1978 : accueil des premières filles
Essentiellement masculine jusque-là, tant au niveau des enfants accueillis que du personnel, l'œuvre se féminise par l’arrivée d’éducatrices, mais également l’ouverture aux fillettes (1978) puis aux jeunes filles (1986).
1994 : premières coopérations internationales
En 1994, l’ONG Auteuil International est créée afin de collaborer avec les pays du Sud. Les chantiers internationaux sont l’occasion pour les jeunes de vivre l’interculturalité.
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(c) Ilan Deutsch/Apprentis d'Auteuil
Durant les années 2000, la fondation se transforme en profondeur afin de répondre aux difficultés croissantes des jeunes et de leurs familles, et aux nouveaux enjeux de la société. Elle affirme plus que jamais que chaque jeune est accueilli et pris dans toutes ses dimensions, qu'il est acteur de son projet, avec l’aide et l’appui des équipes éducatives.
2001 : création de l'Observatoire des incidents-accidents, afin de lutter contre toutes les formes de violence au sein des établissements.
Suite à une recommandation de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), la direction générale d’Apprentis d’Auteuil met en place l’Observatoire des Incidents, Accidents et Infractions Graves (OIAIG), qui fonctionne 24h/24 et 365 jours par an. Cet outil permet d'avoir une meilleure visibilité sur les situations graves, afin de mieux les traiter, les analyser et tout mettre en œuvre pour les prévenir.
2004 : les établissements deviennent membres de l'Enseignement catholique
Les établissements scolaires d'Apprentis d'Auteuil font partie de l'Enseignement catholique, assorti d’ajustements adaptés à notre spécificité. Les liens d'Apprentis d'Auteuil avec le Secrétariat général de l'Enseignement catholique sont précisés dans un accord-cadre qui en définit les modalités.
2007 : ouverture des premières crèches et accueil des tout-petits
Auteuil Petite Enfance, association filialisée dédiée à la petite enfance, est créée en 2010 et comprend aujourd'hui une vingtaine de structures. Celles-ci accueillent les enfants et accompagne les parents dans la pratique et l'expérience de leur parentalité.
2009 : ouverture des premières Maisons des familles, à destination des parents
Les Maisons des Familles sont des lieux d'accueil et d'échange pour les familles, où chacun peut partager son expérience, s'enrichir de celles des autres et trouver un soutien. Ce programme, co-créé avec le Secours catholique, comprend aujourd'hui 25 maisons en France hexagonale et outremer. Une fédération des maisons des familles, portée par Apprentis d'Auteuil, le Secours catholique et la Fondation de l'Armée du Salut, vient par ailleurs de voir le jour.
2012 : publication du premier plaidoyer pour la jeunesse en difficulté
Le Plaidoyer pour la jeunesse en difficulté, manifeste à destination des candidats à la présidentielle et aux législatives, pose trois priorités :
- La lutte contre le décrochage scolaire,
- L’accompagnement à la parentalité,
- L’insertion des 16-25 ans.
Il sera suivi, en 2017, de Prendre le parti des jeunes, petit bouquin d'utilité publique (pdf), puis en 2022 de Prendre le parti des jeunes - 24 solutions pour transformer leur avenir.
2014 : Penser et agir ensemble
En 2014, le projet éducatif est actualisé après un travail collectif de réflexion, mené avec l'ensemble des collaborateurs de la fondation, les jeunes et les familles. La démarche, dénommée "Penser et agir ensemble", devient un élément prioritaire de la démarche éducative de la fondation.
2018 : développement de dispositifs innovants d'insertion socio-professionnelle
Apprentis d'Auteuil continue son développement, notamment via la mise en place de nouveaux dispositifs d'insertion destinés à répondre aux besoins des jeunes non-diplômés, sans formation et éloignés de l'emploi.
2025 : Violette et Nina, marraines de la fondation
Soutien d'Apprentis d'Auteuil depuis 2020, Violette Dorange choisit d'afficher les couleurs de la fondation sur son bateau lors de son premier Vendée Globe.
Nina Métayer, meilleure pâtissière au monde, devient cette année-là marraine d'Apprentis d'Auteuil.
2026 : 160 ans au service de la jeunesse en difficulté
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