« Développons la culture de l’information et du numérique des élèves »

« Développons la culture de l’information et du numérique des élèves »

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Hélène Mulot est professeure documentaliste au collège Saint-Jean d’Apprentis d’Auteuil. Dans cette interview, Hélène nous présente son métier, aborde la question de l’éducation aux médias et à l’information auprès des jeunes d'Apprentis d'Auteuil et revient sur Edumix, l’événement participatif organisé par le collège les 9 et 10 mars derniers.

Comment devient-on professeure documentaliste ?

C’est un métier par lequel on entre en passant un CAPES de documentation, le concours pour devenir enseignant. La circulaire de mission fixe quatre objectifs : enseigner une culture de l’information notamment à travers l’Education aux médias et à l’information (EMI), porter la politique documentaire dans un établissement, gérer un centre de ressources documentaire (le CDI) et contribuer à l’ouverture de l’établissement sur son environnement éducatif et culturel.

Comment exercez-vous cette mission au collège Saint-Jean à Saint-Sulpice (81) ?

Pour les jeunes d’Apprentis d’Auteuil, il est nécessaire de développer une culture citoyenne autour de la culture de l’information et du numérique car ils manquent, peut-être plus que les autres jeunes, de références culturelles, médiatiques qu’ils n’ont pas toujours à la maison ou dans leur entourage. J’interviens dans le cadre de séances pour des cours co-construits avec un autre enseignant. J’essaye également de renforcer leur ouverture à l’autre, leur motivation à apprendre à travers des propositions d’ateliers. Ces temps d’apprentissage ont lieu sur la pause méridienne. Les élèves choisissent leur activité et surtout en proposent. Cela peut prendre la forme d’un cours de langage des signes, d’origami ou un exposé sur les silex et la préhistoire. Au CDI, on peut développer des compétences scolaires bien sûr mais aussi des compétences psychosociales comme l’estime de soi, la gestion des émotions, la résolution de problèmes, savoir communiquer ou encore le développement de l’esprit critique.

Vous souhaitez également promouvoir « les communs de la connaissance », une nouvelle façon de travailler avec les élèves.

Les communs sont des activités qui offrent la possibilité à une communauté de s’organiser selon une gouvernance lui permettant de gérer, générer et préserver des ressources. Mais plus encore, les communs sont un cadre de pensées qui englobe la société toute entière à l’heure de la transition digitale. Ce qui m’intéresse, c’est de voir comment ces communs viennent irriguer notre enseignement, notre pédagogie et les apprentissages des élèves. Concrètement au CDI, cela consiste à proposer une multitude de dispositifs où chaque élève peut développer à la fois ses propres apprentissages, des apprentissages interpersonnels et des capacités individuelles. Personnellement, je contribue au site Doc pour Docs basé sur la mutualisation, la coopération et au sein du collectif SavoirsCom1.

Le collège Saint-Jean a organisé les 9 et 10 mars derniers, Edumix, un événement participatif pour repenser le collège. Pourquoi ?

Edumix avait pour sous-titre « Pour un collège apprenant ». Pendant deux jours, nous avons reçu des personnes extérieures à l’établissement pour réfléchir tous ensemble à une autre façon de vivre et d’enseigner dans notre collège, notamment à travers la transition digitale que nous vivons actuellement. Ce nouvel environnement numérique questionne notre posture d’enseignant et d’éducateur. Cet événement était inscrit dans une démarche engagée par l’établissement depuis 8 ou 9 ans à travers un « pédagolab », un groupe de travail entre enseignants pour échanger autour des outils numériques, une démarche ou un projet.

Photo d'ouverture : CDI de Saint-Gabriel à Bagneux

La fondation Apprentis d’Auteuil agit depuis 150 ans pour former et éduquer la jeunesse en difficulté. Avec plus de 80 formations, nous aidons les jeunes en difficulté à s’insérer dans la société tout en accompagnant les familles dans leur rôle éducatif. Nous agissons au plus près des familles avec des structures d’accueil pour enfants ou adolescents en difficultés confiés par les parents ou l’aide sociale à l’enfance. Nous proposons des accompagnements avec ou sans internat. 5 000 collaborateurs aident chaque jour à la prise en charge des jeunes en difficultés et à lutter contre l’échec scolaire. Ils contribuent à leur construire un projet de vie avec un parcours personnalisé. Ce soutien aux jeunes en difficulté et aux enfants déscolarisés permet de découvrir le potentiel et le talent de chacun d’entre eux. Pour soutenir notre association d’aide à l’enfance – n’hésitez pas à faire un don à notre fondation. Apprentis d’auteuil – fondation protection de l’enfance.