Ecologie intégrale - Deux enfants devant un hôtel à insectes
Vie de la fondation
04 janvier 2023

L’écologie intégrale, une priorité pour Apprentis d’Auteuil

Face à la crise climatique, énergétique et sociale, la fondation a fait de l’écologie intégrale l’une des orientations principales de son projet stratégique 2022-2026. Explications de Constance Gros, coordinatrice écologie intégrale.

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La fondation a choisir de faire de l'écologie intégrale une de ses priorités pour les années à venir.

Pourquoi la fondation a-t-elle choisi de faire de l'écologie intégrale l'un des axes de son projet stratégique 2022-2026 ?

Portrait de Constance Gros, coordinatrice écologie intégrale
Constance Gros, coordinatrice écologie intégrale (c) Igor Lubinetsky/Apprentis d'Auteuil

La fondation s’est engagée dans une démarche de développement durable depuis une douzaine d’années. Ce qui a déjà permis des transformations en matière de transport, d’énergie, d’alimentation… En 2015, la publication de l’encyclique du pape François consacrée à l’écologie intégrale, Laudato Si’, entrait particulièrement en résonance avec notre projet éducatif centré sur la relation à soi, aux autres, au monde et à Dieu. La question de l’écologie intégrale figurait déjà dans notre précédent projet stratégique 2017-2021. L’aggravation des crises environnementales et sociales des cinq dernières années, nous a incités à en faire une priorité de ce projet stratégique 2022-2026. C’est aussi une préoccupation qui est remontée fortement des consultations menées auprès des jeunes, des familles et des collaborateurs. Notre responsabilité, en tant qu’institution éducative, est d’aider les jeunes et les familles à trouver leur place dans ce monde en plein changement.

Comment cela se traduit-il concrètement dans les établissements ?

Le campus éducatif et écologique Saint-Philippe à Meudon (92) a placé l’écologie intégrale au coeur de son nouveau projet d’établissement. Cette transformation concerne à la fois la rénovation des locaux et des contenus éducatifs. Je peux également citer la Maison des familles de Grenoble qui s’est lancée dans les technologies bas carbone. L’idée étant de fabriquer des objets du quotidien dans une démarche éducative, économique et bas carbone. De son côté, L’Espérance Patronage Saint-Louis à la Martinique a entrepris la plantation de cacaoyers. L’objectif est de produire du chocolat, mais aussi d’en faire le support d’un chantier d’insertion. Autre exemple : les collégiens des établissements Notre-Dame (28) travaillent depuis une quinzaine d’années sur le monde de l’abeille en abordant les questions de biodiversité, de production de miel ou d’acquisition de compétences professionnelles grâce à sa vente. En plus de ces aspects environnementaux, les établissements mènent aussi de nombreux projets pour faciliter le vivre-ensemble, prévenir les violences ou ouvrir les jeunes à la spiritualité, c’est cela aussi l’écologie intégrale.

La fondation est-elle confrontée à des difficultés liées à la crise énergétique actuelle ?

Du fait de notre histoire et de notre activité d’accueil, la fondation dispose d’un parc immobilier assez vaste et parfois ancien. Ce qui entraîne des charges importantes en matière d’énergie. Les contrats nationaux avec les fournisseurs d’énergie nous préservent des fortes hausses du gaz durant quelques années. Mais à partir du mois de mars 2023, nous allons subir une forte augmentation du prix de l’électricité.

Comment s'adapte-t-elle à cette situation ?

Elle nous pousse à réduire, plus encore, les dépenses énergétiques dans nos établissements et nos bureaux. Du fait de leur activité et de leur surface supérieure à 1000 m2, plusieurs de nos établissements sont assujettis au dispositif règlementaire Éco Énergie Tertiaire destiné à répondre à l’urgence climatique et qui impose une réduction des consommations de 40 % d’ici 2030 et de 60 % d’ici 2050. La fondation a décidé de l’appliquer à l’ensemble de son parc immobilier d’activité. Ceci, grâce à un important programme d’isolation thermique, de modernisation des chaufferies et de remplacement des énergies fossiles. Enfin, nous travaillons à la sensibilisation des salariés et des jeunes, afin de modifier nos comportements pour réduire notre empreinte énergétique.

Le témoignage d’Abigaël, 17 ans, écodéléguée, en 3e année bac pro commercialisation et services en restauration au lycée professionnel Daniel-Brottier à Bouguenais, près de Nantes

« Quand je pense à mon avenir, je pense à mon futur proche, car tout est relatif, on ne sait pas ce qui va se passer... C’est triste de voir ce qui arrive à notre planète. Je suis un petit peu pessimiste, je pense que c’est mal parti. J’essaie de changer les choses à mon échelle. Je suis engagée dans une association de défense de l’environnement. Et au lycée, depuis trois ans, je suis écodéléguée. Avec les autres écodélégués, on mène des actions liées à l’écologie pour ouvrir les consciences de ceux qui sont dans le déni. Dans ma classe, il y en a peu qui sont réellement engagés et conscients. On aura du mal à sauver la planète, mais on peut faire en sorte de ne pas empirer la situation. Je ne me résigne pas. »