Jean-Marc Sauvé, nouveau président du conseil d'administration d'Apprentis d'Auteuil

Jean-Marc Sauvé, nouveau président du conseil d'administration d'Apprentis d'Auteuil

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Le 30 mai, Jean-Marc Sauvé, jusqu’à présent vice-président du Conseil d’État, est devenu président du conseil d’administration de la fondation. Il succède à Bernard Prévost, dont il salue le travail et l’engagement durant ses neuf ans de mandat : « Mû par la volonté de servir la cause des jeunes, je souhaite marcher dans les pas de Bernard Prévost ».

Pourquoi avez-vous accepté de devenir le nouveau président du conseil d’administration d’Apprentis d’Auteuil ?

L’accroissement de la richesse collective de notre société n’a pas mis un terme à la détresse de nombreux jeunes et de familles en grave difficulté. Il est nécessaire de construire des réponses adaptées à leurs besoins. Je suis mû par la volonté de servir la cause des jeunes. Mon projet, je crois, rejoint pleinement celui d’Apprentis d’Auteuil, développé depuis l’abbé Roussel et le père Brottier : un projet éducatif qui fait le pari de la confiance aux jeunes, sait aller vers eux, porte une attention particulière à la singularité et à la dignité de chacun, en particulier aux publics les plus vulnérables.
C’est un projet qui mise aussi sur l’autonomie et la responsabilité des jeunes. Il y a pour moi très clairement un impératif de solidarité et de fraternité auquel j’entends me consacrer dans la mesure de mes moyens. Je viens pour apprendre et pour contribuer le plus utilement possible, compte tenu des compétences que j’ai pu acquérir, à la réalisation des projets de la fondation.

Vous étiez vice-président du Conseil d’État. Qu’est-ce qui vous a amené à ce parcours ?

Je suis né dans une famille d’agriculteurs, le deuxième d’une fratrie de cinq enfants. Mon rêve secret et inassouvi était de devenir’être agriculteur. Mais j’ai très tôt compris qu’il n’y aurait parmi nous qu’un seul agriculteur et que ce ne serait pas moi. Je suis devenu pensionnaire à 10 ans à Cambrai, projeté dans un monde dans lequel je ne rêvais pas forcément d’entrer. J’ai cependant découvert précocement de nouvelles raisons pour m’insérer dans la société. J’ai voulu connaître et comprendre le monde dans lequel je vivais, pour pouvoir utilement participer à sa construction et sa transformation dans le sens de la justice. J’ai toujours eu au plus profond de moi, et aussi loin que remontent mes souvenirs, un très fort attachement à l’idée de justice.

Vous êtes aussi père de famille. Qu’est-ce qui à vos yeux est primordial dans l’éducation ?

L’écoute et la confiance. J’ajoute une chose : il faut aussi, dans une éducation, montrer un chemin. Mais ce chemin, il faut à la fois le montrer et ne jamais contraindre un jeune à l’emprunter, car c’est le meilleur moyen pour qu’il soit refusé.

La fondation est à la fois reconnue d’utilité publique et œuvre d’Eglise. Que signifie pour vous cette double identité ?

Pour moi, cette double identité est extrêmement importante. La fondation a été reconnue d’utilité publique compte tenu de l’évidence de sa mission d’intérêt général et de son ouverture à tous les jeunes et à toutes les familles, sans distinction. Mais il m’importe également au plus haut point que cette fondation soit une œuvre d’Église et que son projet s’adosse à une référence explicitement chrétienne et à l’Évangile, car je crois que le devoir d’humanité et de solidarité, qui incombe à tout être humain conscient de ses responsabilités, devient une exigence plus forte encore quand on partage la foi et l’espérance chrétiennes.
Le Pape François n’a pas manqué de rappeler ces dernières années avec force les devoirs particuliers des baptisés envers ceux qui vivent, non pas au centre, mais aux marges et à la périphérie de nos sociétés. Les projets et les actions pilotés par Apprentis d’Auteuil méritent la plus grande considération et le plus grand respect. Les témoignages que j’entends à leur sujet sont d’ailleurs de toutes parts unanimement favorables.

Pouvez-vous nous parler de la béatification du père Brottier en 1984 ?

Comme c’est l’usage quand un compatriote est béatifié u canonisé, une délégation du gouvernement français s’est rendue à Rome, pour assister à la cérémonie de béatification du père Brottier. À l’époque, le gouvernement était représenté par le garde des Sceaux, Robert Badinter, et par le ministre de l’Économie et des Finances, Jacques Delors. Robert Badinter devait s’exprimer la veille de la cérémonie à l’occasion d’un dîner à la villa Bonaparte, l’ambassade de France près le Saint-Siège. Comme je travaillais avec lui, il m’a mis à contribution pour rédiger le discours par lequel il a fait l’éloge du père Brottier

Avez-vous un message pour ceux qui soutiennent Apprentis d’Auteuil ?

Le premier message : toutes les causes d’intérêt général sont, par définition, respectables et dignes d’intérêt, mais la cause des jeunes portée par Apprentis d’Auteuil est véritablement à mes yeux l’une des plus belles qui soit. Je ne le dis pas parce que je rejoins cette fondation, mais parce que j’en suis intimement convaincu ! Nous jouons avec les jeunes l’avenir de notre société. Aidons-les à réussir leur vie. Le deuxième message, c’est que tout don ou tout legs fait à la fondation a et aura une utilité sociale allant très au-delà de la valeur monétaire du don, et quelle que soit son importance ou sa modestie. Apprentis d’Auteuil donne du sens à vos dons et les amplifie.

BIO EXPRESS

28 mai 1949 : naissance à Templeux-le-Guérard (Somme)
1970 : diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris
1971 : titulaire d’une maîtrise de sciences économiques (université Paris 1)
1971 : admis à l’ENA, il démissionne pour entrer au noviciat des Jésuites à Lyon (travaille notamment auprès des autistes et des gens du voyage). Il le quitte deux ans après et repasse le concours d’entrée à l’ENA, une double réussite inédite dans l’histoire de l’école
1974 : admis à nouveau à l’ENA. Il sort major de la promotion André Malraux
1977 : entre au Conseil d’État (auditeur et rapporteur à la section du contentieux, responsable du centre de documentation)
1977-1981 : rapporteur puis commissaire du gouvernement à la Commission centrale d’aide sociale (juridiction nationale de l’aide sociale)
1981-1983 : conseiller technique au cabinet du garde des Sceaux Robert Badinter
1983-1988 : directeur de l’administration générale et de l’équipement au ministère de la Justice
1988-1994 : directeur de libertés publiques et des affaires juridiques au ministère de l’Intérieur
1994-1995 : préfet de l’Aisne
1995-2006 : secrétaire général du Gouvernement
2006-2018 : vice-président du Conseil d’État
2018 : président du conseil d’administration d’Apprentis d’Auteuil

La fondation Apprentis d’Auteuil agit depuis 150 ans pour former et éduquer la jeunesse en difficulté. Avec plus de 80 formations, nous aidons les jeunes en difficulté à s’insérer dans la société tout en accompagnant les familles dans leur rôle éducatif. Nous agissons au plus près des familles avec des structures d’accueil pour enfants ou adolescents en difficultés confiés par les parents ou l’aide sociale à l’enfance. Nous proposons des accompagnements avec ou sans internat. 5 000 collaborateurs aident chaque jour à la prise en charge des jeunes en difficultés et à lutter contre l’échec scolaire. Ils contribuent à leur construire un projet de vie avec un parcours personnalisé. Ce soutien aux jeunes en difficulté et aux enfants déscolarisés permet de découvrir le potentiel et le talent de chacun d’entre eux. Pour soutenir notre association d’aide à l’enfance – n’hésitez pas à faire un don à notre fondation. Apprentis d’auteuil – fondation protection de l’enfance.