Campus Saint-Antoine, formation Travaux paysagers
Formation et insertion
10 juin 2026

Au Campus Saint-Antoine, les jeunes reprennent racine dans les métiers du paysage

À Marcoussis (Essonne), le Campus Saint-Antoine offre aux collégiens et aux lycéens une formation professionnelle en aménagements paysagers. Avec, à la clé, une confiance en soi retrouvée, des compétences valorisées et une insertion dans le monde du travail réussie. 
 

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En préparant une formation professionnelle en aménagements paysagers au Campus Saint-Antoine à Marcoussis (91), les collégiens et lycéens retrouvent confiance en eux, valorisent leurs compétences et s'insèrent facilement dans le monde du travail.
Campus Saint-Antoine, cours sur ordinateurs pour les élèves de la formation Travaux paysagers
Les yeux rivés sur leur ordinateur, les élèves de terminale bac professionnel aménagements paysagers établissent des devis. © Igor Lubinetsky/Apprentis d'Auteuil

Cet après-midi là, dans une salle informatique du Campus Saint-Antoine à Marcoussis (91), les élèves de terminale bac professionnel aménagements paysagers ont les yeux rivés sur leur ordinateur. L’exercice du jour ? Établir des devis pour des contrats d’entretien d’espaces verts. « N’oubliez pas de détailler, point par point, le coût estimé pour chaque poste », rappelle Dimitri Filomenko, professeur en paysage, responsable du cycle professionnel. « Et pensez à indiquer le nombre de passages par an. » 
Dans la salle, les niveaux sont variés. Certains hésitent encore ; d’autres visualisent déjà les opérations : tondre la pelouse, tailler une haie, poser des dalles... Tous partagent la même envie : travailler au grand air, en pleine nature

Campus Saint-Antoine, Charles, élève de la formation Travaux paysagers  avec un autre élève
En travaux pratiques, Charles, 20 ans, (t-shirt noir) s'applique à poser des dalles © Igor Lubinetsky/Apprentis d'Auteuil

Un autre chemin vers la réussite

« Beaucoup de nos élèves ne se retrouvaient plus dans un enseignement classique », explique Grégoire Albert, directeur du Campus. Ici, par la voie scolaire ou par l’apprentissage, ils découvrent qu’ils peuvent réussir autrement. »

Dès la 4e-3e, en classes pré-professionnelles, les jeunes alternent cours généraux le matin et ateliers pratiques l’après-midi : fabrication de nichoirs, création de massifs, projets nature... Une pédagogie active qui change le rapport à l’école. « Des jeunes en difficulté reprennent confiance en eux, constate le directeur. Car les professeurs et les éducateurs valorisent ce qu’ils savent faire et révèlent leurs talents. »

À l’issue du collège, le Campus propose un parcours progressif et adaptable : CAPA jardinier paysagiste, bac professionnel aménagements paysagers... À la rentrée 2026, il préparera au BTSA (Brevet de technicien supérieur agricole). « Le CAPA est souvent une étape de remobilisation avec un taux de réussite à 100% », précise Grégoire Albert. « Avec, pour tous nos jeunes diplômés, une entrée dans la vie active très rapide, poursuit Dimitri Filomenko. Car, en Île-de-France, le secteur, porté par les projets de végétalisation du Grand Paris, la renaturation des rivières ou encore l’aménagement des mobilités douces, recrute fortement. Nos élèves embauchés à 60% par des entreprises et à 40% par des collectivités peuvent, en quelques années, devenir chefs d’équipe. »

« Même si je n’ai pas l’esprit de compétition, je sentais que j’avais les capacités de faire quelque chose de mes mains. » 

« Je suis arrivé au Campus Saint-Antoine en 2023 en classe de 2nde pour préparer le bac pro aménagements paysagers. En fait, depuis tout petit, j’aime travailler dehors, j’aime bouger. Même si je ne l’ai pas connu mon grand-père était maraîcher, c’est peut-être une histoire de gènes ! Adolescent, j’aimais bien entretenir le jardin de mes parents : tondre, tailler… 
En habitant à Marcoussis, je n’ai pas été chercher bien loin pour trouver le lycée où je pourrai apprendre le métier de jardinier. Je suis allé au Campus lors des portes ouvertes 2023… et j’ai fait le bon choix. J’ai adoré apprendre à reconnaître les végétaux. Mes parents étaient très heureux de voir que, en me baladant avec eux en forêt, je pouvais citer beaucoup de noms en latin. 
J’ai tenté le concours MAF en 2025 j’étais en classe de 1ère. Même si je n’ai pas l’esprit de compétition, je sentais que j’avais les capacités de faire quelque chose de mes mains. Ça s’est bien passé au niveau départemental, régional et national. À chaque fois, j’ai gagné la médaille d’or. Mes succès, je les dois aussi à monsieur Filomenko, un très bon prof, très présent, très attentionné, qui sait bien expliquer, bien rigoler, très intéressant donc ! 

Mon avenir est tout tracé : en septembre, je commencerai un BTS en alternance en deux ans au Campus Bougainville à Brie-Comte-Robert et je préparerai le certificat de spécialisation élagage. Je sais déjà que Les Jardins de l’Orangerie à Avrainville veulent me recruter. À 25 ans, j’aimerais créer ma propre entreprise de paysages et d’élagage pour continuer à toucher toutes les branches du métier. 
Si je devais donner un conseil à un jeune qui cherche sa voie, je lui dirais que le métier aménagements paysagers est parfait pour celui qui aime la nature, le travail physique et manuel et est créatif ! » 

Benjamin, 18 ans, terminale bac pro aménagements paysagers, Médaille d’or national Jardins et espaces verts MAF 2025 
 

La pédagogie de l’accompagnement

Au Campus Saint-Antoine, les jeunes acquièrent des compétences techniques - topographie, maçonnerie, gestion des végétaux... - et apprennent à s’adapter à un métier en pleine mutation. « Nous ne travaillons plus dans des jardins figés, souligne Dimitri Filomenko. Nous redécouvrons le tempo donné par les saisons, les gestes anciens comme laisser la terre sous un couvert végétal. Aujourd’hui, on ne veut plus que le jardin soit propre mais esthétique et agréable. Cette évolution du métier demande curiosité, remise en question et ouverture. Des qualités que nous nous efforçons de cultiver auprès des élèves. »

Pour impulser une dynamique de groupe et motiver les élèves, Dimitri Filomenko les prépare, depuis quinze ans, au Concours Meilleur Apprentis de France. « En préparant le MAF, le jeune grandit énormément : techniquement, il devient très à l’aise ; personnellement, il gagne en assurance, en maturité, en expression orale, gère de mieux en mieux le stress émotionnel. S’il parvient au niveau national du concours, il doit se confronter aux meilleurs du métier et viser l’excellence. Cela lui offre une superbe carte de visite, l’assurance d’un bel avenir. Car, avec une médaille d’or au MAF, l’employabilité sur un cv d’un jeune est 40% supérieure à celle d’un jeune sans médaille. »

Campus Saint-Antoine, les élèves de la formation Travaux paysagers avec Dimitri Filomenko, professeur, et Florent Vovard, éducateur
Au Campus Saint-Antoine, un binôme professeur-éducateur (ici Dimitri Filomenko et Florent Vovard) suit chaque jeune. © Igor Lubinetsky/Apprentis d'Auteuil

Un secteur d’avenir

Au Campus Saint-Antoine, la réussite repose aussi sur un encadrement renforcé. Un binôme professeur-éducateur suit chaque jeune. « Entre professeurs et éducateurs, nous échangeons toutes les semaines sur chaque élève, explique Florent Vovard, éducateur-moniteur. Notre objectif ? Lever tous les obstacles qui peuvent se dresser dans sa vie personnelle ou professionnelle, faire le point sur ses difficultés, ses engagements, ses désengagements et l’aider à avancer. » 

Les élèves participent ainsi à des projets éco-responsables - ramassage de déchets, compostage, fabrication de bancs à partir d’arbres endommagés, de bacs de récupération de piles et de bouchons...-, se sentent utiles, deviennent acteurs de leur environnement et prennent leur place au Campus et dans la société.
Cette dynamique a permis à l’établissement d’obtenir le label E3D (Écoles et établissements en démarche de développement durable) attribué par le Ministère de l’Éducation nationale. Ce label reconnait le Campus comme un lieu d'apprentissage du développement durable ancré dans son territoire.

Dans les cinq prochaines années, le Campus Saint-Antoine entend poursuivre son développement - ouverture à la rentrée 2026 du BTSA (Brevet de technicien supérieur agricole) par voie scolaire ou par apprentissage, participation aux WorldSkills France (compétitions de métier), projets Erasmus, formations pour adultes en reconversion... 
« Les entreprises ont besoin de jeunes qualifiés, conclut Grégoire Albert. Et nous, nous avons à cœur de former des professionnels… mais surtout des jeunes debout. »

« Je veux vivre de mes passions : la nature, le mouvement, le travail de mes mains et la création. »  

« Après une 3e générale dans un collège de Limours, j’hésitais entre deux voies : les jardins espaces verts ou la mécanique. Mais j’avais très envie de bouger, de faire quelque chose de mes mains. La conseillère d’orientation m’a appris que le Campus Saint-Antoine organisait des portes ouvertes. J’y suis allé et je me suis inscrit au CAP seconde professionnelle (nature, jardin, paysage, forêt…) avec un peu d’appréhension car je quittais le collège et les copains et je m’engageais dans un monde inconnu sans connaissances ni expérience. Je devais tout apprendre. Mais les profs ont toujours été à mon écoute, ils ont toujours répondu à mes questions, voulu partager leur savoir. 
Au fur et à mesure, ce métier extrêmement vaste est devenu une passion… au point que j’ai travaillé tous les week-ends et toutes mes vacances à créer et entretenir des jardins chez des particuliers. J’ai effectué mes stages à la mairie de Gif-sur-Yvette. En fait, si l’on n’a pas de passion, on n’a pas d’envie et on s’ennuie dans son métier. 

Mon avenir ? Il est très clair ! L’an prochain, je veux préparer le BTS en deux ans en alternance. J’ai posé ma candidature dans trois établissements scolaires. Et préparer en un an le certificat de spécialisation en élagage car j’aime grimper aux arbres, cela fait monter mon adrénaline. À terme, je veux créer ma propre entreprise d’aménagements paysagers et d’élagage… pour répondre à toutes les demandes… et vivre de mes passions : la nature, le mouvement, le travail de mes mains et la création. »  

Charles, 20 ans, terminale bac pro aménagements paysagers