Covid-19 Réussir Vernon poursuit sa mission d'insertion

Covid-19 Réussir Vernon poursuit sa mission d'insertion

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Réussir Vernon a accueilli sa deuxième promotion le 23 mars, en pleine épidémie de Covid-19. Confinés chez eux, les 15 jeunes adultes sont accompagnés par leurs formateurs par téléphone, internet et visioconférence. Naïma Belhaj, responsable de ce dispositif d’aide à l’insertion de jeunes en grandes difficultés, raconte.

À Vernon, ville moyenne de l’Eure en Normandie, un dispositif d’Apprentis d’Auteuil dédié à l’insertion de jeunes âgés de 16 à 30 ans s’est ouvert en septembre 2019. Le 23 mars dernier, la deuxième promo, soit 15 personnes, a fait son entrée dans le dispositif… sans bouger de chez soi. Confinement oblige, les jeunes, recrutés dès décembre 2019, ont débuté leur session de formation, non pas sur le campus de l’Espace où les candidats sont habituellement accueillis, mais depuis leur domicile
Décrocheurs scolaires, sans diplôme, formation ou stage, souvent sans réseau personnel ou familial, ils présentent tous un parcours cumulant les obstacles. L’objectif de Réussir Vernon, fort de l’expérience de dispositifs d’Apprentis d’Auteuil similaires et d’un maillage de partenaires locaux, est de parvenir à l’insertion par une approche globale des atouts et des freins

Continuer coûte que coûte 

Des débuts qui n’ont pas été sans peine, comme le raconte Naïma Belhaj, la responsable : « À l’annonce du confinement, le 17 mars, ça a été panique à bord. Les jeunes étaient très angoissés. Est-ce que nous allons vraiment débuter ? Comment va-t-on être suivis ? Que faire avec l’abonnement que j’avais pris pour les transports en commun ? Je n’ai pas d’ordinateur, comment faire ? Beaucoup de questions pour lesquelles les formateurs et moi n’avons pas eu tout de suite les réponses. Mais à aucun moment nous nous sommes dit que nous allions arrêter ! Tout l’enseignement est dématérialisable. L’enjeu est de continuer d’offrir un accompagnement de qualité, c’est ce à quoi nous nous attachons. »

Chaque jeune présentant un profil et un parcours bien particuliers, l’accompagnement, du sur-mesure, ne néglige aucun aspect. Problème de logement, de revenus, de transport, de logistique… Naïma Belhaj et son équipe continuent de régler les soucis un par un, grâce un réseau de partenaires avec lesquels le dispositif s’est construit.  

« Les jeunes avancent à leur rythme, explique-t-elle. En temps normal, nous combinons séances collectives tout au long de la semaine et suivi individuel hebdomadaire. Dans ce contexte de confinement, nous allons tenter de monter des groupes WhatsApp (tous les jeunes n'ont pas le matériel adéquat), pour créer une dynamique collective. Les jeunes ont besoin de se voir, d'échanger. C'est un levier important pour eux. »

Revoir les savoirs de base


Au programme, en ce début de session, une remise à niveau dans les savoirs de base, mathématiques et français, travaillés à partir de sites spécialisés comme le Projet Voltaire ou des applications en maths. Les jeunes peuvent aussi réviser le code de la route et se tester à partir de quiz et de jeux en ligne. Quand aux deux jeunes allophones qui se perfectionnement en français, ils suivent aussi en ligne des cours de français langue étrangère. Le travail sur les savoir-être et les attendus en entreprise suivra dans les jours à venir.

« Le suivi des jeunes se fait au cas par cas, poursuit Naïma Belhaj. Ils sont très motivés. Nous avons un contact individuel ou par visioconférence toutes les semaines. Nous avons mis en place des échanges réguliers par mail et leur envoyons du travail. Et bien sûr, ils peuvent nous téléphoner. Certains ont des soucis d'ordre technique ou matériel. Nous essayons de récupérer des tablettes, grâce à nos partenaires. Pour l'instant, les jeunes y arrivent, via leur téléphone portable. Le plus urgent, c'est surtout le soutien moral, car certains sont isolés, loin de leur famille, et vivent des crises d'angoisse. »

L’équipe est très impliquée également dans le suivi post-formation de trois mois des jeunes de la première promotion, sortis le 6 mars. Elle communique par visio autour de la progression de chacun, échange les bonnes pratiques et les études de cas. Déjà, de belles réussites et des parcours prometteurs. À suivre. 

Réussir Vernon en quelques mots

Réussir Vernon, situé sur le Campus de l’espace de Vernon, est dédié aux 16-30 ans pas ou peu qualifiés.

Objectif : leur insertion sociale, professionnelle et personnelle avec un travail sur l’orientation, la mobilité, le savoir être et la confiance en soi.
En temps habituel (hors confinement) les jeunes bénéficient du potentiel du campus : ses infrastructures, ses possibilités de visites, de stages et de rencontres professionnelles.

Financement : ce dispositif, soutenu par la Fondation Paul Cléry-Melin, la Caisse des dépôts, la DIRECCTE, s’inscrit dans le cadre du Plan d’investissement dans les compétences (PIC) du ministère du Travail qui a choisi d’épauler six lauréats – dont Apprentis d’Auteuil – dans leurs projets innovants en matière d’inclusion des plus vulnérables.

La fondation Apprentis d’Auteuil agit depuis 150 ans pour former et éduquer la jeunesse en difficulté. Avec plus de 80 formations, nous aidons les jeunes en difficulté à s’insérer dans la société tout en accompagnant les familles dans leur rôle éducatif. Nous agissons au plus près des familles avec des structures d’accueil pour enfants ou adolescents en difficultés confiés par les parents ou l’aide sociale à l’enfance. Nous proposons des accompagnements avec ou sans internat. 5 000 collaborateurs aident chaque jour à la prise en charge des jeunes en difficultés et à lutter contre l’échec scolaire. Ils contribuent à leur construire un projet de vie avec un parcours personnalisé. Ce soutien aux jeunes en difficulté et aux enfants déscolarisés permet de découvrir le potentiel et le talent de chacun d’entre eux. Pour soutenir notre association d’aide à l’enfance – n’hésitez pas à faire un don à notre fondation. Apprentis d’auteuil – fondation protection de l’enfance.