Arthur en classe flexible à l'école Notre-Dame de Lourdes
Education et scolarité
03 février 2026

Avec la classe flexible, des enfants heureux à l'école Notre-Dame de Lourdes

Scolarisés en CE2 à Notre-Dame de Lourdes, établissement scolaire situé à Civrieux d'Azergues, près de Lyon, Arthur et Louys, 8 ans, apprécient particulièrement cette école pas comme les autres. La classe est flexible, ce qui désigne aussi bien l'espace que la pédagogie. L'enseignante, Anne Rigaut, témoigne de la dynamique à l’œuvre à l'école, inscrite dans le programme d'Apprentis d'Auteuil : redonner l’envie et le goût d'apprendre aux élèves

Arthur : « Ici on peut bouger, courir, respirer ! » 

« Je suis à l'école Notre-Dame de Lourdes, près de Lyon, depuis la rentrée de septembre. Ma mère l’a choisie parce qu’elle est plus proche de la maison, sinon il fallait faire une heure de route. Ici, j’aime bien les maths, le français, l’art plastique. J’ai quelques difficultés en lecture, alors j’utilise une bande (un guide de lecture, ndlr) qui permet de ne pas se tromper : tu la mets juste sous la ligne que tu veux lire.
J’aime bien aussi « l’école dehors » : on va dans le grand parc pour travailler une fois par semaine. On y fait du français, par exemple les types de phrases, et des maths aussi. La maîtresse accroche des énigmes de maths dans les arbres, et on doit les résoudre. On peut courir, bouger et respirer ! Ce que j’aime bien aussi, c'est la classe flexible : on peut changer de place au cours de la journée, et aussi qu’on peut choisir de s’asseoir par terre, sur des tabourets qui bougent, sur des coussins, ou sur différents types de chaises. J’ai besoin de bouger pour m’aider à me concentrer. On n’est pas obligés de rester à la même place. 

J’aime aussi le coin zen de la classe : on peut y aller pour se détendre, avec de la pâte à modeler, un ballon. On travaille aussi en autonomie, avec une boîte à outils pour nous aider, pendant ce temps, la maîtresse prend un petit groupe et puis ça tourne. Quand on travaille bien, on peut être un tuteur, c’est-à-dire, aider les autres. Moi, je suis tuteur, ça me donne confiance. Tout le monde n’est pas encore tuteur. J’aime bien cette classe : en maths, en dictée, en lecture, j’ai progressé. Et je me suis fait de nouveaux amis. »

Arthur et sa professeur des écoles Anne Rigaut à l'école Notre-Dame de Lourdes
Arthur et sa professeure des écoles Anne Rigaut dans le coin zen aménagé dans la classe de CE2. (c) Apprentis d'Auteuil

Anne Rigaut, professeure des écoles en CE2 

« Je suis enseignante depuis 20 ans et à Notre-Dame de Lourdes depuis la rentrée 2024. Arthur, c’est l’élève type qui peut être un peu timide et manquer de confiance en lui. Il a besoin de bouger et de s’asseoir autrement. Depuis la rentrée de septembre, il a très bien évolué et s’est bien intégré en classe. Il est le premier à rendre service et à venir en aide aux autres. Il n’est jamais dans une position supérieure mais va douter de lui, aussi il faut lui laisser de la place. La classe flexible correspond bien à ses besoins. Elle désigne aussi bien la classe que la pédagogie. Nous participons au projet ÉCHO d’Apprentis d’Auteuil, qui est de redonner l’envie et le goût d’apprendre aux élèves. Un tiers d'entre eux a des besoins particuliers, du fait de troubles de l’attention, des apprentissages, ou sont porteurs de dys. De plus en plus d’enfants sont diagnostiqués.

Redonner l'envie d'apprendre 

En maths, en français, je fonctionne en petits groupes. La classe est divisée en trois groupes. Je prends une dizaine d’élèves pour travailler de façon approfondie, tandis que les autres sont en autonomie avec un plan de travail détaillé. S’ils ont besoin d’explications, il y a une boîte à mémos où tout est expliqué. Ils viennent me rendre des comptes sur le travail fait. 
Une fois fini, ils passent à une autre tâche. Pour eux, c’est du bonus : ils peuvent créer des articles de journaux, passer un moment dans le coin zen. J'ai pu le créer cette année, en passant de 32 à 28 élèves, ce qui a dégagé un peu d'espace. Derrière un petit rideau, ils peuvent s’isoler, colorier, jouer aux gommettes, à la pâte à modeler...  

Rechercher le bien-être de l'élève à l'école

Durant l’été passé, j’ai fait des recherches sur la classe flexible qui désigne à la fois le lieu, la classe et la pédagogie. Tout cela s’inscrit dans la recherche du bien-être de l’élève à l’école. Les enfants ne sont pas les mêmes qu’il y a vingt ans, il faut s’adapter. Le cadre, les plantes, le coin zen, le mobilier, la mobilité, la responsabilisation et l’autonomie, tout cela crée un climat pour que les enfants soient bien et heureux d’apprendre. Sans oublier la classe dehors une fois par semaine, où l’on peut découvrir et observer la nature, apprendre les maths et le français, nommer les arbres. Les jeunes de la MFR (Maison rurale familiale) nous ont créé un coin école dans le parc, avec une trentaine d’assises fabriquées à partir d’un vieux chêne et disposées en amphithéâtre, un cabanon pour mettre du matériel. Les enfants en sont friands. 

Travailler ainsi, avec ces approches différentes, c’est un pur régal. Je ne reviendrais jamais en arrière. J’ai aussi posé la question aux élèves : sur 28 élèves, 26 mains se sont levées. Les enfants travaillent, sont plus réceptifs, s’investissent plus. Cela correspond à leur besoin de se défouler, de bouger, de s’entraider... Ils ont plus envie, ils sont plus moteurs. » 

une classe flexible à l'école Notre-Dame de Lourdes
Dans la classe de CE2, à l'école Notre-Dame de Lourdes, les élèves peuvent choisir le type d'assises qu'ils préfèrent pour travailler. (c) Apprentis d'Auteuil

Louys : «  La maîtresse fait des trucs trop cool ! » 

« Ce qui me plaît ici, c’est la classe flexible ! Il y a le travail en autonomie avec un plan de travail, le coin zen, la possibilité d’être tuteur et d’aider les autres, les aides quand on travaille seul avec la boîte à mémos – la maîtresse y explique tout très clairement – et puis le mobilier, les chaises, les casques, les plantes... C’est différent des autres écoles. J’aime aussi la classe dehors. La maîtresse fait des trucs trop cool, des énigmes de maths accrochées aux arbres par exemple. On travaille aussi la conjugaison. Tout ça, ça donne plus envie. Je suis heureux à l’école. »