« L’apprentissage : une manière très concrète de lutter contre le décrochage scolaire. »

« L’apprentissage : une manière très concrète de lutter contre le décrochage scolaire. »

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A l’occasion de la Journée du refus de l’échec scolaire ce 21 septembre, Anne Pennequin, directrice du pôle insertion Nord-Pas-de-Calais, revient sur les atouts de l’apprentissage pour prévenir l’échec scolaire.

Quelle est la spécificité d'Apprentis d'Auteuil pour prévenir le décrochage scolaire ?

Notre spécificité, c’est l’accompagnement personnalisé de chaque jeune en fonction de ses besoins et de ses difficultés. Á la fondation, nous faisons dans le "sur-mesure". Pour faire revenir ceux qui ont déjà décroché, nous avons des dispositifs qui ont en commun « d’aller vers » ces jeunes plutôt que d’attendre qu’ils reviennent à l’école. Dans les Hauts-de-France, je peux par exemple citer le dispositif Potenti’elles. Son principe ? Des mini-bus sillonnent les quartiers prioritaires pour aller chercher des jeunes invisibles qui sont sortis des radars de l’Education nationale ou des organismes de formation traditionnels. Nous allons chercher ces jeunes (surtout les jeunes femmes) là où ils et elles sont et nous leur proposons de la découverte métier, notamment avec nos casques à réalité virtuelle, de la remise à niveau, de travailler sur les savoir-être pour ensuite les orienter sur un dispositif de raccrochage scolaire notamment via l’apprentissage.
Nous avons aussi notre dispositif Pro’pulse, qui est une "prépa" spécialisée dans la préparation de l’apprentissage. L’idée étant de travailler avec les jeunes sur leurs projets professionnels à travers des stages, des temps de découverte de métiers.  Et de les préparer à la vie en entreprise pour qu’ils aient le maximum de chances de réussite lors de leur apprentissage.

En quoi l'apprentissage est-il une solution efficace pour lutter contre le décrochage scolaire ?

Souvent les jeunes décrochent car ils ont le sentiment que leur formation est trop scolaire. L’apprentissage est plus concret, plus tourné vers un métier. Les jeunes alternent généralement une semaine en centre de formation et deux semaines en entreprise. Lorsqu’ils sont en centre de formation, ils ont bien sûr des cours généraux, mais surtout de la mise en pratique en atelier. C’est donc un apprentissage beaucoup plus orienté vers le monde professionnel qui permet plus facilement de « raccrocher » des élèves en situation de décrochage.

Le boom de l'apprentissage concerne surtout les étudiants post bac. Pourquoi ?

Il y a encore quelques années, les formations post bac se faisaient assez peu par le biais de l’apprentissage. Les aides à l’embauche des apprentis mises en place par le gouvernement pendant la crise Covid ont changé la donne. La forte progression de l’apprentissage dans l’enseignement supérieur prouve que l’apprentissage a changé d’image. Ce mode d’enseignement, qui alterne formation théorique et pratique en entreprise, est enfin reconnu comme une voie d’excellence ! L’offre des formations s’est aussi développée pour les élèves en CAP et bac pro, mais moins rapidement que dans l’enseignement supérieur. La difficulté qui persiste pour ces jeunes tient au fait qu’ils sont généralement plus fragiles et nécessitent d’être plus accompagnés que les autres, notamment pour éviter les ruptures de contrat d’apprentissage qui sont encore trop nombreuses.

Que faudrait-il faire pour que cela change ?

Le plus important est d’accompagner les jeunes pour trouver l’entreprise susceptible de les accueillir, de leur permettre d’acquérir les codes de l’entreprise et surtout de les aider à lever les freins qui peuvent les mettre en échec : problèmes de logement, de transport ou encore acquisition de l’outillage professionnel qui est parfois assez onéreux dans le cadre de formations techniques pointues. Il est donc nécessaire d’avoir un chargé d’accompagnement éducatif et social qui saura accompagner les jeunes sur toutes ces questions. A Apprentis d’Auteuil, et c’est ce qui fait notre force, nous avons déjà ces professionnels dans nos structures qui accompagnent les jeunes du début à la fin de leur apprentissage.



La fondation Apprentis d’Auteuil agit depuis 150 ans pour former et éduquer la jeunesse en difficulté. Avec plus de 80 formations, nous aidons les jeunes en difficulté à s’insérer dans la société tout en accompagnant les familles dans leur rôle éducatif. Nous agissons au plus près des familles avec des structures d’accueil pour enfants ou adolescents en difficultés confiés par les parents ou l’aide sociale à l’enfance. Nous proposons des accompagnements avec ou sans internat. 5 000 collaborateurs aident chaque jour à la prise en charge des jeunes en difficultés et à lutter contre l’échec scolaire. Ils contribuent à leur construire un projet de vie avec un parcours personnalisé. Ce soutien aux jeunes en difficulté et aux enfants déscolarisés permet de découvrir le potentiel et le talent de chacun d’entre eux. Pour soutenir notre association d’aide à l’enfance – n’hésitez pas à faire un don à notre fondation. Apprentis d’auteuil – fondation protection de l’enfance.