École à la maison : élèves, parents et enseignants témoignent

École à la maison : élèves, parents et enseignants témoignent

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Depuis le 17 mars, tous les établissements scolaires d'Apprentis d'Auteuil sont fermés, comme le sont tous les établissements en France. Comment élèves, parents et enseignants vivent-ils cette nouvelle expérience "d'école à la maison" ou à distance en cette période de confinement ? Voici leurs réponses.

« Depuis que le collège est fermé, nous ne travaillons plus du tout de la même façon, explique Maël, 14 ans, (en photo) en 4ème au collège Saint-Jean situé à Saint-Sulpice (81) à 30 km de Toulouse. Les professeurs nous envoient le travail sur la plateforme numérique "Ecole directe" et nous répondons par mail. La semaine prochaine nous devrions essayer de suivre un cours en classe virtuelle. Dans cette période de confinement, il faut apprendre à travailler plus souvent tout seul. Quand je ne comprends pas, je demande de l'aide à ma mère qui ne télétravaille pas car son entreprise a fermé. » «  Nous essayons de garder un rythme assez proche de celui du collège pour ne pas perdre nos repères, explique Carole sa maman. Depuis que le collège a fermé, j'ai l'impression d'être devenue le coach personnel de mon fils !, dit-elle avec le sourire. Nous nous levons vers 9h et nous faisons des séances de travail le matin et l'après-midi, entrecoupées de séances de trampoline dans le jardin. Nous avons la chance d'avoir une maison avec un jardin donc le confinement est plutôt confortable. Certaines familles se retrouvent confinées dans un appartement avec balcon. Là, c'est plus dur.  » «  Ce qui me manque le plus, ajoute Maël, c'est de voir mes copains, de sortir faire du sport, du vélo... J'ai hâte de pouvoir retourner au collège.  »

"Nous avons dû revoir tous nos cours"


« Depuis que nous faisons la classe à distance, nous avons dû revoir tous nos cours pour les clarifier, les simplifier, pour ajouter des contenus vidéos ou des liens vers des ressources extérieures, explique, Candice Chabanier, enseignante en physique-chimie au collège Saint-Jean. Cela a représenté un énorme travail d'adaptation pour tous les enseignants  ! En parallèle, nous avons maintenu des réunions d'équipe entre enseignants via le logiciel "Teams". Nous avons même pu faire des conseils de classe en visio à 13  ! Dans ces circonstances exceptionnelles, nous travaillons différemment. Nous essayons de rassurer les élèves. Nous leur expliquons que tous les exercices ne sont pas à rendre ou qu'ils ne seront pas forcément notés. L'important est de garder le lien. Certains élèves ne répondent pas du tout. Ceux qui qui étaient déjà en difficulté, le sont encore plus aujourd'hui. Plusieurs n'ont pas de matériel ou de parents à la maison susceptibles ou disponibles pour les aider. Les éducateurs du collège font également le tour des familles pour leur venir en aide si besoin. Cette crise aura au moins l'avantage de nous apprendre, élèves et enseignants, à travailler autrement. Le travail à distance demande plus d'autonomie, de travail en équipe, de coopération... Autant de compétences qui seront utiles quand nous reviendrons en classe. »

Au lycée horticole Notre-Dame


«  Au lycée horticole, qui scolarise 160 élèves, nous nous sommes organisés pour maintenir une continuité pédagogique pour les jeunes qui ont pu rentrer chez eux et aussi pour la cinquantaine d’élèves, accueillis en Maison d’enfants, qui sont restés sur place, explique Jimmy Joly, responsable pédagogique au lycée horticole et paysager Notre-Dame des Jardins. L’équipe a mis en place une permanence  : chacun de nous est présent 2 à 3 jours par semaine sur le site pour être en lien avec les enseignants et les professeurs principaux. Les jeunes préparent le brevet, un CAP, un bac pro. Nous veillons également à l’entretien des 20 hectares du domaine du château des Vaux et à la production horticole, avec des enseignants techniques, en appui du chef des travaux.

Plus d’une centaine d’élèves ont pu rentrer au domicile familial. Pour poursuivre leurs études, ils se connectent via Ecoledirecte.com, où ils trouvent des ressources et des travaux scolaires. Les 10 professeurs principaux appellent chacun de leurs élèves, avec leur famille, une à deux fois par semaine. C’est un lien très important pour le suivi scolaire et au-delà, pour leur maintenir le moral : les élèves disent comment ça se passe pour eux au domicile, comment ils travaillent, quelles sont leurs difficultés. Ils sont très demandeurs de ces contacts. Un sujet les inquiète : les examens de fin d’année, et la façon dont ils se tiendront.

Situation difficile pour certains élèves

Pour certains jeunes, la situation est très compliquée  : ils n’ont pas Internet chez eux. Ils travaillent grâce à leur téléphone portable, ce qui est une difficulté supplémentaire. D’autres n’ont pas d’ordinateurs, et travaillent à partir de leur téléphone. Certains vivent dans des conditions très précaires. Enfin, nous avons perdu la trace de 7 à 8 élèves, qui commencent à décrocher au terme de la 3e semaine de confinement. Pour quelques jeunes, nous communiquons par voie postale ou via les mails pro des parents. Nous avons aussi une classe accueillant des Mineurs non accompagnés : une enseignante dédiée continue la prise en charge, en particulier pour le français langue étrangère et les savoirs de base. Pour chacun des jeunes, nous travaillons en concertation avec les éducateurs, qu’ils soient de vie scolaire, d’internat éducatif et scolaire, ou en Maison d’enfants.
Ensuite, chaque professeur principal dresse pour chacun de ses élèves un bilan hebdomadaire, que nous partageons entre nous pour suivre l’évolution. L’idée est bien d’assurer cette continuité pédagogique indispensable et déjà, de penser à l’après confinement. »

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La fondation Apprentis d’Auteuil agit depuis 150 ans pour former et éduquer la jeunesse en difficulté. Avec plus de 80 formations, nous aidons les jeunes en difficulté à s’insérer dans la société tout en accompagnant les familles dans leur rôle éducatif. Nous agissons au plus près des familles avec des structures d’accueil pour enfants ou adolescents en difficultés confiés par les parents ou l’aide sociale à l’enfance. Nous proposons des accompagnements avec ou sans internat. 5 000 collaborateurs aident chaque jour à la prise en charge des jeunes en difficultés et à lutter contre l’échec scolaire. Ils contribuent à leur construire un projet de vie avec un parcours personnalisé. Ce soutien aux jeunes en difficulté et aux enfants déscolarisés permet de découvrir le potentiel et le talent de chacun d’entre eux. Pour soutenir notre association d’aide à l’enfance – n’hésitez pas à faire un don à notre fondation. Apprentis d’auteuil – fondation protection de l’enfance.