Ulis rencontre, Ulis raconte, le journal pour s'exprimer et partager
L’équipe éducative et les jeunes des deux classes Ulis du lycée Sainte-Thérèse à Paris ont créé le journal Ulis rencontre, Ulis raconte. Pour partager leur vie, leurs doutes, leurs espoirs et mieux faire connaître l’inclusion scolaire d’élèves porteurs d’un trouble du développement intellectuel.
Il a suffi d’une idée - Pourquoi ne pas créer un journal avec les jeunes ? - lancée, en décembre 2025, par Anne Foignier et Vincent Della-Puppa, coordonnateurs des deux classes Unités localisées pour l’inclusion scolaire (Ulis) du lycée Sainte-Thérèse à Paris. Une idée reprise et mise en œuvre par Marie-Laure Boursat, bénévole et ancienne salariée du groupe Bayard Presse, pour susciter l’adhésion et l’enthousiasme de Margaux, Louise, Jean, Nicolas et d’autres jeunes âgés de 15 à 20 ans.
En un rien de temps, ils ont choisi le titre Ulis rencontre, Ulis raconte, réfléchi aux rubriques, aux sujets, aux questions à poser... Dans des ateliers organisés le jeudi (parfois le mardi), ils ont imaginé, écrit et partagé ce qui les faisait rêver, ce qui les interpellait dans l’actualité, les rencontres et les visites qu’ils souhaitaient faire, et ce qui, au quotidien, les rendait heureux ou malheureux. « Quand on est handicapé, on peut avoir peur de grandir, pas beaucoup d’appétit ou pas beaucoup de sommeil, glisse Margaux. Avec le journal, je peux sensibiliser les autres. » Nicolas, lui, participe au journal pour « réfléchir et écrire, inventer des histoires aussi. »
« À travers ce projet, l’équipe éducative et les bénévoles veulent renforcer la fierté de ces élèves présentant une déficience cognitive associée parfois à d’autres troubles (dyspraxie, dysorthographie, troubles de la relation...) et rendre visibles leurs apprentissages malgré de nombreux défis (attention, travail d’équipe, expression orale, écriture...). » souligne Vincent Della-Puppa.
Un outil de réflexion et de valorisation
Dans Ulis rencontre, Ulis raconte, Jean a écrit : « être au lycée et apprendre me rend heureux » ; Théophane a présenté la mousse au chocolat qu’il a préparée durant son stage à Octave, le restaurant de la Seine musicale à Paris ; Nicolas a expliqué pourquoi il était pour l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans : « Ça rend addict ! » ; Louise qui se passionne pour Les Fables de La Fontaine, Le Corbeau et le Renard et La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf, notamment, a activement préparé le spectacle prévu en fin d'année scolaire... Tous ont aimé se revoir en photos à l’Assemblée nationale lors d’une visite guidée organisée le 13 janvier.
« Même s'il est parfois difficile pour certains élèves de se souvenir, pour d'autres de passer de l'oral à l'écrit, tous vivent le journal comme un moment de joie et de fierté. Ils en gardent des souvenirs positifs. » note Marie-Laure Boursat. « Devant le succès du premier numéro auprès de leurs parents et amis mais aussi auprès des salariés et bénévoles d’Apprentis d’Auteuil, les élèves n’ont eu qu’une envie : réaliser le deuxième puis le troisième numéro... avant d’envisager les suivants. » reconnaît Anne Foignier.
Dans ce journal, élèves, enseignants et bénévoles veulent faire ensemble d’autres choses. « Avec l’espoir de changer le regard porté sur des jeunes extra-ordinaires et l'envie de les ouvrir, chaque jour davantage, aux autres et au monde pour renforcer leur inclusion. » conclut Vincent Della-Puppa.
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