Décrochage scolaire, des solutions à Apprentis d'Auteuil

Décrochage scolaire, des solutions à Apprentis d'Auteuil

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Apprentis d’Auteuil a fait de la prévention du décrochage scolaire un des axes majeurs de son action, dans de multiples dispositifs. L’enjeu : l’insertion future des jeunes dans la société.

Les constats

Le nombre de jeunes de plus de 16 ans qui quittent le système scolaire obligatoire sans aucun diplôme a régulièrement baissé ces cinq dernières années en France. La raison ? Une politique de lutte contre le décrochage scolaire, alliée à des actions de prévention, qui portent des fruits. Mais ce nombre est encore très élevé. Il est évalué à 80 000 environ (ministère de l'Éducation nationale).
Or, on le sait grâce aux nombreuses études publiées sur le sujet, le manque de diplôme et de qualification a des conséquences graves sur l'avenir des jeunes et leur insertion professionnelle.

Apprentis d’Auteuil, qui accueille des jeunes aux parcours scolaires souvent chaotiques, connaît bien cette problématique complexe. "Pour l’élève qui décroche lors d’un cours ou plus largement, de l’école, il existe des solutions pédagogiques, explique Christine Rossignol, responsable de ces questions à la fondation. Si les symptômes de décrochage ont des causes multiples – pas seulement scolaires – il faut une approche pluridisciplinaire, en alliance avec la famille. Enfin, quand un jeune a déjà un pied et demi dehors, la réponse est aussi sociétale : il faut lui donner envie de grandir, lui donner foi en l’avenir. C’est ainsi qu’il arrivera à se remobiliser et se réinscrire dans les apprentissages."

Accrocher dès la maternelle

 

"Une grande part du décrochage s’enracine dès la grande section de maternelle, poursuit Christine Rossignol. Au cœur de la problématique, la question du langage, le manque de vocabulaire, les difficultés d’inclusion au sein d’un groupe, mais également l’histoire de la famille par rapport à l’école, ses difficultés par rapport à la langue. Il faut donc accrocher l’enfant et sa famille."
À l’école Saint-Pierre (Villeneuve-le-Comte, 77), les enseignants sont attentifs à ceux qui ne font pas des phrases complètes ou ne disposent pas d’un lexique suffisamment large pour pouvoir exprimer des sentiments ou des demandes… "Quand les enfants cumulent problèmes de graphisme, de langage et d’abstraction, des prises en charge multiples sont proposées aux parents, qu’il faut convaincre, explique Marie-George Rocton, la directrice. Cela prend du temps…" Il y a pourtant urgence : un enfant qui entre en CP avec des bases fragiles ne pourra pas apprendre à lire en un an.

Au primaire, dépasser les difficultés

 

Palier suivant, l’école primaire. "La plupart de nos élèves ont déjà vécu un retard pouvant aller jusqu’à deux ans", explique Maxime Michel, directeur et enseignant à l’école primaire Giorgio Frassati  (Le Vésinet, 78). L’équipe pédagogique a créé des groupes de besoins en français et en maths, avec bilans réguliers. Elle a également mis en place un emploi du temps individualisé pour reprendre confiance en soi.

Le décloisonnement est également pratiqué dans d'autres établissements d'Apprentis d'Auteuil, comme l'école Vitagliano, à Marseille.
Les Services d’accueil de jour éducatifs répondent aussi aux besoins d’élèves décrocheurs ou en risque. Exemple, Janusz Korczak, qui accompagne à Paris des enfants âgés de 5 à 13 ans, et leur famille. "Mon petit garçon a huit ans. Le SAJE l’aide à se poser en classe, à se concentrer, à se comporter comme un élève, explique Mme D. Maintenant en CE2, il a fait de gros progrès. Beaucoup reste à faire, mais il a déjà acquis les bases du comportement face à la scolarité."

Au collège, redonner le goût d'apprendre

 

Au collège, le processus de décrochage devient visible. "Il y a ceux qui s’ennuient et mettent le bazar, et les autres au fond de la classe, silencieux. Dans nos établissements, l’alliance éducateurs/enseignants est primordiale, ainsi que les solutions intra- et extrascolaires", explique Cécile Lognoné, spécialiste des questions scolaires à Apprentis d’Auteuil.

Ouvert depuis 2005, l’atelier relais Osée (Toulouse, 31) accueille des jeunes de la 6e à la 3e en session de plusieurs semaines, avant qu'ils ne regagnent leur établissement d'origine. Certains, absentéistes chroniques, souffrent de troubles du comportement ou d’addictions, et sont parfois en conflit avec leur famille. Le programme consiste en une remise à niveau en français et maths, par petits groupes, alliée à  diverses activités pour redonner goût à l’univers scolaire … Élément essentiel, la famille est associée à cette dynamique. 

À la Maison d’enfants Sainte-Thérèse (75), la plateforme de remobilisation ouverte aux 13-16 ans a adopté une grande souplesse de fonctionnement. Les éducateurs s’appuient sur les compétences des élèves, et mettent en place des ateliers individuels et collectifs. C’est un mixte entre pédagogie et éducatif qui nécessite une grande capacité d’innovation."

À Meudon (92), le Programme d’accompagnement des adolescents de 13 à 16 ans (Step by Step) vise les élèves scolarisés en 4e ou en 3e).
Destiné aux plus grands, le dispositif de raccrochage et de préparation à  l’apprentissage (DRPA) du collège ressources Saint-Jacques (Fournes-en-Weppes, 59), propose aux jeunes en voie de déscolarisation un parcours individualisé et une alternance cours et stage en entreprise. "Il allie accueil, expérimentation, sécurisation et insertion, avec un dispositif renforcé pour les 4e-3e", résume Mohamed Masrouhi, le responsable, également formateur.
"Avant, raconte Nicolas, 16 ans, je ne me levais plus pour aller en cours. Et quand j’y allais, j’avais la boule au ventre. Maintenant, je suis content d’y aller. Les profs sont à l’écoute. C’est intéressant d’apprendre des connaissances." Ce dispositif est cofinancé par le Fonds Social Européen- Initiative  Emploi des Jeunes dans le cadre du Programme Opérationnel Régional Hauts de France.

Bruno Suchaut, professeur à l'université de Lausanne

Comment expliquez-vous l’ampleur du décrochage scolaire en France ?
Les dispositifs mis en place à l’attention des décrocheurs avec comme objectif principal un retour à la formation ne sont sans doute pas des solutions suffisantes. Il est nécessaire de réfléchir et d’agir en amont des parcours scolaires en s’assurant que tous les élèves maîtrisent les compétences de base à la sortie de l’école primaire et bénéficient d’un fort soutien et d’un accompagnement durant les années de collège.

Que pouvons-nous apprendre d’autres systèmes éducatifs qui font réussir les plus fragiles ?
Le système éducatif français a beaucoup évolué ces dernières décennies avec un nombre important de réformes, mais cette évolution est insuffisante au regard de celles du public d’élèves. Notre système reste encore trop marqué par une vision élitiste de la réussite scolaire, et les filières professionnelles restent bien souvent un choix par défaut pour les élèves qui ne réussissent pas dans la voie générale. Certains pays comme l’Allemagne ou la Suisse valorisent beaucoup plus les formations technologiques et professionnelles et de nombreuses passerelles existent pour permettre aux élèves de réaliser des parcours diversifiés et mieux adaptés à leurs besoins. C’est donc principalement les questions de l’orientation, de la transition entre les cycles et de la formation professionnelle sur lesquelles il faut mettre des moyens, sans pour autant négliger, en amont, les mesures qui favorisent la maîtrise des outils fondamentaux, l’apprentissage de la langue notamment.


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Du lundi au vendredi de 9 h à 13 h et de 14 h à 18 h
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La fondation Apprentis d’Auteuil agit depuis 150 ans pour former et éduquer la jeunesse en difficulté. Avec plus de 80 formations, nous aidons les jeunes en difficulté à s’insérer dans la société tout en accompagnant les familles dans leur rôle éducatif. Nous agissons au plus près des familles avec des structures d’accueil pour enfants ou adolescents en difficultés confiés par les parents ou l’aide sociale à l’enfance. Nous proposons des accompagnements avec ou sans internat. 5 000 collaborateurs aident chaque jour à la prise en charge des jeunes en difficultés et à lutter contre l’échec scolaire. Ils contribuent à leur construire un projet de vie avec un parcours personnalisé. Ce soutien aux jeunes en difficulté et aux enfants déscolarisés permet de découvrir le potentiel et le talent de chacun d’entre eux. Pour soutenir notre association d’aide à l’enfance – n’hésitez pas à faire un don à notre fondation. Apprentis d’auteuil – fondation protection de l’enfance.