Les clés de la confiance en soi
Comment la confiance en soi d’un enfant se construit-elle ? Comment se développe-t-elle ? Si, selon la spécialiste Gisèle George, pédopsychiatre, auteure d’un ouvrage sur ce sujet, elle ne se transmet pas, il est pourtant possible pour des parents, des éducateurs, l'entourage de l'enfant, de créer des bonnes conditions pour qu'elle naisse et grandisse.
Par Laure Naimski
Un sentiment de l’ordre de l’intime
Qui n’aimerait pouvoir donner confiance à son enfant pour lui permettre d’avancer sereinement dans la vie ? Cependant, la pédopsychiatre Gisèle George met en garde : « La confiance en soi, c’est un sentiment, cela ne se donne pas. Elle procède de la perception intime. Par exemple, un enfant va se tenir debout et marcher le jour où il aura confiance dans le fait qu’il peut le faire. »
Le lien d’attachement
La confiance en soi tire son origine du lien entre l’enfant et une figure d’attachement, en premier lieu sa mère et son père, mais aussi ses grands-parents ou d’autres personnes de son entourage proche. Ces figures apportent la sécurité, le soutien, l’affection. « L’enfant va puiser dans ces liens la notion qu’il est un être digne d’amour », souligne la spécialiste. Ces attachements initiaux, qui le sécurisent intérieurement, vont lui permettre de développer cette confiance. Par le soin, les interactions, le jeu, le dialogue, la stimulation sans pression, la patience, la tolérance vis à vis des échecs, le soutien... la confiance se construit et s’enracine chez l’enfant.
Les racines de l’apprentissage
Avoir confiance en soi, c’est aussi avoir confiance en l’autre. « La confiance, ce sont les racines de l’apprentissage. Outre le sentiment que l’on a d’être digne d’être aimé et respecté, c’est également le sentiment de posséder les compétences et les capacités nécessaires pour faire face aux situations de la vie », résume Gisèle George.
Les encouragements quotidiens, la valorisation des actions, jouent un rôle essentiel. Lorsqu’un enfant fait ses premiers pas, on l’applaudit, on l’embrasse. « Ces compliments renforcent sa confiance », souligne l’experte. S’il chute, on l’encourage. Il gardera confiance dans le fait qu’il peut se remettre debout et marcher.
Ne pas juger l’enfant en tant que personne
Pour que l’enfant puisse avoir confiance en lui, il ne doit pas se sentir jugé par ses figures d’attachement. « Il ne faut jamais porter un jugement, positif ou négatif, sur l’enfant en tant que personne. On peut critiquer une action, un mot, quelque chose qui a été plus ou moins bien fait. Cela ne signifie pas que l’enfant est nul ou feignant. En jugeant l’enfant, on attaque sa confiance », analyse Gisèle George.
La confiance se restaure
Même avec un parcours de vie difficile, tous les enfants peuvent faire preuve de résilience. Pour cela, ils doivent être entourés d’adultes susceptibles de s’occuper d’eux. « Les enfants avec une faible résilience sont ceux qui s’isolent, sont introvertis, blessés, en colère... », souligne Gisèle George. Une psychothérapie peut alors être envisagée.
La confiance en soi de votre enfant, Dr Gisèle Georges, éditions Odile Jacob
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