Jean-Marc Sauvé : " Les jeunes ont une valeur infinie "
Après deux mandats, Jean-Marc Sauvé quitte ses fonctions de président du conseil d'administration d'Apprentis d'Auteuil le 28 mai. Il revient sur cette expérience unique.
Que retenez-vous de vos mandats, exercés de 2018 à 2026 ?
En arrivant à Apprentis d’Auteuil, je voulais me mettre au service des jeunes les plus vulnérables, donner quelque chose de mes compétences et de mon expérience, si possible dans le cadre d’un projet qui s’enracine dans l’Évangile et dans la foi chrétienne. Ce que je retiens, c’est précisément ce que j’ai reçu de mes échanges avec la grande famille d’Apprentis d’Auteuil. En premier lieu, avec les jeunes que nous accompagnons, éduquons et formons, et qui se heurtent souvent à des difficultés considérables. Ils sont magnifiques par leur énergie, leur combativité, leur envie de s’en sortir. J’ai également reçu des collaborateurs et des bénévoles. J’ai mesuré la difficulté de leur tâche, leur engagement, leurs compétences et les résultats auxquels ils parvenaient. Au fond, j’ai fait l’expérience du mystère de l’économie du don : on croit donner, et l’on découvre que l’on a bien plus reçu.
Quel regard portez-vous sur l’évolution d’Apprentis d’Auteuil ?
Nous avons connu une forte croissance, passant de 30 000 jeunes et près de 6 000 familles accompagnés chaque année en 2018 à 40 000 jeunes et 9 000 familles aujourd’hui. Mais l’essentiel ne réside pas dans des chiffres. Le soutien à la parentalité est devenu une ligne de force, avec une présence accrue dans le champ de la petite enfance ; nos métiers historiques, comme la protection de l’enfance et l’insertion des jeunes sans emploi, sans études et sans formation, ont continué à se développer. Nous portons une attention accrue aux questions de prévention et de bientraitance des jeunes et à la qualité de notre accompagnement. Nos principes et nos textes fondamentaux ont été formulés ou refondés et notre management est devenu plus collaboratif. La fondation est un interlocuteur crédible et écouté des pouvoirs publics.
Quels sont les défis majeurs ?
La protection de l’enfance demeure un chantier inabouti. Nous sommes confrontés à la situation financière des Départements qui peinent à financer une politique qui soit simplement suffisante pour les jeunes en difficulté. Nous devons diversifier nos modes de prise en charge des jeunes. Parmi les orientations structurantes pour l’avenir, je citerai aussi l’objectif de mieux répondre aux besoins des jeunes en matière de santé et aux enjeux posés par le numérique et les écrans.
Qu’est-ce qui fait la singularité d’Apprentis d’Auteuil ?
Nous n’avons pas le monopole du bien, il y a bien d’autres associations et acteurs qui s’y consacrent. Ce qui nous distingue, c’est l’esprit dans lequel nous accomplissons notre mission. Il y a, dans notre fondation, la conviction que ce que nous faisons pour le plus petit d’entre nous, c’est à Dieu que nous le faisons (chapitre 25 de l’Évangile selon saint Matthieu). Pour Apprentis d’Auteuil, les jeunes, spécialement les plus vulnérables, ont une valeur infinie.
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