Comment parler de la guerre aux enfants et aux adolescents ?

Comment parler de la guerre aux enfants et aux adolescents ?

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La guerre en Ukraine a effaré le monde entier. Comment l’aborder avec les enfants et les adolescents, sans les laisser dans l’ignorance ou la tristesse, ni les effrayer ? Mais en respectant leur niveau de compréhension. Quelques pistes.

Entre 3 et 5 ans

Les tout-petits comprennent beaucoup de choses. Mais ils ont une pensée binaire : le monde est partagé entre les méchants et les gentils. Ils entendent qu’un jour un enfant peut leur faire du mal et, le lendemain, redevenir leur copain.
Mieux vaut attendre qu’ils posent des questions pour y répondre de façon calme et posée : « Quelque chose de grave se passe dans un autre pays. Des gens meurent. Cela me rend très triste ». Il s'agit de montrer que l'on est relié aux autres. Le fondement de l’empathie ! Il faut avant tout les protéger de la violence du monde, des informations diffusées notamment par la télévision, et même à la radio, autant de sons et d’images qui peuvent les perturber. 

De 6 à 10 ans

L’enfant aime comprendre. Il sort de l’émotionnel, de l’imaginaire, sources de fantasmes ou de peurs et atteint « l’âge de raison ». Mais ce n’est pas un « mini-adulte ».
L’adulte peut lui montrer une carte du monde pour situer les pays concernés par la guerre, et expliquer pourquoi, parfois dans l’Histoire, hier comme aujourd’hui, il y a des conflits. Il doit pouvoir éclaircir certains points tout en préservant sa sensibilité et en le protégeant là-aussi des images mortifères. En ne parlant pas du tout de la guerre, le parent pourrait donner l’impression d’être lui-même dépassé, voire terrorisé, et angoisser davantage l’enfant. 

À partir de 11 ans

La pandémie, le réchauffement climatique, la guerre... tout ceci est très dur pour les adolescents. Ils ne se sentent plus invincibles, ont parfois le sentiment d’un avenir plus aussi prometteur.
Il est nécessaire de prendre le temps de parler, d’échanger avec eux, de lire des articles ou des livres – moins angoissants que les images en boucle des chaînes de télévision – sur les événements pour les aider à sélectionner, hiérarchiser, analyser l’information, les rassurer et les protéger des fake news (fausses nouvelles) et de l’"infobésité" (le trop plein d’informations) morbide. 

Dialoguer et agir

Sans tomber dans le déni, les parents, les adultes en général doivent tenir un discours positif. Toutes les époques ont connu des temps d’angoisse, ce qui n’a pas empêché les enfants de grandir. L’espoir est toujours de mise.
L’action et la solidarité peuvent donner du sens à ce que nous vivons, enfants, adolescents, adultes. Faire un dessin, allumer une bougie, participer à une collecte de solidarité, etc. apportent du réconfort, permettent de sortir de la peur et de la torpeur pour renouer avec la vie

Pour en savoir plus
Le Centre pour l'éducation aux médias et à l'information (CLEMI) met des ressources (guide, kit d’ateliers, etc.) à la disposition des familles, sur son site Internet(www.clemi.fr).  

La fondation Apprentis d’Auteuil agit depuis 150 ans pour former et éduquer la jeunesse en difficulté. Avec plus de 80 formations, nous aidons les jeunes en difficulté à s’insérer dans la société tout en accompagnant les familles dans leur rôle éducatif. Nous agissons au plus près des familles avec des structures d’accueil pour enfants ou adolescents en difficultés confiés par les parents ou l’aide sociale à l’enfance. Nous proposons des accompagnements avec ou sans internat. 5 000 collaborateurs aident chaque jour à la prise en charge des jeunes en difficultés et à lutter contre l’échec scolaire. Ils contribuent à leur construire un projet de vie avec un parcours personnalisé. Ce soutien aux jeunes en difficulté et aux enfants déscolarisés permet de découvrir le potentiel et le talent de chacun d’entre eux. Pour soutenir notre association d’aide à l’enfance – n’hésitez pas à faire un don à notre fondation. Apprentis d’auteuil – fondation protection de l’enfance.