Crise sanitaire : quelles répercussions pour les familles ?

Crise sanitaire : quelles répercussions pour les familles ?

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Alors que la pandémie se prolonge, l’impact économique et social se fait sentir sur les plus fragiles. Le point à la Maison des familles de Toulouse.

Des dessins d’enfants ont fleuri sur la vitrine. Juste au-dessus, un nuage de mots colorés – «Pour les mamans », « Échanger », « Pour les papas » « Partager » – invite à pousser la porte. Bienvenue à la Maison des familles de Toulouse. Ouvert en septembre 2019 dans le quartier historique et populaire du Faubourg-Bonnefoy, ce lieu d’accueil parents-enfants (créé en partenariat avec le Secours catholique, Cité Caritas et ATD Quart-Monde) est le 15e du réseau national des Maisons des familles d’Apprentis d’Auteuil qui en compte aujourd’hui seize (cf. encadré). En cette année de Covid, une petite dizaine de personnes seulement se sont réparties entre la grande pièce de vie lumineuse, l’espace de jeux pour enfants et la pièce de repos attenante.

Des familles fragilisées...

« Depuis le mois de mars, nous avons dû adapter notre fonctionnement à la crise sanitaire et aux deux confinements, et limiter les groupes à dix personnes explique Charlène Sénégas, la directrice. Pour maintenir le lien avec les familles, nous les appelons toutes les semaines. Certaines personnes sont isolées chez elles, ou éloignées géographiquement. Pour elles, nous avons mis en place des visites à domicile. »
Au-delà du fonctionnement de la structure, quelles ont été les répercussions de la crise sanitaire et des deux confinements successifs sur les familles elles-mêmes ? « En septembre, le retour en classe a été difficile pour les collégiens, poursuit Charlène Sénégas. L’incertitude du moment a renforcé une fragilité et une instabilité des familles, déjà présentes avant la crise sanitaire. L’impact est aussi économique. Certains parents ont perdu leur emploi. » La directrice souligne aussi un fort ralentissement des démarches administratives, que ce soit pour Pôle emploi, renouveler un titre de séjour ou prendre rendez-vous avec une assistante sociale. Un constat que partage Siham, 36 ans, maman de trois enfants âgés de 8, 4 et 3 ans : « Au début, j’avais très peur du virus. Je ne sortais pas, j’étais frénétique sur le lavage des mains. Je lavais toutes les courses, explique- t-elle. C’était invivable ! Heureusement que nous avions la Maison des familles pour nous aider. Les bénévoles nous apportaient des livres et des activités à faire avec les enfants. Le deuxième confinement est moins pénible, car ils vont à l’école. Et nous nous sommes habitués à vivre avec le virus. »

... mais créatives !

« C’est une période un peu compliquée, confirme Florine, l’une des dix bénévoles de la Maison des familles de Toulouse qui compte aussi deux salariés. Les familles sont déjà isolées habituellement, donc le Covid n’aide pas! La Maison des familles représente parfois le seul lien social pour elles. Des gestes aussi simples que remplir une attestation peuvent être des freins pour celles qui ont peur de sortir ou qui ne comprennent pas bien ce qu’elles ont le droit de faire ou non. »
Au-delà de ces difficultés, la bénévole souligne les initiatives nées durant cette période. Un groupe WhatsApp, très actif, a permis de développer une vraie solidarité entre tous. Jeux, quiz, échange d’astuces et d’idées d’activités, la créativité est à l’œuvre. Autre exemple: un calendrier de l’Avent fait maison avec une phrase positive par jour que les familles pouvaient découvrir sur place. Un peu de baume au cœur.
« Nous réalisons aussi des recettes en direct... comme Cyril Lignac à la télé ! se réjouit Siham. Ça fait du bien de partager et de se retrouver ensemble. Aujourd’hui, je suis plus inquiète pour l’avenir. Car après la crise sanitaire, la crise économique annonce des jours difficiles. Mais je ne perds pas espoir. Je sais qu’un jour nous reprendrons une vie normale. »

En savoir plus sur les Maisons des familles

Les Maisons des familles sont des lieux d’accueil et d’échange pour parents et enfants, ouverts et gratuits, où ceux-ci peuvent partager leurs expériences, s’enrichir de celles des autres et trouver un soutien. Créées avec d’autres partenaires, les Maisons des familles d’Apprentis d’Auteuil sont aujourd’hui au nombre de 16. Pour en savoir plus et découvrir les partenaires financiers et institutionnels, consultez le site des Maisons des familles.

La fondation Apprentis d’Auteuil agit depuis 150 ans pour former et éduquer la jeunesse en difficulté. Avec plus de 80 formations, nous aidons les jeunes en difficulté à s’insérer dans la société tout en accompagnant les familles dans leur rôle éducatif. Nous agissons au plus près des familles avec des structures d’accueil pour enfants ou adolescents en difficultés confiés par les parents ou l’aide sociale à l’enfance. Nous proposons des accompagnements avec ou sans internat. 5 000 collaborateurs aident chaque jour à la prise en charge des jeunes en difficultés et à lutter contre l’échec scolaire. Ils contribuent à leur construire un projet de vie avec un parcours personnalisé. Ce soutien aux jeunes en difficulté et aux enfants déscolarisés permet de découvrir le potentiel et le talent de chacun d’entre eux. Pour soutenir notre association d’aide à l’enfance – n’hésitez pas à faire un don à notre fondation. Apprentis d’auteuil – fondation protection de l’enfance.