Droits des femmes : jeunes et adultes témoignent

Droits des femmes : jeunes et adultes témoignent

Partager ce contenu sur :

A l'occasion de la Journée internationale du 8 mars, nous avons interrogé jeunes et adultes d'Apprentis d'Auteuil sur les droits des femmes en 2021 et sur ce qu'il faudrait changer en priorité. Voici leurs réponses.

Où en sommes-nous pour les droits des femmes en 2021 ?

Priscille, 18 ans, en deuxième année de bac pro Accompagnement, soins et services à la personne :  « La cause des droits des femmes est un sujet qui me touche énormément. C'est pour cela, notamment, que j'apprends un métier pour ne pas avoir à dépendre matériellement d’un homme. L'indépendance avant tout... Il y a encore fort à faire !»


Judith, 17 ans, à la Maison d’enfants l’Annonciation à Clamart (92) : 
« En 2021, il ne devrait plus y avoir une journée spéciale. C’est tous les jours que l’on devrait parler des femmes et de leurs droits qui ne sont pas tous respectés, même si les choses évoluent.»

Melany, 29 ans, jeune maman accompagnée par le dispositif Diapason à Bordeaux (33) : « En matière de liberté d’expression ou de penser, nous sommes quasiment arrivées à un pied d’égalité avec les hommes. En revanche, dans d’autres domaines, comme l’égalité salariale par exemple, il reste beaucoup à faire et je soutiens les femmes qui luttent pour faire changer les choses."

Aurélie, 37 ans, a suivi la formation "Des talents féminins dans le bâtiment" au Centre de formation Sainte-Barbe (62) : « J’avais un peu peur de ne pas être capable physiquement, mais finalement tout s’est très bien passé. Les femmes sont aussi capables que les hommes ! Je pense même que nous sommes assez minutieuses et que cela peut être un atout pour certaines tâches délicates dans le bâtiment. »

Séverine François, monitrice-éducatrice à la Maison d'enfants l’Annonciation
 
: « Après avoir beaucoup voyagé, je me dis que j’ai de la chance de vivre en France. Même si c’est encore compliqué car tous les droits des femmes ne sont pas respectés, de plus en plus de personnes prennent la parole pour les faire évoluer. C’est très positif !»

Fleur Colliot, surveillante de nuit au Centre maternel à Coulommiers (77) :  « Il reste du travail pour qu’on ait tous les mêmes droits ! Je pense à toutes ces femmes dans le monde qui n’ont pas le droit de travailler, de passer leur permis de conduire ou même d’aller à l’école ! En France, on a la chance d’avoir avancé, même s’il reste des inégalités : des salaires plus élevés pour les hommes, des emplois inaccessibles pour les femmes… Sans parler de la vie quotidienne ! »

Quelle devrait être la priorité selon vous ?

Priscille, 18 ans : « Les priorités, pour moi, ce sont l’égalité salariale et la violence faite aux femmes. Même celles qui sont mariées. C'est insupportable. Il faut que cela cesse ! Je soutiens les propos de toutes celles qui osent prendre la parole et  témoigner dans ce sens depuis l’affaire Weinstein. Si les langues ne se délient pas, rien ne changera ! »

Melany, 29 ans, jeune maman : « Il faut surtout faire changer les mentalités. Les femmes ont les mêmes compétences que les hommes. Si une femme a envie de devenir soudeuse, elle doit pouvoir le faire. C’est la société qui nous a mis ses stéréotypes dans la tête. Il faut aujourd’hui s’en défaire et ouvrir les esprits.»

Judith, 17 ans : « La priorité ? L'égalité hommes-femmes, car nous sommes, avant tout, des êtres humains. L’égalité au niveau des salaires bien sûr car, avec les mêmes compétences, les hommes et les femmes devraient toucher le même salaire. L’égalité aussi dans les rapports hommes-femmes. Pourquoi les femmes sont-elles considérées comme inférieures aux hommes ? Pourquoi doivent-elles supporter des paroles blessantes ? Des actes totalement amoraux ? En 2013, un sénateur s’est exclamé : « C’est qui cette nana ? » à l'encontre d'une sénatrice qui prenait la parole. Comment a-t-il pu dire cela, alors qu’il est censé représenter la France ! De plus en plus de personnalités et de personnes se manifestent car elles ne supportent plus ni le machisme ni les abus sexuels. Elles se rendent compte qu’elles ne sont pas seules. Elles permettent à beaucoup d’autres de ne plus vivre, ni dans le secret ni dans la peur.»

Séverine, monitrice-éducatrice : « 
La place de la femme au travail, surtout dans des postes à responsabilités. Sous prétexte qu’elles peuvent avoir des enfants et être moins disponibles ou moins investies, moins de postes à responsabilités sont proposés aux femmes. Cette inégalité flagrante questionne encore en 2021.»

Fleur Colliot, surveillante de nuit : « Apprendre l’égalité aux enfants, à l’école par exemple ! C’est en éduquant les petits garçons et les petites filles, qu’on arrivera à changer les mentalités et les comportements. »

Que faites-vous pour faire changer les choses ?

Melany, 29 ans, jeune maman : 
« J’ai deux filles de 6 et 2 ans. En tant que maman, je veille à ce que mes filles ne tombent pas dans des stéréotypes. Si un petit garçon veut jouer à la poupée ou une fille avec un camion, qu’ils le fassent ! Je veux que mes filles soient libres de mener leurs vies comme elles le souhaitent… dans le respect de l’autre bien sûr. Car je ne pense pas que la violence ou la vulgarité puissent faire avancer la cause des femmes. Je ne suis pas pour les manifestations seins nus comme le font les Femen par exemple. Si je comprends leur démarche, beaucoup ne voient au final que des femmes dénudées. Le corps des femmes ne doit pas être instrumentalisé ! »

Priscille, 18 ans : « Mes études me prennent beaucoup de temps, mais j'aborde le sujet des droits des femmes dès que l'occasion se présente. Par exemple, si je vois une femme se faire harceler, je réagis immédiatement. J'ai mon caractère et je dis les choses. Notamment peut-être parce que je vis depuis deux ans dans un Foyer de Jeunes Travailleurs où nous ne sommes que 10 jeunes filles sur un total de 80 places ? Bref, je ne supporte pas la discrimination anti-femmes et je le proclame haut et fort. C'est ma manière de contribuer à la cause ! »

Judith, 17 ans : « Aux garçons de mon âge, j’explique qu’il y a des choses inacceptables, intolérables qu’ils ne peuvent pas dire aux filles. Je sais que, parfois, ce n’est pas méchant de leur part. La société nous a habitués à dire et à entendre des choses. Par exemple, je ne comprends pas, qu’aujourd’hui en 2021, on puisse encore entendre : « La place de la femme est à la maison ! » 
Plus tard, je voudrai être gérante d’une boutique de prêt-à-porter. Pour montrer que je peux me débrouiller seule, sans être sous-estimée ou soumise… je peux réussir par mon travail et par ma volonté ! »

Anne Pennequin, directrice du centre de formation Sainte-Barbe : « Nous sommes dans une société où l’on parle de plus en plus de parité, d’égalité. Or, dans le secteur du bâtiment, les femmes ne représentent aujourd’hui que 12 % des emplois. Nous avons donc créé une formation 100% féminine. Avec cette formation, nous avions envie de mettre notre petite pierre à l’édifice et de donner la même chance aux femmes qu’aux hommes. »

Séverine, monitrice-éducatrice : « 
Avec les jeunes filles qui pour certaines ont été victimes de violences, nous mettons tout en œuvre pour libérer la parole. Nous organisons des temps de discussion autour d’un sujet libre ou choisi, nous projetons des films pour ouvrir le débat. À l’avenir, nous leur proposerons des forums avec des associations ou des rencontres avec des spécialistes. Tout est question d’éducation dans le cadre familial, à l’école, dans des associations, etc. Le futur ne doit plus être dicté aux femmes, elles doivent être actrice du monde à venir.»

Fleur Colliot, surveillante de nuit : « J’essaie d’éduquer mes enfants, et notamment mes garçons, dans le partage des tâches à la maison. Même si j’ai beaucoup de mal, car ce que je dis n’est pas ce que je fais. Ils m’entendent parler d’égalité, mais me voient faire la cuisine, le ménage…Le discours peine à imprimer. »

UN BUS ITINÉRANT POUR ALLER À LA RENCONTRE DES FEMMES

La résidence sociale Le Bercail à Chartres, lieu d’accueil et d’hébergement d’urgence pour des femmes en difficulté, dont certaines sont victimes de violences intrafamiliales, dispose aussi d’un bus itinérant. Le but ? Aller à la rencontre des femmes isolées, sans moyen de locomotion, et habitant les quartiers prioritaires de villes ou des zones rurales.
Elles peuvent y trouver accueil, écoute et partage sur les difficultés de leur vie quotidienne, mais aussi des informations utiles et une orientation sur tous les services qu’offre le territoire. Diverses thématiques peuvent être abordées : la violence conjugale, la vie affective relationnelle et sexuelle, la parentalité. Parmi les objectifs du bus : la prévention des violences intrafamiliales, la lutte contre l'isolement des familles ; l’information et l’orientation des femmes vers les partenaires appropriés, selon leurs besoins ; la sensibilisation des femmes en cas de situations à risque pour elles et leurs enfants.

La fondation Apprentis d’Auteuil agit depuis 150 ans pour former et éduquer la jeunesse en difficulté. Avec plus de 80 formations, nous aidons les jeunes en difficulté à s’insérer dans la société tout en accompagnant les familles dans leur rôle éducatif. Nous agissons au plus près des familles avec des structures d’accueil pour enfants ou adolescents en difficultés confiés par les parents ou l’aide sociale à l’enfance. Nous proposons des accompagnements avec ou sans internat. 5 000 collaborateurs aident chaque jour à la prise en charge des jeunes en difficultés et à lutter contre l’échec scolaire. Ils contribuent à leur construire un projet de vie avec un parcours personnalisé. Ce soutien aux jeunes en difficulté et aux enfants déscolarisés permet de découvrir le potentiel et le talent de chacun d’entre eux. Pour soutenir notre association d’aide à l’enfance – n’hésitez pas à faire un don à notre fondation. Apprentis d’auteuil – fondation protection de l’enfance.