Samuel Grzybowski, fondateur de Coexister : "Nous avons plus que jamais besoin d’apprendre à vivre ensemble !"

Samuel Grzybowski, fondateur de Coexister : "Nous avons plus que jamais besoin d’apprendre à vivre ensemble !"

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Samuel Grzybowski, entrepreneur social de 26 ans, est fondateur de Coexister, ce mouvement d’éducation populaire promouvant le dialogue interreligieux, notamment en intervenant en milieu scolaire. Dans son dernier livre, il raconte son itinéraire à la recherche et au service de la fraternité. Interview.

Pourquoi un tel livre ?

Les mots me sont venus presque à mon insu l’an dernier, pendant mes dix mois d’arrêt maladie à la suite d’un burnout pour hyperactivité. J’ai fini par tomber un beau jour dans la rue, un malaise vagal dû à une fatigue extrême.
Avec ce livre, j'ai voulu raconter ce que je vivais au sein de Coexister, en écho et en solidarité avec tous les garçons et les filles de toutes confessions que j'ai rencontrés. Mais pas uniquement. J’ai voulu aussi dire mon histoire plus personnelle, mon enfance dans une école multiculturelle, mes années collège, mes trois frères, ma première tribu, la séparation de mes parents, la musique (piano) que je pratique depuis des années, qui m'accompagne chaque jour et me fait tant vibrer. Mais aussi mon goût pour le rap français, son énergie et sa puissance, ma foi en l’Evangile, mon amour pour Taizé et ma conversion, mes années de scoutisme et bien sûr cette année de césure qui m’a permis d’éclairer mon chemin… Comme un message de confiance et d’espoir. J’étais bien placé avec les galères qui m’étaient arrivées. Des blessures plus intérieures me sont revenues en mémoire, mon hypermnésie qui fait me souvenir du plus petit détail et l’hyper activité cérébrale constante qu’elle entraîne… Même si c’est parfois difficile, voire vu comme utopique ou planant, il est possible de vivre la fraternité

Une conviction qui vous rapproche des jeunes que vous côtoyez ?

Oui, dans ce livre, j’ai aussi voulu parler d’engagement, de jeunesse, d’ouverture à l’autre. Aujourd’hui, croyants ou non, nous avons plus que jamais besoin d’apprendre à vivre ensemble. Sans se prendre la tête et si nous en avons envie. La fraternité n’est pas facile à vivre, mais elle est possible. Oui, cette fraternité que des milliers de jeunes en France font vivre au quotidien, il est possible de la construire et de la re-construire. Et si on veut la vivre, il faut s’en donner les moyens. Et l’apprendre. Pour l’atteindre, comme un point d’équilibre…

Vous avez tout arrêté pendant dix mois. Quelle leçon en avez-vous tirée ?

Même si j’ai eu le choix et la chance de pouvoir le faire, je pense que dans sa vie, professionnelle ou non, qu’on soit croyant ou pas, des respirations régulières et fréquentes permettent de faire taire notre bruit intérieur qui s’apaise, de se reconnecter à l’essentiel, de toucher quelque chose de l’infini pour éviter d’exploser. Pour pouvoir ensuite se recentrer sur l'autre.
Pour moi, une longue pause a été nécessaire. J’en ai profité pour voyager et prendre du temps avec des personnes que j’aimais et qui m’ont aidé à grandir. Tout ceci m’a permis de redécouvrir la gratitude et de me recentrer sur l’autre. Mon frère. Et aller cahin-caha, en me remettant en cause parfois, à sa rencontre. Une aventure qui me fascine ! Parce que l’autre, mon frère, semblable et différent, comme moi, m’enrichit et me fait vivre…
Si chacun d'entre nous prend le temps de s’interroger sur le sens qu’il donne à sa vie, son travail ou ses talents et les met au service de la relation, alors la fraternité ne sera plus seulement un mot sur le fronton de nos mairies, mais une réalité pour chacun d’entre nous.

A lire

Fraternité radicale
Par Samuel Grzybowski
Éd. Les Arènes

COEXISTER

Jour après jour, Coexister permet de faire l'expérience qu'il est possible à des hommes et des femmes de convictions religieuses et philosophiques différentes de vivre ensemble et d'agir pour rendre le monde meilleur.
L'association, qui fête ses dix ans cette année, s’est considérablement développée. Dirigée exclusivement par des personnes ayant entre 15 et 35 ans, elle rassemble aujourd’hui 13 000 jeunes dans 50 villes de France, avec 400 bénévoles, 70 volontaires du service civique et 15 salariés, tous animés par la conviction d'apprendre et d'agir pour mieux vivre ensemble.
Pour ce faire, les membres de Coexister rencontrent notamment chaque année plus de 25 000 scolaires dans 500 établissements, mènent des actions solidaires communes ou organisent des ateliers de sensibilisation, des projets ou des événements pour déconstruire les préjugés, créer du lien sur la base de la diversité des convictions et promouvoir de nouvelles formes de vivre ensemble...

Voir ci-dessous le dernier reportage de Brut sur Coexister.

La fondation Apprentis d’Auteuil agit depuis 150 ans pour former et éduquer la jeunesse en difficulté. Avec plus de 80 formations, nous aidons les jeunes en difficulté à s’insérer dans la société tout en accompagnant les familles dans leur rôle éducatif. Nous agissons au plus près des familles avec des structures d’accueil pour enfants ou adolescents en difficultés confiés par les parents ou l’aide sociale à l’enfance. Nous proposons des accompagnements avec ou sans internat. 5 000 collaborateurs aident chaque jour à la prise en charge des jeunes en difficultés et à lutter contre l’échec scolaire. Ils contribuent à leur construire un projet de vie avec un parcours personnalisé. Ce soutien aux jeunes en difficulté et aux enfants déscolarisés permet de découvrir le potentiel et le talent de chacun d’entre eux. Pour soutenir notre association d’aide à l’enfance – n’hésitez pas à faire un don à notre fondation. Apprentis d’auteuil – fondation protection de l’enfance.