Ados et devoir de mémoire, une éducation à la paix

Ados et devoir de mémoire, une éducation à la paix

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Depuis trois ans, la Maison d’enfants Saint-Benoît de Seynod, en Haute-Savoie, propose aux jeunes expositions, visites de musées, sorties, rencontres et voyages sur le thème du devoir de mémoire. Une belle occasion de s’ouvrir à la vie.

Ce mercredi, un petit groupe de la Maison d’enfants Saint-Benoît s'est retrouvé autour de Marie Diop, éducatrice spécialisée, pour discuter de leur programme "Devoir de mémoire". Parmi les propositions, la découverte des plages du débarquement.
À l’origine de la démarche lancée il y a trois ans, Jean-François Dietlin, directeur de l’établissement, explique : "Permettre à nos jeunes de se souvenir ou de découvrir des évènements historiques tragiques, afin qu’ils ne se reproduisent plus, est pour moi une excellente manière de participer à l’éducation à la paix. Le devoir de mémoire regroupe de nombreux champs, éducatifs, pédagogiques et affectifs. C’est aussi pour les adolescents que nous accueillons la possibilité d’inscrire leur vie dans une histoire plus vaste et ainsi, de mieux se situer et de grandir."

Rencontres, sorties et voyages

Depuis le début de l'aventure, l’établissement a proposé toute une série de rencontres et de sorties dans les environs d’Annecy.  Deux voyages ont été organisés, l'un à Verdun en 2016, autour de la Première guerre mondiale, l'autre à Berlin, épicentre de l’histoire du XXe siècle, l'année suivante... "Nous avons la chance de pouvoir déployer ce programme auprès d’adolescents motivés", poursuit le directeur.

Comme Manon, qui représentait la Maison d’enfants à la commémoration du centenaire de la Grande Guerre, le 11 novembre dernier à Seynod. "J’ai aussi eu la chance de partir l’an dernier à Berlin, souligne l'adolescente. Le fait de se rendre sur place permet de mieux comprendre le nazisme et ses aberrations. Cela fait réfléchir !"

Même écho chez Raphaëlle, 17 ans, membre du groupe depuis ses origines. "Les cours d’histoire, ce n’est pas mon truc, explique la jeune fille, mais je reconnais que ces moments de rencontres et de voyages resteront gravés dans ma mémoire. En particulier, notre voyage au Sénégal et notre travail sur l'histoire des tirailleurs. Depuis, je regarde la vie différemment."

Les soldats oubliés de la Seconde Guerre mondiale

Au cours de ce chantier de solidarité exceptionnel, huit adolescents de la Maison d’enfants ont travaillé avec des jeunes Sénégalais de l’association La Liane à Saint-Louis, sur les thèmes de l’esclavage, de la colonisation et des tirailleurs. Tous étaient formés et accompagnés par Julien Masson, photographe documentariste et animateur de projets pédagogiques, auteur de Mémoire en marche, sur les traces des tirailleurs sénégalais de 1939-1945 (1).
De cette expérience est né un film de 52 minutes sur les tirailleurs sénégalais, (voir encadré), ce corps de l'armée coloniale créé en 1857 au Sénégal et composé de soldats de toute l'Afrique subsaharienne, qui ont débarqué en août 1944 sur les plages de Provence pour libérer la France.

"Cette aventure a permis aux jeunes de franchir de réelles étapes", souligne Marie Diop. En rendant un nom et un visage à des héros méconnus, les uns et les autres ont en même temps mené une réflexion sur l’identité de la France et sa diversité." Et mieux compris que la Seconde Guerre mondiale est une histoire partagée entre plusieurs peuples qui font l'histoire de France.

(1) un long projet documentaire (film diffusé sur TV5, web documentaire pour RFI, exposition et livre) réalisé entre 2012 et 2016

 

 

Le mot de Julien Masson, documentariste

"Avec les ados de la MECS de Seynod, l’été dernier, nous avons vécu quelque chose de formidable autour du devoir de mémoire avec ces anciens tirailleurs sénégalais. Ce n’était pas gagné d’avance, mais au fil du temps, la magie a opéré. Les jeunes se sont pris au jeu. Le projet initial d’une série de diaporamas sonores est devenu au fil du temps un vrai film de 52 minutes.
Avec mon co-équipier de La Liane, l’association sénégalaise, nous les avons fait travailler par équipe : son, image, interview. Chez certains, un déclic hyper fort s’est même produit. J'ai été surpris à la fois du résultat final et de la transformation intérieure de beaucoup. On oublie souvent une chose essentielle : l’art, la culture et l’expression épanouissent, rapprochent les gens et ouvrent des horizons insoupçonnés."

La fondation Apprentis d’Auteuil agit depuis 150 ans pour former et éduquer la jeunesse en difficulté. Avec plus de 80 formations, nous aidons les jeunes en difficulté à s’insérer dans la société tout en accompagnant les familles dans leur rôle éducatif. Nous agissons au plus près des familles avec des structures d’accueil pour enfants ou adolescents en difficultés confiés par les parents ou l’aide sociale à l’enfance. Nous proposons des accompagnements avec ou sans internat. 5 000 collaborateurs aident chaque jour à la prise en charge des jeunes en difficultés et à lutter contre l’échec scolaire. Ils contribuent à leur construire un projet de vie avec un parcours personnalisé. Ce soutien aux jeunes en difficulté et aux enfants déscolarisés permet de découvrir le potentiel et le talent de chacun d’entre eux. Pour soutenir notre association d’aide à l’enfance – n’hésitez pas à faire un don à notre fondation. Apprentis d’auteuil – fondation protection de l’enfance.