Priscillia George, une jeune ancienne au Ritz de Montréal

Priscillia George, une jeune ancienne au Ritz de Montréal

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Jeune ancienne des établissements Daniel Brottier (Bouguenais, 44), Priscillia George a posé ses valises à Montréal et officie à présent dans les cuisines du Ritz. Récit d'un beau parcours.

Découverte

Je viens de Pont-Saint-Matin, près de Nantes. Je suis arrivée en 2005 à la Maison Daniel Brottier (Bouguenais, 44). J’ai découvert l’établissement - le lycée professionnel et l'internat - lors de ma semaine d’intégration : quatre jours en cuisine, suivi d’un dernier jour au self, les nuits à l’internat. Ça m’a tout de suite plu.
Avant, j’étais scolarisée en seconde générale à Rezé. C’était un échec, je n’avais que de mauvaises notes. Mais dès l’instant où je suis entrée à la MDB, mes notes sont remontées. Ma famille était contente et moi aussi. C’est la cuisine qui m’intéresse, et ce, depuis toute petite. J’ai souvent cuisiné avec ma mère pour faire des desserts et essayer plein de choses. J’ai toujours été attirée par ça !

L'apprentissage de l'autonomie

À l’internat, nous étions deux par studio, ma coloc étudiait au lycée agricole de Bouaye en formation soigneur d’équidés. Chacun avait un budget hebdomadaire. Ça responsabilise et ça apprend la valeur de l’argent. Il fallait faire tout avec, aussi, on se regroupait à six pour que cela revienne moins cher et que le quotidien soit plus agréable, un peu comme dans une famille. On partait faire les courses ensemble. Il y avait l’étage des filles, et celui des garçons. On mangeait ensemble, et on s’aidait aussi pour les devoirs.

Les années d’études

Nous avions une éducatrice sur l’étage – Stéphanie – elle était toujours là pour aider. J’ai toujours eu du soutien et de l’attention. Et tous les autres aussi. C’était très différent de ce que j’avais connu : les adultes étaient à l’écoute. C’était propice pour bien apprendre.
Après un tronc commun service-cuisine, j’ai opté pour la cuisine. J’aimais particulièrement les cours de gestion et la pratique. J’ai eu mon BEP en 2007, après j’ai fait un stage aux Capucines, un bon traditionnel près de la place Graslin, à Nantes. Puis, j’ai poursuivi mes études au CIFAM à Sainte-Luce en apprentissage. Ça s’est super bien passé.

Cap sur le Canada

Après mon diplôme, j’ai enchaîné sur le travail : une saison dans un camping, quelques mois chez un traiteur, puis dans un pub. Mon but, c’était de mettre de l’argent de côté pour partir au Canada. Mon rêve ! Je voulais partir, découvrir une autre culture, la nature aussi. Avec un copain du CIFAM, nous avons monté notre dossier pour le Permis Vacances Travail. En plus des sous, il fallait un CV et une lettre de motivation. 

En route pour Montréal

Nous avons débarqué à Montréal en plein mois de janvier, avec notre petit équipement Décathlon. Un choc ! Nous avions juste réservé une semaine dans un hôtel. Nous avons cherché un logement et nous sommes partis déposer des CV partout. Mon premier job, c’était un resto de cuisine française sur la rue Saint-Denis, dans le centre de Montréal. J’ai enchaîné différents boulots. Puis je suis partie au restaurant du centre Bell, le 9-4-10 (le grand complexe sportif et culturel de Montréal, ndlr).
Mon copain a tenu un an, puis il a eu le mal du pays et il est rentré. Moi, je suis restée. Les Québécois sont super accueillants, cela a été super facile de s’intégrer. Après, il y a ceux qui veulent et ceux qui ne veulent pas, qui restent tout le temps entre Français !

Au centre Bell, le sous-chef, un Français, voyait bien que je m’ennuyais : ce n’est pas très compliqué comme cuisine. Alors, quand il est devenu chef au Ritz, il m’a proposé de m’emmener avec lui. J’ai commencé comme commis 2, je suis passée commis 1, et depuis 2 ans, je suis chef de partie (c’est moi qui commande aux commis !) On est une douzaine aux cuisines. Tout le monde s’entend bien, il y a une très bonne ambiance, pas de stress. L’équipe est assez internationale. La carte est belle. On propose, entre autres, un contre-filet de bœuf mariné à la bière québécoise, délicieux, de même que le gratin dauphinois (je ne m’occupe pas des desserts, par contre, nous, les cuisiniers, on va les manger).
C’est un pays génial ! Je fais du sport, je voyage : la Gaspésie, les Laurentides, New York… Ici, la qualité de vie et l’ambiance sont très différentes. Je ne vais pas au travail à reculons. Avec ma famille, on communique par skype. Oui, je suis très heureuse ici. Je me suis épanouie, j’ai évolué personnellement et j’ai beaucoup appris sur moi.

La fondation Apprentis d’Auteuil agit depuis 150 ans pour former et éduquer la jeunesse en difficulté. Avec plus de 80 formations, nous aidons les jeunes en difficulté à s’insérer dans la société tout en accompagnant les familles dans leur rôle éducatif. Nous agissons au plus près des familles avec des structures d’accueil pour enfants ou adolescents en difficultés confiés par les parents ou l’aide sociale à l’enfance. Nous proposons des accompagnements avec ou sans internat. 5 000 collaborateurs aident chaque jour à la prise en charge des jeunes en difficultés et à lutter contre l’échec scolaire. Ils contribuent à leur construire un projet de vie avec un parcours personnalisé. Ce soutien aux jeunes en difficulté et aux enfants déscolarisés permet de découvrir le potentiel et le talent de chacun d’entre eux. Pour soutenir notre association d’aide à l’enfance – n’hésitez pas à faire un don à notre fondation. Apprentis d’auteuil – fondation protection de l’enfance.