Aude Le Mentec, directrice de crèche - La fibre sociale en héritage

Aude Le Mentec, directrice de crèche - La fibre sociale en héritage

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Elle aime le monde associatif et les nouveaux défis. Directrice de la crèche Balthazar, établissement d’Auteuil Petite Enfance implanté dans un quartier prioritaire de Strasbourg (67), Aude Le Mentec s’efforce de donner aux enfants - et à leurs parents - le meilleur bagage pour leur avenir.

« Je baigne dans le social depuis ma plus tendre enfance, confie Aude Le Mentec. Ma mère, cadre infirmier et créatrice d’une maison de retraite associative, m’a permis de découvrir l’humanité dans toute sa splendeur : le respect des aînés, la générosité, mais aussi la vieillesse et la fin de vie. »
Après un DEUG de psychologie et des années à répéter qu’elle n’enfilerait jamais la blouse blanche, la jeune fille entre à son tour à l’école d’infirmière. Elle passe par les urgences ou la réa, mais sait déjà ce qui la fait vibrer : l’humain et ses fragilités.
Les premières années, Aude Le Mentec travaille dans le domaine de l’addiction : l’anorexie mentale puis l’héroïne et la cocaïne. Elle rencontre des prostituées, et des femmes fragilisées : « Beaucoup ont eu des enfants, et petit à petit, j’ai glissé dans la prise en charge des familles en difficulté. »

En 2012, elle arrive à la fondation comme cheffe de service au relais familial Coup d’Pouce 92. Une rencontre coup de cœur avec Apprentis d’Auteuil, qui lui offre 6 ans plus tard un défi de taille : devenir directrice de la crèche Balthazar à Strasbourg.
Après 15 années parisiennes, l’amoureuse de nouveaux challenges embarque son mari et ses 3 enfants en Alsace : « J’ai eu la chance de changer de vie tout en restant à la fondation, dont je partage les valeurs, les convictions… et l’envie de toujours innover. »

« Je sais pourquoi je me lève le matin »

Aude Le Mentec découvre le quartier Hautepierre, « qui compte 55 nationalités et 50% de la population sans emploi » et la crèche Balthazar, qui accueille aujourd’hui 67 familles - dont une vingtaine en grande difficulté. « Des parents précaires, réfugiés ou isolés, des mères célibataires ou des femmes victimes de violences conjugales… qu’on accompagne au quotidien. Je sais pourquoi je me lève le matin, on ne travaille pas pour rien ! »

Celle qui ne pourrait exercer dans une crèche de centre-ville aspire à donner à tous les mêmes chances. « Je crois qu’on peut réduire les inégalités sociales en agissant dès le plus jeune âge. Il existe un tel fossé entre les enfants qui arrivent à l’école maternelle ! »
Pour pallier les retards de langage, l’équipe mise sur la langue des signes. « Nous avons aussi créé une salle zen pour stimuler les enfants », explique-t-elle avec enthousiasme. Avant de décrire les colonnes à bulles, les projecteurs de couleurs et autres balles sensorielles à picots et lumières.

Ce qui l’anime aussi ? Épauler les familles les plus fragiles. Ainsi, la crèche est ouverte de 5h30 à 22h pour accueillir les enfants dont les parents travaillent en horaires décalés. Crèche à vocation d’insertion professionnelle (AVIP), elle accompagne une poignée de pères ou de mères dans leurs recherches, en partenariat avec Pôle emploi et les missions locales. Ateliers langues des signes ou sommeil des tout-petits, l’équipe soutient aussi les parents dans leur rôle éducatif. « Une fois par mois, nous les invitons à créer du lien à La Papoterie. J’arrive avec le café, les croissants... et les laisse papoter. Les familles participent activement à la vie de la crèche, même si c’est plus difficile avec le Covid. »

"Nous sommes là pour les familles"

Depuis un an, les règles changent tout le temps, mais Aude Le Mentec garde le cap pour les familles et les enfants. Pendant le premier confinement, la crèche est restée ouverte. « J’ai un mari génial qui a assuré la classe de maternelle, primaire et collège à la maison », souligne-t-elle.
Un an plus tard, l’établissement a dû fermer ses portes le temps du troisième reconfinement. L’équipe a appelé les familles, proposé des colis alimentaires pour nourrir les bébés... et des activités pour occuper les petits confinés sur le blog La Balthazar Family.

Lancé cette année, ce blog fait la fierté de la directrice. « Nous partageons la vie de notre crèche, les projets que nous réalisons, les signes ou les comptines que nous apprenons… Certains parents ont découvert avec surprise la richesse des journées passées par leur enfant. »
Comme elle le dit si bien, Aude Le Mentec - et celle qu’elle appelle son équipe de choc - ne travaillent pas pour rien.


La fondation Apprentis d’Auteuil agit depuis 150 ans pour former et éduquer la jeunesse en difficulté. Avec plus de 80 formations, nous aidons les jeunes en difficulté à s’insérer dans la société tout en accompagnant les familles dans leur rôle éducatif. Nous agissons au plus près des familles avec des structures d’accueil pour enfants ou adolescents en difficultés confiés par les parents ou l’aide sociale à l’enfance. Nous proposons des accompagnements avec ou sans internat. 5 000 collaborateurs aident chaque jour à la prise en charge des jeunes en difficultés et à lutter contre l’échec scolaire. Ils contribuent à leur construire un projet de vie avec un parcours personnalisé. Ce soutien aux jeunes en difficulté et aux enfants déscolarisés permet de découvrir le potentiel et le talent de chacun d’entre eux. Pour soutenir notre association d’aide à l’enfance – n’hésitez pas à faire un don à notre fondation. Apprentis d’auteuil – fondation protection de l’enfance.