Quel est l'impact social des Maisons des familles ?

Quel est l'impact social des Maisons des familles ?

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La première Maison des familles a été créée par Apprentis d'Auteuil il y a presque dix ans. Une première étude d'impact social a été réalisée par un cabinet extérieur qui salue ses effets bénéfiques pour les familles.

Depuis 2009, Apprentis d’Auteuil a mis en place un programme Maisons des Familles, inspiré d’un dispositif québécois, en lien avec d’autres partenaires. D’abord déployés à Grenoble et à Marseille, puis étendus dans une dizaine d’autres villes, ces lieux pas comme les autres offrent des espaces d’écoute, de partage et d’entraide à des familles en situation de fragilité, les soutiennent et leur permettent d’échanger leurs expériences. Sur place, pas d’instructions ou conseils en parentalité venus d’experts professionnels "sachants", mais des temps d’échange ou des activités coconstruites par et avec les familles. "Les échanges entre parents sont favorisés pour qu'ils trouvent eux-mêmes des solutions à leurs défis", souligne Christophe Beau, en charge du programme.

Première étude d'impact


Au fil du temps, enrichis de la rencontre avec d’autres, les parents reprennent confiance en eux et en leurs capacités éducatives. "Ils se disent plus optimistes et davantage confiants en l’avenir, retrouvant une capacité d’oser et d’agir, visible dans les différentes sphères de leurs vies. Remobilisation dans les démarches administratives, prise de parole en public, recherche d’une formation ou d’un emploi deviennent ainsi possibles", souligne encore le professionnel.
Neuf ans après leur première ouverture, Apprentis d’Auteuil a voulu évaluer l'impact social des Maisons des familles, dans le but de mieux comprendre et de valoriser davantage les effets de leurs actions sur les familles. Quelles sont les spécificités de ces lieux d’accueil, qui sont les familles qui les fréquentent, quel est leur impact sur la vie des parents et de leurs enfants, autant de questions sur lesquelles l’étude s’est penchée. L’évaluation a été menée de mars 2016 à janvier 2018 par le cabinet Asdo Etudes, auprès de neuf Maisons, réparties sur le territoire. (Cf étude complète ci-dessous.)

D'abord des lieux de sociabilité


Premier enseignement de l’étude
, les familles ne considèrent pas que le soutien à la parentalité soit la fonction première des Maisons des familles. Elles s’y rendent et les fréquentent avant tout parce que ce sont des lieux de sociabilité, des endroits pour se détendre, rompre son isolement, oublier ses soucis, souffler ou prendre du temps pour soi… "Ateliers de cuisine, ateliers beauté, cours de yoga, écriture de l’histoire de sa vie pour la transmettre à ses enfants, les nombreuses activités proposées permettent aux parents de retrouver confiance en eux", poursuit Christophe Beau. Bref, en eux-mêmes, ces temps de rencontres sont un levier pour les parents. L’accompagnement proposé produit sur eux des effets qui dépassent le seul registre éducatif.

Autre enseignement
, et non des moindres, c’est ce "vivre ensemble" partagé par les parents qui leur permet, indirectement, de trouver des réponses éducatives nouvelles dans leurs relations avec leurs enfants, d’autres manières de faire ou de concevoir leur autorité. Et du coup de se réassurer dans leurs compétences parentales. Enfin, l’étude pointe la spécificité des Maisons des familles. Ce sont "des espaces accueillants, souples dans leur fonctionnement, avec des modalités d’intervention particulières, dans lesquels on revendique un rapport de proximité."

Une étape pour aller plus loin


"Cette étude nous conforte dans ce que nous savions déjà par les retours quasi quotidiens de nos partenaires, directeurs d’écoles, médecins ou infirmiers de PMI, éducateurs, qui nous confirment tous à leur manière qu’au contact de nos structures, les parents changent" , note Jocelyne Drocourt, directrice de la Maison des familles d’Amiens et de son antenne de Montdidier. Même écho chez Jeane Dufour, directrice de la Maison des Familles Les Buissonnets, située dans les quartiers nord de Marseille, qui souligne : "Cette étude est une étape pour aller plus loin et interroger nos pratiques ! "

DONNÉES-CLES SUR LES PUBLICS ACCUEILLIS DANS LES MAISONS DES FAMILLES

- 81 % de femmes, qui viennent souvent seules ou avec leurs enfants
- 53% de familles monoparentales (vs 20 % au niveau national)
- 28 % de familles nombreuses  (vs 21 % au niveau national)
- Seul un parent sur 5 est en emploi
- Près de la moitié des parents sont de nationalité étrangère et ont connu un parcours de migration

Etude d'impact social des Maisons des familles

> Pour consulter et télécharger l'Etude d'impact social des Maisons des familles

La fondation Apprentis d’Auteuil agit depuis 150 ans pour former et éduquer la jeunesse en difficulté. Avec plus de 80 formations, nous aidons les jeunes en difficulté à s’insérer dans la société tout en accompagnant les familles dans leur rôle éducatif. Nous agissons au plus près des familles avec des structures d’accueil pour enfants ou adolescents en difficultés confiés par les parents ou l’aide sociale à l’enfance. Nous proposons des accompagnements avec ou sans internat. 5 000 collaborateurs aident chaque jour à la prise en charge des jeunes en difficultés et à lutter contre l’échec scolaire. Ils contribuent à leur construire un projet de vie avec un parcours personnalisé. Ce soutien aux jeunes en difficulté et aux enfants déscolarisés permet de découvrir le potentiel et le talent de chacun d’entre eux. Pour soutenir notre association d’aide à l’enfance – n’hésitez pas à faire un don à notre fondation. Apprentis d’auteuil – fondation protection de l’enfance.