Jeunes en CAP SAPVER au lycée agricole Val de Drôme
Formation et insertion
18 juin 2026

CAPa SAPVER, quand l’enseignement agricole forme aux métiers du soin

Au-delà du cliché des exploitations rurales et des métiers de la nature, l’enseignement agricole recouvre des formations méconnues. Parmi elles, le CAPa Services aux personnes et vente en espace rural (SAPVER), qui prépare aux métiers du soin, de l’accompagnement et du lien humain. Dans plusieurs établissements d’Apprentis d'Auteuil, des élèves y trouvent une formation concrète, porteuse de sens et de débouchés. 

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L’enseignement agricole ne sert pas seulement à travailler dans les fermes ou avec la nature. Il propose aussi d’autres formations, souvent peu connues. Le CAPa SAPVER forme des élèves aux métiers du soin, de l’accompagnement et du service aux autres. Dans les établissements d’Apprentis d’Auteuil, des jeunes suivent cette formation. Elle leur permet d’apprendre un métier concret et de préparer leur avenir professionnel.

Dans la salle de travaux pratiques, les élèves écoutent attentivement les consignes de leur enseignante. Devant eux, des poupons en plastique. L’exercice de la matinée, à quelques jours d’un examen partiel, consiste à revoir les gestes essentiels auprès d’un nourrisson : le porter, le coucher, assurer sa sécurité, préparer son environnement. Les gestes sont répétés, parfois hésitants. Certains élèves avancent avec assurance, d’autres recommencent, cherchent, demandent conseil. L’ambiance est studieuse.

Jeunes en CAP SAPVER au lycée agricole Val de Drôme
En salle de travaux pratiques, des élèves s’entraînent aux gestes du quotidien auprès de poupons, ici lors d’un exercice de change. (c) Benjamin Béchet/Apprentis d'Auteuil

Des jeunes qui reprennent confiance 

Au lycée Val de Drôme, la filière accueille des jeunes dont le parcours scolaire a parfois été fragilisé par des difficultés d'apprentissage, un manque de motivation ou des troubles tels que le TDAH ou les troubles dys. Tous y trouvent un cadre adapté pour se projeter dans l'avenir.

« Beaucoup arrivent en CAPa avec un réel manque de confiance », souligne Laurence Castanet, enseignante. « C'est une très belle formation. Nous proposons un cadre bienveillant qui prend en compte les besoins spécifiques des élèves. Ce cursus leur permet d'acquérir des compétences, mais aussi de se valoriser à travers l'esprit de service. Ils développent l'entraide, le sens du collectif et apprennent à construire une relation de qualité avec les autres. »

Apprendre par la pratique

La pédagogie mise en œuvre durant la formation joue un rôle important dans cette remobilisation. Les élèves apprennent par la pratique, les mises en situation et les périodes de stage, qui  occupent une place importante dans le parcours. Elles permettent aux jeunes de découvrir différents environnements professionnels, de la petite enfance aux établissements pour personnes âgées. « Nous partons toujours du concret », souligne encore Laurence Castanet. « Les jeunes ont besoin de comprendre pourquoi ils apprennent et à quoi cela va leur servir. »

Jeunes en CAP SAPVER au lycée agricole Val de Drôme
Un élève s’exerce aux gestes du repassage, sous l'œil attentif de son enseignante, Laurence Castanet. (c) Benjamin Béchet/Apprentis d'Auteuil

Un secteur qui recrute

Au-delà de l'accompagnement humain, le CAPa SAPVER ouvre des perspectives professionnelles tangibles. Arnaud Vauclin, directeur de l'établissement, rappelle que les besoins sont importants dans la Drôme. « Les structures du secteur recherchent activement du personnel formé. Les élèves en sont conscients et cela renforce leur motivation. Ils comprennent l'utilité de ce qu'ils apprennent et peuvent se projeter dans un métier », explique-t-il.

Cette dynamique est également appréciée par les familles. Souvent préoccupés par l'avenir de leur enfant, les parents voient avec satisfaction leur adolescent s'investir dans un projet porteur.

Nouveau départ

Une réalité qui se reflète dans des parcours très concrets. Comme celui de Morrynëlla, 16 ans, jeune fille accompagnée par les services de la protection de l'enfance, qui a trouvé dans cette formation un nouveau départ. 

« Après une classe de seconde dans un lycée où je ne m’épanouissais pas du tout, j’ai été orientée vers le lycée Val de Drôme par le service de réussite éducative de Valence. Ici, j’ai découvert le CAPa SAPVER », confie-t-elle.

Au fil de ses stages et autres apprentissages, la jeune fille dit prendre plaisir à découvrir les bases d’un futur métier. « Je me projette davantage aujourd’hui et j’ai le sentiment de pouvoir m’épanouir dans ce que je fais. La formation me structure énormément et j’avance avec davantage de confiance. Pour moi, c’est essentiel car je viens d’une famille très compliquée. »

Jeunes en CAP SAPVER au lycée agricole Val de Drôme
En atelier, les élèves s’exercent également aux gestes d’accompagnement des personnes âgées ou malades. (c) Benjamin Béchet/Apprentis d'Auteuil

Des compétences humaines recherchées

Après l'obtention de leur CAPa, certains élèves entrent dans la vie active, d'autres poursuivent leur parcours en bac pro, également proposé dans plusieurs établissements de la fondation. « Le bac pro services aux personnes et animation dans les territoires (SAPAT) permet d'approfondir les compétences acquises et d'élargir les perspectives professionnelles », explique Grégoire Albert, directeur du campus Saint-Antoine, un autre établissement agricole du réseau situé dans l'Essonne. Nous encourageons un maximum de jeunes à poursuivre leurs études. »

Derrière ces métiers se cachent avant tout des qualités humaines : l'écoute, l'empathie, la patience et la capacité à prendre soin des autres.

Dans la salle de travaux pratiques, les poupons ont retrouvé leur place sur les étagères. Les élèves quittent la pièce. Pour quelques-uns, cette séance n'était qu'un cours. Pour la plupart, elle confirme une vocation.