La fierté de l'animateur ? La réussite des jeunes !

La fierté de l'animateur ? La réussite des jeunes !

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En début d’année, Mohamed Leghali, responsable de l’animation sportive et culturelle de Saint-Philippe à Meudon (92), recevait l’insigne de chevalier dans l’ordre national du Mérite. Un honneur qui lui tient autant à cœur que la réussite des jeunes. Sa plus grande fierté.

Trois mois après avoir été nommé dans l’ordre national du Mérite (1), Mohamed Leghali, responsable de l’animation sportive et culturelle de Saint-Philippe à Meudon (92), n’en revient toujours pas : « Ce grade de chevalier est une vraie surprise pour moi. J’ai même cru à une blague, commente-t-il. En mars 2020, lorsque la pandémie nous est tombée dessus, l’internat éducatif et scolaire (IES) a dû fermer et les jeunes dont je m’occupais sont repartis chez eux. Spontanément, j’ai proposé mes services à la Maison d’enfants (MECS) qui manquait de personnel. Je voulais améliorer le quotidien des jeunes, leur apporter une dynamique, leur donner envie de bouger, de se donner à fond, pour passer malgré tout de bons moments ensemble. Les jeunes ont, pour la plupart, tenu le choc et se sont adaptés, sans imaginer que cette situation très particulière durerait plus d'un an. Chacun l’a plus ou moins bien vécue. »

Avec ses mots, en cette année de contraintes et de bouleversements, Mohamed Leghali résume parfaitement son engagement. « Depuis mes débuts à Apprentis d’Auteuil, il y a vingt-cinq ans, c’est mon job de vivre et de travailler pour et avec les jeunes ! En lien avec les éducateurs et les professeurs, je me mets à leur service pour révéler leurs capacités, leurs talents parfois même leur vocation, à travers des activités sportives, manuelles ou artistiques. En jouant au foot, au tennis, au rugby, en pratiquant la musculation ou la boxe, en s’initiant à la cuisine, en préparant une pièce de théâtre, en composant les paroles et la musique d’une chanson, ils (re)prennent confiance en eux, apprennent un savoir-être, un savoir-faire, se découvrent une passion. » 

Par altruisme

Pourquoi Mohamed s’est-il mis au service des jeunes ? « Dans ma vie, j’ai toujours agi par altruisme. C’est dans mes fibres ! Pour payer mes études jusqu’au baccalauréat, j’ai fait de l’animation durant mes vacances. Mon premier emploi ? Des vacations dans l’animation ! En 1996, une copine m’a appris que la fondation offrait la possibilité de préparer le brevet d'État d'animateur technicien de l'éducation populaire et de la jeunesse (BEATEP) aujourd'hui remplacé par le BP JEPS, avec, à la clé, un emploi d’animateur dans l’un de ses établissements. Je n’ai pas hésité ! » 

En arrivant à Saint-Philippe, Mohamed doit faire ses preuves. « J’ai dû faire valoir le bien-fondé de l’animation, reconnaît-il. Pour l’activité foot, par exemple, j’avais besoin de maillots, de ballons… autant d’équipements à acheter. Mon premier succès, ce sont les jeunes eux-mêmes qui me l’ont accordé ! Ils répondaient présent aux entraînements, ils prenaient soin du matériel, ils demandaient d’autres activités. » Avec de tels résultats, la direction fait confiance à Mohamed. Elle lui donne même carte blanche pour créer, en 1999, avec deux autres animatrices, un accueil de loisirs habilité en 2000.
Tous les jours de la semaine (sauf le vendredi), de 17h à 19h30, et le mercredi, de 13h30 à 19h30, les jeunes peuvent pratiquer des activités sportives, manuelles et artistiques : « J’ai toujours essayé de développer des projets innovants, souligne Mohamed, en sachant que j’avais la chance de travailler à la fondation, de disposer de moyens accordés par des mécènes et de pouvoir compter sur les éducateurs, des intervenants et les jeunes. Sans eux, rien n’aurait été possible. »

Avec conviction

Au quotidien, comment le responsable de l’animation sportive et culturelle vit-il cet esprit d’initiative et cette force de conviction ? « Avec un seul credo : permettre aux jeunes, même si cela est parfois difficile, de réussir leur vie en faisant les choses correctement et sérieusement. » Et Mohamed d'énumérer les nombreuses fois où un ou deux jeunes ne viennent pas à une activité. « Cela fait partie du jeu, nuance-t-il. Nous accompagnons des jeunes qui ont des difficultés. Je dois être à leur écoute mais aussi leur rappeler les engagements pris, la parole donnée. Ils ne peuvent pas les nier ni pour eux ni pour le groupe ! Même si leur vie est dure, leur scolarité compliquée, je veux, à travers mon propre parcours - je suis issu d'une famille nombreuse et j'ai grandi dans les quartiers - leur prouver que rien ne peut nous arrêter. Avec mes activités, je partage avec eux l’intérêt de la discipline, de la concentration, je leur transmets un message de respect de soi, de l’autre, un message d’espoir aussi. »

Donner l'envie

De quel espoir Mohamed Leghali parle-t-il en ces mois d’incertitude ? « De l’envie de faire des choses ! En raison des nouvelles contraintes sanitaires, nous avons dû interrompre certaines activités en intérieur. N'empêche, j'ai été très heureux de voir que des jeunes se retrouvaient en fin de journée pour disputer un challenge sportif sous forme de course à pied. En lien avec les éducateurs et la psychologue, ils se sont rendus compte de l'intérêt d'une pratique sportive régulière pour leur bien-être ou leur mieux être. Oui, les jeunes sont capables de beaucoup de choses. Oui, ils peuvent réussir dans de nombreux domaines. À nous de leur montrer la voie ! »

Sans chercher les honneurs, Mohamed Leghali répète inlassablement que les jeunes représentent sa plus grande fierté. « Mon plus grand bonheur ? Les voir revenir à Saint-Philippe pour donner de leurs nouvelles ! Chico qui travaillait très bien en menuiserie, a ainsi créé sa propre entreprise. Reda, un jeune cassé par la vie, s’est souvenu du cross qu’il avait gagné vingt ans plus tôt. Il m’a rappelé que je l’avais encouragé et félicité pour sa victoire. Une belle et grande réussite pour lui ! Je ne suis qu’une étape dans la vie des jeunes. Une étape durant laquelle je veux leur donner un petit plus, une envie, un espoir. Ni eux ni moi ne devons lâcher l’affaire ! » 


(1) Mohamed Leghali a reçu l’insigne de chevalier dans l’ordre national du Mérite avec deux autres salariées d’Apprentis d’Auteuil : Aude Le Mentec, directrice de la crèche Balthazar à Strasbourg et Cécile Martinet, infirmière au Service d’accueil d’urgence (SAU) à Meudon, partie depuis à la retraite. Tous les trois partagent cette reconnaissance de la Nation avec les jeunes qu’ils accompagnent au quotidien, les familles, les bénévoles et les collaborateurs de la fondation.

La fondation Apprentis d’Auteuil agit depuis 150 ans pour former et éduquer la jeunesse en difficulté. Avec plus de 80 formations, nous aidons les jeunes en difficulté à s’insérer dans la société tout en accompagnant les familles dans leur rôle éducatif. Nous agissons au plus près des familles avec des structures d’accueil pour enfants ou adolescents en difficultés confiés par les parents ou l’aide sociale à l’enfance. Nous proposons des accompagnements avec ou sans internat. 5 000 collaborateurs aident chaque jour à la prise en charge des jeunes en difficultés et à lutter contre l’échec scolaire. Ils contribuent à leur construire un projet de vie avec un parcours personnalisé. Ce soutien aux jeunes en difficulté et aux enfants déscolarisés permet de découvrir le potentiel et le talent de chacun d’entre eux. Pour soutenir notre association d’aide à l’enfance – n’hésitez pas à faire un don à notre fondation. Apprentis d’auteuil – fondation protection de l’enfance.