Violetta et Kyrylo, de la guerre en Ukraine à l’école Saint-Etienne

Violetta et Kyrylo, de la guerre en Ukraine à l’école Saint-Etienne

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Depuis deux semaines, l’école Saint-Etienne (Saint-Estèphe, 33) accueille Violetta, 7 ans et Kyrylo, 4 ans, deux jeunes élèves Ukrainiens pour qu’ils retrouvent une vie d’enfant. Reportage.

Dans la cour, Violetta, 7 ans, joue à chat avec ses copines. En classe de maternelle, son petit frère Kyrylo, 4 ans, peint une maison en carton. Violetta, Kyrylo et leur maman Nadiya, directrice de l’Alliance Française de Zaporijjia en Ukraine sont arrivés en France le 19 mars. Direction la Gironde où vivent leurs correspondants français, Chloé, 10 ans et Enzo, 8 ans. “Depuis un an, on échangeait des photos, des vidéos, des lettres que je traduisais... Quand la guerre a éclaté, leur grand-mère, Nadine, a immédiatement proposé de nous accueillir”, raconte Nadiya. Après trois semaines de bombardements, de sirènes d’alarme et de nuits cachés dans la cave en Ukraine, la décision est prise. “Les enfants pleuraient, ils n’osaient plus sortir dans la cour, ni approcher une fenêtre. Partir en France était notre seule porte de sortie !

“Je n’ai pas hésité à les accueillir”


Violetta et Kyrylo laissent derrière eux leur pays et leur papa ; ils traversent l’Ukraine, la Pologne, l’Allemagne puis la France. “On a pris treize moyens de transport, compte Nadiya. Pour les motiver, je leur disais qu’on allait retrouver leurs amis”. À la gare de Bordeaux, Chloé, Enzo, leur maman et Nadine les attendent en effet. Les familles s’embrassent et ne retiennent pas leurs larmes. “J’étais émue de les voir arriver d’un pays en guerre. Et soulagée aussi : on s’inquiétait depuis des semaines !”, se rappelle la petite Chloé.

Nadiya, la maman, souffle à son tour après trois semaines éprouvantes. Nadine héberge sa famille, l’accompagne dans les démarches administratives, l’écoute vider son sac la nuit. Elle les met aussi sur la piste de l’école Saint-Etienne où sont scolarisés ses petits-enfants. “Là-bas, on ne laisse personne sur le bord de la route”, précise-t-elle. Le lundi, une visite est organisée. Un coup de coeur pour Violetta, Kyrylo et leur maman ; une évidence pour Emmanuelle Barsot, directrice de l’établissement : “Je n’ai pas hésité deux minutes à les accueillir, au nom de l’école et de la fondation”. L’école donne cartables, trousses et cahiers ; les familles des sacs de vêtements et de jouets. “Il y a eu un vrai élan de fraternité. On a reçu des dons de toute part”, explique la directrice. “Je ne pensais pas qu’on pouvait être aussi généreux”, confirme Nadiya les larmes aux yeux.

“Notre priorité : leur redonner des moments d’enfant”


Difficile d’oublier la guerre : les premiers jours Kyrylo est terrorisé par les avions qui passent dans le ciel de Saint-Estèphe. Mais rapidement les peurs s’apaisent, les sourires reviennent. Et malgré la barrière de la langue, les enfants s’intègrent facilement. “Les autres élèves sont prévenants et solidaires. Ils viennent les chercher pour jouer ou aller à la cantine, les aident à comprendre les consignes, poursuit la directrice. La communication n’est pas un problème, ils se parlent avec des regards, des gestes…”.


Tous les après-midi, Kyrylo participe aussi aux ateliers langage des Moyennes Sections de maternelle. Violetta, elle, partage ses journées entre sa classe de CP / CE1, celle de Michèle, l’enseignante spécialisée et de Sonia, responsable du dispositif d’accrochage scolaire “L’Espace de tous les possibles” (ESPO). “J’espère pour eux qu’ils pourront rentrer dans leur pays. En attendant, notre priorité est de leur donner des moments d’enfant… et des mots-outils pour communiquer en France”, explique-t-elle.

Après un long mois sans classe ni petits camarades, Violetta ne veut plus quitter son école française. “C’est très joyeux ici. Les maîtresses me cocoonent, elles sont douces, attentives et gentilles. Je ne comprends pas tout mais j’aime jouer avec les autres enfants, calculer, dessiner, chanter…” confie-t-elle avant de cavaler à l’autre bout de la cour. Avec l’énergie débordante de ses 7 ans.

Accueil des Ukrainiens : Apprentis d'Auteuil s'organise

“De nombreux établissements d’Apprentis d’Auteuil se sont mobilisés pour collecter des biens de première nécessité en faveur de l’Ukraine, explique Daniel Fasquelle, référent national pour l'accueil des Ukrainiens à la fondation. Aujourd’hui, après cette phase de première urgence, la fondation s’organise pour accueillir des Ukrainiens dans ses établissements. Que ce soit dans nos dispositifs existants (établissements scolaires, Maisons d’enfants, centres de formation, programmes d’insertion, Maisons des familles...), ou dans des structures nouvelles à inventer ensemble”.

La fondation Apprentis d’Auteuil agit depuis 150 ans pour former et éduquer la jeunesse en difficulté. Avec plus de 80 formations, nous aidons les jeunes en difficulté à s’insérer dans la société tout en accompagnant les familles dans leur rôle éducatif. Nous agissons au plus près des familles avec des structures d’accueil pour enfants ou adolescents en difficultés confiés par les parents ou l’aide sociale à l’enfance. Nous proposons des accompagnements avec ou sans internat. 5 000 collaborateurs aident chaque jour à la prise en charge des jeunes en difficultés et à lutter contre l’échec scolaire. Ils contribuent à leur construire un projet de vie avec un parcours personnalisé. Ce soutien aux jeunes en difficulté et aux enfants déscolarisés permet de découvrir le potentiel et le talent de chacun d’entre eux. Pour soutenir notre association d’aide à l’enfance – n’hésitez pas à faire un don à notre fondation. Apprentis d’auteuil – fondation protection de l’enfance.