Maison des familles : les mamans témoignent
Elles s'appellent Fiona, Anne-Laure, Marie-Anne, Euphémie et Victoire. Ces mamans ont toutes en commun de fréquenter la Maison des familles d'Annecy créée par Apprentis d'Auteuil et le Secours catholique. Elles témoignent ici de l'aide qu'elles ont pu trouver en rencontrant d'autres parents, des bénévoles ou des professionnels de la Maison des familles. Et de l'impact que ces rencontres ont eu sur leur vie.
Fiona, 34 ans, en reconversion professionnelle. Deux enfants de 5 ans et 8 mois. : « Ici, j’ai pu parler, lever mes inquiétudes, poser des questions sur mon rôle de maman et obtenir des réponses. Cela m’a libérée grâce au fait de me sentir écoutée par Camille, la directrice, et par toutes ces mamans de cultures très variées. J’ai ainsi osé enfin porter plainte pour agression sexuelle contre le papa de mon fils de cinq ans. »
Marie-Anne, 42 ans. Une fille, 6 ans. : « C’est souvent ma fille, Salomé, qui me rappelle que le mercredi après-midi, nous allons ensemble à la Maison des familles. Je suis heureuse qu’elle rencontre d’autres cultures. C’est important pour elle, et aussi pour moi, qui suis originaire de Tahiti. »
Anne-Laure, 34 ans, sans emploi. Deux enfants : 4 ans et demi et 3 ans : « Est-ce que ce que je fais avec mon enfant, c’est bien ? Je ne me sentais pas douée comme parent. Mais en rencontrant d’autres mamans à la Maison des familles, j’ai pris conscience que tous les parents connaissent les mêmes difficultés avec leurs enfants. Il n’y a pas de solution miracle, pas de parent parfait. En observant les autres mamans, en partageant leur ressenti, ça m’a permis de me rassurer sur mon rôle de parent. Entre mamans, nous discutons des sujets qui nous posent des soucis, comme par exemple le moment du coucher. On échange des astuces. Ici, j’ai aussi été épatée en découvrant la manière dont les mamans africaines portent leurs bébés dans le dos, ce qui leur permet d’avoir les mains libres. »
Euphémie, 39 ans. Deux enfants de 15 ans et 16 ans : « À la maison des familles, j’ai trouvé de l’aide pour m’accompagner dans mes démarches administratives pour l’obtention de papiers. J’ai aussi fait de belles rencontres. Avec d’autres mamans, nous nous voyons en dehors de la Maison des familles, par exemple pour un café en ville, et nous discutons de sujets liés à la parentalité. Moi, j’ai dû laisser mes deux enfants, aujourd’hui adolescents, en Côte d’Ivoire. Mes enfants, c’est toute ma vie. Cette épreuve me mettait hors de moi. Je faisais des crises de colère. Camille et les autres mamans m’ont donné la force de les surmonter et de m’apaiser. »
Victoire, 37 ans. Cinq enfants dont trois sont restés au Cameroun : « Je mets ma fille de deux ans chez une nounou et, pendant ce temps-là, je cherche du travail. J’aimerais travailler dans le secteur de l’aide à la personne, mais c’est difficile de trouver. Je viens aussi à la Maison des familles tous les jours de la semaine. Venir ici m’apporte de la joie et de la gaieté. Tous les vendredis, je participe à la séance de fitness. Ça me fait du bien. Je participe aussi à l’atelier de sophrologie. Ça m’apaise. Camille me conseille, m’aide dans mes démarches. Ma fille demande à venir à la Maison des familles. Ici, en France, j’ai appris qu’on peut mettre les tout-petits sur un tapis de sol pour jouer avec eux. Au Cameroun, d’où je viens, ça ne se fait pas. On évite de poser les bébés au sol à cause des insectes, de la poussière. »
La Maison des familles du bassin annécien, un lieu d’accueil et d’échanges
Ouverte en 2016 par Apprentis d'Auteuil et le Secours catholique, la Maison des familles du bassin annécien, installée dans les anciennes salles paroissiales de l’Église Saint-Étienne du Pont Neuf, en centre-ville d'Annecy, a accueilli 152 familles en 2025, surtout des mamans solo. Le plus souvent orientées par la Protection maternelle et infantile (PMI) et la Croix Rouge, ces mamans en situation de vulnérabilité y bénéficient d’un accueil de jour en semaine, mais aussi un samedi matin par mois pour encourager les papas accaparés par leur travail à venir. D’origines très variées, les familles tissent des liens, sont aidées dans leurs démarches administratives et coconstruisent des activités : cuisine, groupe de parole parentalité, yoga, fitness, sophrologie, massage, sorties culturelles et éducatives. « Ici, les mamans, qui sont de cultures très différentes, trouvent un espace de répit pour souffler et un espace de solidarité. Nous accueillons de nombreuses mamans qui se sentent isolées et qui sont souvent solo, mais aussi de plus en plus de travailleuses pauvres confrontées à la cherté du logement. Les mamans se demandent si elles élèvent leurs enfants comme ils faut, si elles ont les bons gestes, par exemple en matière de propreté. Nous les soutenons dans leur parentalité », témoigne Camille Méjat, sa directrice, qui prépare la fête anniversaire, prévue le 30 avril 2026, sur le thème de la parentalité.
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