Romain Beudot, des jardins aux sons et lumières

Romain Beudot, des jardins aux sons et lumières

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Enfant, Romain Beudot voulait devenir jardinier ou organisateur de spectacles. Adolescent, il s’est initié aux deux métiers au lycée professionnel Saint-Antoine. Jeune adulte, il crée des sons, des lumières, des vidéos. Vit plus qu’une réalité, son rêve d’enfant.

À écouter Romain Beudot, 23 ans, sa vie est faite d’heureux hasards et de belles rencontres. À commencer par celle avec le conseiller principal d’éducation de son collège à Massy. Un jour de 2007, celui-ci lui donne la plaquette de présentation du lycée horticole et paysager Saint-Antoine d’Apprentis d’Auteuil à Marcoussis (91). "Au vu de mes notes catastrophiques et de quelques bêtises, il m’a dit : "Tu ne feras pas de grandes études. Il te faut de la pratique. Et comme tu aimes la nature…"
Ce constat, le collégien l’entend à nouveau avec Denis Dugord, directeur du lycée Saint-Antoine, lors de son entretien d’admission : "J’en ai vu des bulletins de notes, mais un comme le tien, c’est quelque chose !" Il a ajouté : "Sache que dans la vie, on n’a rien sans rien. Avec de la volonté, tout est possible. Je te propose une semaine de stage, le temps pour toi de découvrir les espaces verts et la production horticole. Si cela se passe bien et si cela t’intéresse, nous pourrons ensemble envisager un projet."

Romain Beudot ne demande pas mieux : depuis l’enfance, il veut devenir soit jardinier, soit organisateur de spectacles. "Jardinier, parce que j’ai toujours aimé la nature et organisateur de spectacles, parce que je regardais l’émission "Les Enfoirés pour les Restos du cœur" à la télévision. Quand j’imaginais tout ce qui devait être mis en place comme décors, sons et lumières, je n’avais qu’une envie : travailler dans cet univers !"

Prise de conscience

Accepté à Saint-Antoine en 4ème découverte espaces verts et production horticole, il évoque ses premières impressions : "Je n’avais jamais vu d’établissement scolaire aussi grand – 14 hectares ! -, aussi peu ordinaire avec un château, des ruines, des pavillons. J’étais très impressionné. Partagé aussi, car même si l’ambiance semblait sympa, j’allais vivre loin de ma mère, avec des adultes et des jeunes que je ne connaissais pas."

En 2009, Romain décroche le brevet des collèges. Deux ans plus tard, le CAPA production horticole. Comment obtient-il ces bons résultats ? "À Saint-Antoine, les professeurs et les éducateurs étaient toujours là, dans les bons et dans les mauvais moments. Ensemble, nous avions de franches rigolades lors des activités du mercredi après-midi, à la piscine, à la patinoire ou dans les ateliers de pâtisserie. Et aussi de sérieuses explications quand je leur prenais trop la tête avec mes mauvaises notes ou lorsque je ne respectais ni les horaires ni les règles. Je savais que c’était le collège et le lycée de la dernière chance. Avec le temps, j’en ai pris conscience et je me suis mis au boulot. Aujourd’hui, je me dis que quand on est ado, mieux vaut ne pas se laisser embarquer par d’autres jeunes, mais parler à un adulte de confiance. Lui aussi a été adolescent et peut donner de bons conseils."

Romain oublie presque de mentionner la première expérience d’organisation de spectacles qu’il acquiert à Saint-Antoine. "J’étais toujours prêt à aider le professeur d’éducation physique et sportive qui organisait le trophée du golf éducatif de Saint-Antoine avec Bill Owens, ancien champion de golf. J’installais la sono pour les discours officiels, je vérifiais le bon état des barrières de sécurité, j’aménageais la cantine pour le buffet, j’accueillais les joueurs et les spectateurs. Je me sentais vraiment bien, car j’étudiais et faisais ce que j’aimais… avec le sentiment de travailler pour mon avenir."
Son avenir, le lycéen l’entrevoit lors des stages qu’il effectue en première et deuxième année de CAPA production horticole à la jardinerie Truffaut aux Ulis (91). "Là-bas, je faisais tout : nettoyage, arrosage, accueil de clientèle. Très content de moi, le directeur m’a proposé de travailler le week-end. J’ai dit "Ok", trop content de gagner un premier salaire !"

Vivre sa passion

En septembre 2011, l’année de ses 18 ans, ce même directeur l’engage comme vendeur-conseil. "Durant deux années, j’ai réceptionné des marchandises, entretenu des plantes, conseillé les clients… J’ai appris beaucoup de facettes du métier. Je me suis aussi rendu compte que je n’avais pas la même façon de penser que mon responsable. J’ai préféré partir."

Deux mois plus tard, en allant faire des courses dans un centre commercial d’Evry, Romain laisse un cv à Office Depot, entreprise de fournitures de bureau. Un mois plus tard, il est embauché en tant que collaborateur service clients. "J’étais très polyvalent. Je mettais en rayon les produits, j’accueillais les clients, les conseillais, les encaissais. Cela me plaisait mais ce n’était pas le métier que je voulais exercer."

Heureux hasard dont Romain se souvient comme si c’était hier : l’un de ses clients n’est autre que le directeur de la société Audio Light (loueur de matériel audio et vidéo). "En établissant la facture, je me suis rappelé que j’avais utilisé son matériel pour réaliser un clip sur Michael Jackson avec un animateur de Saint-Antoine. Je n’ai pas hésité à lui dire : "Depuis tout petit, je rêve de travailler dans l’événementiel !" Il m’a répondu : "Tu as mon adresse maintenant. Passe quand tu veux au bureau." Ni une ni deux, Romain prend rendez-vous et travaille dès le lendemain pour Audio Light. "Entre mars 2015 et juin 2016, j’ai travaillé la semaine pour Office Depot et le week-end pour Audio Light, c’était dur."

Passionné par cette nouvelle vie de sons et de lumières, Romain préfère démissionner d’Office Depot… d’autant plus que Ladistrib Events, une entreprise de vente, de location et d’installation de matériel événementiel, lui propose un emploi à la semaine, à compter de septembre 2016.

Pour l’instant, Romain prend à peine le temps de penser à lui. Pour seuls loisirs, il s’échappe parfois à vélo, escalade quelques rochers du côté de Fontainebleau. "C’est vrai que je sacrifie ma vie pour vivre une passion !" En avril 2016, il a célébré les 150 ans d’Apprentis d’Auteuil en installant la partie technique du spectacle son, lumière et vidéo donné pour l’occasion au lycée Saint-Antoine. "En y revenant, je me suis dit que quel que soit notre passé, nous ne devons pas rester sur le négatif, mais nous accrocher et viser l’avenir. Aujourd’hui, je suis heureux et fier d’en être arrivé là." Et dans dix ans ? "J’aimerais créer mon entreprise, prendre plus de responsabilités, gagner mieux ma vie, devenir mon propre patron pour divertir encore plus de gens et les rendre heureux."

La fondation Apprentis d’Auteuil agit depuis 150 ans pour former et éduquer la jeunesse en difficulté. Avec plus de 80 formations, nous aidons les jeunes en difficulté à s’insérer dans la société tout en accompagnant les familles dans leur rôle éducatif. Nous agissons au plus près des familles avec des structures d’accueil pour enfants ou adolescents en difficultés confiés par les parents ou l’aide sociale à l’enfance. Nous proposons des accompagnements avec ou sans internat. 5 000 collaborateurs aident chaque jour à la prise en charge des jeunes en difficultés et à lutter contre l’échec scolaire. Ils contribuent à leur construire un projet de vie avec un parcours personnalisé. Ce soutien aux jeunes en difficulté et aux enfants déscolarisés permet de découvrir le potentiel et le talent de chacun d’entre eux. Pour soutenir notre association d’aide à l’enfance – n’hésitez pas à faire un don à notre fondation. Apprentis d’auteuil – fondation protection de l’enfance.