Un accompagnement social à la conduite routière

Un accompagnement social à la conduite routière

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À Lyon, l’AMEJ, une nouvelle auto-école sociale reprise fin 2013 par Apprentis d’Auteuil, permet à des jeunes de 18 à 25 ans en recherche d’emploi d’accéder au permis de conduire. Reportage. Par Agnès Perrot.

Lyon, un matin de décembre, abords de la gare de la Part-Dieu. À l’étage d’un immeuble imposant, un groupe d’une dizaine de jeunes adultes prépare l’épreuve du code de la route. La leçon porte sur les différences entre distance de réaction, distance de freinage et distance d’arrêt. Des notions délicates à saisir. Pour faire comprendre les subtilités de l’exercice à ses élèves, Samir Inhid, formateur, utilise tour à tour schémas, comparaisons ou répétitions. Une stratégie payante.

Le permis, sésame pour l'emploi

Depuis janvier 2014, 150 stagiaires ont pu bénéficier de la pédagogie déployée par l’auto-école sociale AMEJ (Association pour la mobilité et l’emploi des jeunes), reprise en octobre 2013 par Apprentis d’Auteuil. L’objectif ? Pouvoir passer le permis, sésame pour l’emploi, avec un accompagnement spécifique, un coût réduit (600 € au lieu de 1200 en moyenne) et des délais raccourcis. Le niveau de l’examen s’étant élevé, exigences de la sécurité routière obligent, il est de plus en plus difficile à obtenir. Apprentis d’Auteuil s’est positionné sur la reprise de cette activité qui favorise l’emploi des jeunes, la mobilité étant une des conditions d’une insertion durable.

"La plupart de nos élèves sont sortis du système scolaire depuis longtemps, précise Samir Inhid. Nous devons adapter notre pédagogie en donnant beaucoup d’explications, mais c’est nécessaire.  Avec mes trois collègues, nous encourageons, écoutons, tenons compte des situations personnelles … Nous proposons des examens blancs chaque semaine."  

Côté élèves, la motivation est là également. Issus d’horizons variés (jeunes en formation par alternance, demandeurs d’emploi, en recherche de projet professionnel), les stagiaires présents ce matin bénéficient d’un examen entièrement pris en charge par Arcelor Mittal, dans le cadre d’une "convention de revitalisation". Tous ont en commun l’urgence d’avoir leur permis pour pouvoir travailler. Comme Ambre, qui recherche un poste en pâtisserie et doit se lever tôt le matin, ou Julie, titulaire d’un CAP petite enfance.

"L’absence de permis est un frein pour l’accès à l'emploi chez les 18-25 ans, confirme Nadia Ghazzale, la directrice. Un de nos objectifs principaux, c’est que nos candidats réussissent l’épreuve, bien sûr, mais en réduisant leur temps de parcours, pour qu’ils restent mobilisés. Trop d’élèves lâchent en cours de route. Grâce à une dérogation du préfet à l’égalité des chances, nous venons d’obtenir des places d’examens supplémentaires."

Une pédagogie adaptée

Pour accéder au permis proposé par l’AMEJ, les candidats passent à leur arrivée un test qui détermine le nombre d’heures nécessaire à l’obtention de l’examen : 80 au minimum pour le code et autant pour la conduite. Depuis quelques mois, le dispositif est organisé en sessions de 10 à 20 élèves de niveau homogène.

Le parcours de formation théorique est réparti en trois temps : cinq semaines de cours d’une durée de trois heures sur quatre demi-journées, deux semaines d’évaluations et de cours et enfin, trois demi-journées par semaine, jusqu’à l’obtention du code au centre de tests.

Suit le démarrage de la conduite. À l’AMEJ, elle s’apprend en tandem de deux élèves par véhicule, l’un conduisant l’autre regardant. L’association dispose de quatre véhicules. Depuis peu, les stagiaires sont accueillis quelques matinées par semaine dans les annexes de Rillieux-la-Pape, Vaulx-en-Velin et Villeurbanne, la mixité sociale et géographique faisant partie de la mission d’insertion de l’auto-école. La plupart des candidats sont orientés à l’AMEJ par la Mission locale. Ou de plus en plus par le bouche-à-oreille. Comme Ketsia Rechal, jeune mère de famille. " J’avais entendu parler de l’AMEJ par une amie. J’ai été très bien suivie. Inutile de vous dire que ça motive pour se réorienter professionnellement. Mon projet, c’est de vendre des pierres sur les marchés et de faire des massages à domicile. Sans permis, c’est mission  impossible ! "

Pour cette année, de nombreux changements se profilent à l’association. L’AMEJ souhaite accueillir davantage d’élèves et pas uniquement des 18-25 ans, trouver de nouveaux financements pour améliorer ses conditions d’accueil, mais surtout, améliorer ses résultats déjà très positifs.

 

La fondation Apprentis d’Auteuil agit depuis 150 ans pour former et éduquer la jeunesse en difficulté. Avec plus de 80 formations, nous aidons les jeunes en difficulté à s’insérer dans la société tout en accompagnant les familles dans leur rôle éducatif. Nous agissons au plus près des familles avec des structures d’accueil pour enfants ou adolescents en difficultés confiés par les parents ou l’aide sociale à l’enfance. Nous proposons des accompagnements avec ou sans internat. 5 000 collaborateurs aident chaque jour à la prise en charge des jeunes en difficultés et à lutter contre l’échec scolaire. Ils contribuent à leur construire un projet de vie avec un parcours personnalisé. Ce soutien aux jeunes en difficulté et aux enfants déscolarisés permet de découvrir le potentiel et le talent de chacun d’entre eux. Pour soutenir notre association d’aide à l’enfance – n’hésitez pas à faire un don à notre fondation. Apprentis d’auteuil – fondation protection de l’enfance.