Baromètre de la solidarité 2026 : l’inquiétude freine la générosité des Français
Pour la 7e édition de son Baromètre de la solidarité, Apprentis d’Auteuil interroge les Français sur leur générosité passée et à venir. Dans un climat international, politique et économique toujours plus incertain, les dons reculent et les intentions de dons pour 2026 s’annoncent préoccupantes.
À l’heure de la déclaration de revenus, Apprentis d’Auteuil publie la 7e édition de son Baromètre de la solidarité, réalisé par l’institut Ipsos. Après une année 2025 déjà marquée par les incertitudes, l’édition 2026 confirme une tendance préoccupante : l’inquiétude gagne du terrain et pèse désormais directement sur la capacité des Français à donner.
Premier enseignement : le contexte général inquiète très fortement. 92 % des Français se disent préoccupés par le contexte international, tandis que l’instabilité politique nationale et le niveau d’endettement de la France nourrissent également les craintes. Cette inquiétude ne se limite pas à l’avenir personnel des sondés. Elle concerne aussi leurs concitoyens et, plus encore, l’avenir des jeunes. Parmi les sujets les plus cités figurent la montée des violences, l’effritement de la cohésion sociale, la multiplication des guerres et des conflits, ainsi que la baisse du pouvoir d’achat.
« L’inquiétude – nourrie par l’incertitude politique et économique et déjà présente l’an dernier – se renforce chez tous les Français, y compris les plus aisés. Cette tendance nous alerte, pour les associations et pour notre fondation. Nous craignons que nos concitoyens puissent de moins en moins exercer leur générosité, alors même que les besoins sociaux et les besoins de la jeunesse explosent littéralement et que les financements publics se contractent sensiblement », souligne Vanessa de Lauzainghein, directrice de la communication et des ressources chez Apprentis d’Auteuil.
Des dons en recul
Cette inquiétude se traduit dans les chiffres. 47 % des Français déclarent avoir fait un don financier à une association ou à une fondation en 2025, soit le niveau le plus bas enregistré depuis la création du baromètre en 2019. Le montant moyen des dons recule également : 336 euros en moyenne, soit 28 euros de moins que l’année précédente.
L’année 2026 ne semble pas inverser la tendance. Les premiers dons de l’année sont en baisse et les perspectives restent fragiles : 51 % des Français déclarent qu’ils ont déjà donné ou comptent donner en 2026, un niveau au plus bas depuis 2020. Le baromètre souligne aussi un écart croissant entre les intentions de dons et les dons réellement effectués.
Pour autant, cette baisse ne traduit pas une indifférence. Les Français restent conscients des besoins croissants des associations, dans un contexte où les finances publiques se resserrent. Mais les incertitudes semblent freiner l’élan de générosité. Pour le grand public, la baisse du pouvoir d’achat demeure le premier motif de réduction des dons. Chez les plus hauts revenus, c’est davantage la volonté d’épargner face à l’avenir qui est citée.
« Les Français affichent des dons et des intentions de dons largement en baisse. L’inquiétude est forte sur le futur et leur pouvoir d’achat. 2025 a été marquée par une instabilité fiscale et de nombreux débats au Parlement autour du budget, qui peuvent expliquer une incompréhension et une crainte des Français. Au-delà de financements publics, nous avons besoin que l’État maintienne une stabilité fiscale, pour poursuivre nos actions avec clarté et dans l’anticipation », ajoute Vanessa de Lauzainghein.
Des besoins associatifs toujours plus forts
Les causes soutenues par les Français restent, elles, relativement stables : santé et recherche médicale, aide aux plus démunis, défense des animaux, handicap, puis enfance, jeunesse et éducation. Mais l’édition 2026 du baromètre alerte sur un paradoxe : les Français perçoivent les besoins grandissants du secteur associatif, tout en se sentant moins capables de maintenir leur niveau de don.
Dans ce contexte, Apprentis d’Auteuil rappelle combien la générosité des donateurs est essentielle pour poursuivre ses actions auprès des jeunes et des familles fragilisés. Alors que les besoins sociaux augmentent, la stabilité et la confiance apparaissent comme des conditions indispensables pour permettre aux donateurs de continuer à agir, dans la durée, aux côtés des associations et fondations.
Le point de vue du directeur général d’Apprentis d’Auteuil
« Les incertitudes actuelles risquent de fragiliser le développement de nos actions, souligne Jean-Baptiste de Chatillon, directeur général d’Apprentis d’Auteuil. Surtout elles affectent gravement les personnes et les familles qui sont en précarité. Elles sont les premières touchées. Nous le constatons chaque jour, les phénomènes d’exclusion et de marginalisation se multiplient avec des conséquences sociales et humaines dramatiques. Les familles et les enfants qui nous appellent à l’aide sont de plus en plus nombreux.
Nous sommes donc reconnaissants de pouvoir compter sur des donateurs fidèles et engagés, qui soutiennent nos actions en faveur de la jeunesse. Malheureusement, le contexte pèse sur leurs capacités à nous soutenir. Leur générosité est plus que jamais déterminante pour venir en aide aux enfants qui nous sont confiés ou qui attendent de pouvoir être accueillis. Qu’ils soient en échec scolaire, avec de graves difficultés familiales et affectives ou qu’ils vivent dans la précarité, les jeunes ont besoin de notre aide. »
Méthodologie
Sondage Ipsos réalisé pour Apprentis d’Auteuil auprès de 1 000 personnes représentatives de la société française de 18 ans et plus, ainsi qu’auprès d’un second panel de 500 personnes dont le revenu annuel net du foyer est supérieur à 120 000 euros en France. L’enquête a été menée entre le 25 février et le 10 mars 2026, sur une période identique aux précédentes éditions du Baromètre de la solidarité d’Apprentis d’Auteuil.
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