Une formation écologique aux métiers de la vigne

Une formation écologique aux métiers de la vigne

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Depuis 2018, Apprentis d’Auteuil propose une formation Skola inédite aux métiers de la vigne, qui respecte les principes de l’agroécologie, ainsi qu’un accompagnement social pour des jeunes âgés de 17 à 30 ans. Reportage.


En ce début septembre, installés au beau milieu des vignes du Médoc, Adrien, Gwendoline et Yohan préparent fébrilement les vendanges. Une grande première pour ces jeunes qui suivent depuis plusieurs mois la formation Skola Vignerons du vivant.
Depuis 2018, elle forme chaque année une dizaine de jeunes éloignés de l’emploi au métier d’ouvrier viti-vinicole. « En 25 ans, j’ai rencontré beaucoup de jeunes au parcours chaotique dans le monde de la viticulture, explique Jean-Baptiste Cordonnier, propriétaire du château Anthonic, à l’origine de cette formation. À l’occasion de la conversion bio de mon exploitation, j’ai voulu former des jeunes en agroécologie pour les préparer au métier de demain et pas celui d’hier. Mais je me suis vite rendu compte qu’il n’existait aucune formation dans ce domaine. »
Jean-Baptiste Cordonnier se rapproche donc de la fondation pour coconstruire une formation. « Chacun apporte ses compétences et son exigence, précise Pierre Cazeneuve, du château Paloumey, l’un des dix châteaux impliqués. Nous savons ce qu’est un ouvrier vinicole, mais nous ne sommes pas formateurs. Apprentis d’Auteuil est venu avec sa capacité à insérer ces jeunes en marge. Grâce à cet échange, nous arrivons à tirer le meilleur de chaque jeune. »

Une solide formation à l’agroécologie


En décembre 2018, Les Vignerons du vivant sont lancés, avec un partenariat entre dix châteaux, la maison familiale rurale (MFR) de Saint-Yzans-de-Médoc pour la formation théorique et pratique, et Apprentis d’Auteuil pour l’accompagnement social. « Au cours des trois premiers mois, nous formons les jeunes aux techniques de la taille des vignes, mais aussi aux savoir-être en entreprise : arriver à l’heure, travailler en équipe, se concentrer sur une tâche, détaille Nathalie Lejard, responsable de la formation à la MFR. S’ils sont toujours motivés, nous leur proposons un contrat de professionnalisation de neuf mois qui leur permet in fine d’obtenir un Certificat de qualification professionnelle (CQP) d’ouvrier polyvalent d’une exploitation viti-vinicole. »
Au cours des 12 mois, les jeunes reçoivent une solide formation à l’agroécologie dispensée par des spécialistes de haut-vol. « L’agroécologie permet de modifier le regard et notre façon d’agir sur le sol, la plante et notre écosystème, précise Alain Canet, l’un des intervenants. À l’heure où plus personne ne veut aller travailler dans les vignes, cette formation est un moyen d’impulser ces nouvelles pratiques dans les châteaux. »
« C’est bien pour la planète, pour la vigne et pour notre santé, souligne Adrien Estève, 19 ans, un des jeunes de la dernière promotion. Nous avons appris à tailler, à ébourgeonner, à conduire des tracteurs. Nous travaillons au milieu de la vigne que l’on voit évoluer au fur et à mesure de l’année. Ce qui me plaît, c’est d’être sur le terrain plutôt que dans une salle de cours. »

Un accompagnement social


Au-delà de la formation technique, les jeunes sans formation ou sans emploi - les fameux NEETS (1) - bénéficient d’un accompagnement social. « Nous travaillons sur tous les problèmes qu’ils ont en tête et qui peuvent perturber leur formation : logement, permis, démarches administratives, situation familiale conflictuelle, manque de confiance en soi. », précise Fatima Zaïme, chargée d’accompagnement à l’AFEPT (2).
« Cette formation a été une reconversion pour moi, explique Juliette Leste, 25 ans, issue de la première promotion. J’ai d’abord fait une formation de tourneur-fraiseur mais ça ne me plaisait pas. J’ai eu l’occasion de faire les vendanges, c’est ce qui m’a donné envie de me former à ce métier. Les tâches sont différentes toute l’année et l’on voit le fruit de notre travail directement sur la plante. J’ai aussi été attirée par la partie écologique qui se développe beaucoup aujourd’hui dans la viticulture. Après avoir enchainé plusieurs contrats dans différents châteaux, je viens de signer un CDD. Si tout se passe bien, je devrais obtenir en CDI dans quelques mois et pourquoi pas, devenir à terme cheffe d’équipe. »
« Cette formation connaît un taux d’insertion de 80%, se félicite Caroline Boidron, responsable des partenariats d’Apprentis d’Auteuil dans le Sud-Ouest. Compte tenu de son succès, nous envisageons maintenant de la déployer dans d’autres régions. »

(1)    NEET : Not in education, employment or training. Ni étudiant, ni employé, ni stagiaire.
(2)    AFEPT Association pour la formation et l’éducation permanente à Tivoli dont Apprentis d’Auteuil est membre.


La fondation Apprentis d’Auteuil agit depuis 150 ans pour former et éduquer la jeunesse en difficulté. Avec plus de 80 formations, nous aidons les jeunes en difficulté à s’insérer dans la société tout en accompagnant les familles dans leur rôle éducatif. Nous agissons au plus près des familles avec des structures d’accueil pour enfants ou adolescents en difficultés confiés par les parents ou l’aide sociale à l’enfance. Nous proposons des accompagnements avec ou sans internat. 5 000 collaborateurs aident chaque jour à la prise en charge des jeunes en difficultés et à lutter contre l’échec scolaire. Ils contribuent à leur construire un projet de vie avec un parcours personnalisé. Ce soutien aux jeunes en difficulté et aux enfants déscolarisés permet de découvrir le potentiel et le talent de chacun d’entre eux. Pour soutenir notre association d’aide à l’enfance – n’hésitez pas à faire un don à notre fondation. Apprentis d’auteuil – fondation protection de l’enfance.