Apprentissage : le gouvernement doit préciser sa feuille de route

Apprentissage : le gouvernement doit préciser sa feuille de route

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Suite à l'annonce du plan d'urgence pour l'emploi, Nicolas Truelle demande, dans une tribune, que les jeunes les plus en difficulté ne soient pas les grands oubliés de ces nouvelles mesures.

Le 18 janvier, lors de ses voeux aux acteurs de l’économie et de l’emploi, François Hollande a présenté une série de mesures pour relancer l’emploi dans notre pays. Plusieurs d’entre elles concernent la jeunesse, dont le président de la République a régulièrement déclaré qu’elle constituait la priorité de son quinquennat. Lors de son discours, il a particulièrement insisté sur le développement de l'apprentissage.

Le président de la République a notamment annoncé qu’un nouveau dispositif permettrait de rendre les titres professionnels délivrés par le ministère du travail accessibles par la voie de l’apprentissage tout au long de l’année. Il a par ailleurs indiqué que le gouvernement accompagnerait les initiatives des régions visant à favoriser le transport et l’hébergement des apprentis.

Malgré la bonne volonté affichée par l’exécutif, ces mesures demeurent imprécises et insuffisantes. Alors que Myriam El Khomri, ministre du Travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social, avait annoncé le 14 janvier (1) que le dispositif viserait en premier lieu « les jeunes décrocheurs », le président de la République n’a apporté aucune précision sur le public visé.

Il s’agit pourtant d’un enjeu crucial. En effet, 110 000 jeunes quittent le système scolaire sans qualification chaque année en France (2). Et on évalue entre 600 000 et 900 000 jeunes de 14 à 25 ans qui ne sont « ni en étude, ni en formation, ni en emploi » (3). Ce serait donc près de 700 000 à 1 million de jeunes dont l’avenir serait compromis dans notre pays.

Un quart des contrats d'apprentissage rompus

Ce sont ces jeunes que côtoient chaque jour les équipes d’Apprentis d’Auteuil. Certains sont chômeurs et anciens décrocheurs. Ce sont des jeunes aux parcours scolaires et personnels souvent difficiles, des jeunes qui ont développé un rejet prononcé pour l’école et qui ont besoin d’un accompagnement adapté vers l’insertion sociale et professionnelle. Si le président de la République a déclaré que l'apprentissage était « une filière de réussite et d'excellence », il n’en demeure pas moins qu’un quart des contrats d’apprentissage de niveau V (CAP, ndlr) ne vont pas à leur terme.

Apprentis d’Auteuil préconise donc la généralisation d’un accompagnement spécifique du jeune vers et dans l’emploi, qui comprenne une phase de compréhension des attendus de l’entreprise. La fondation recommande également la mise en place d’une formation spécifique du tuteur à l’accueil des jeunes les plus fragiles dans l’entreprise et d’une prise en charge globale du jeune, prenant en compte ses problématiques de logement, de transport, de démarches administratives, etc…

Généraliser l'apprentissage

Il est donc nécessaire que le gouvernement prenne des mesures concrètes et efficaces pour généraliser l’apprentissage auprès de tous les jeunes en difficulté, surtout auprès de ceux qui sont les plus éloignés de l’emploi et cela sans attendre la rentrée prochaine. L’encadrement actuel de la période de signature des contrats d’apprentissage (trois mois avant ou après la rentrée en CFA) nous interroge sur la faisabilité d’une entrée en apprentissage tout au long de l’année, comme cela a été annoncé.

Les jeunes les plus vulnérables ne doivent pas être les grands oubliés de ce plan d’urgence. Il est nécessaire de prendre des mesures d’accompagnement fortes pour éviter de nouvelles situations de décrochage, cette fois-ci irréversibles.

Tribune publiée le 26 janvier par le Huffington Post

(1) Les Echos du 14 janvier 2015
(2) Ministère de l’Education nationale, 8 décembre 2015
(3) NEETs, acronyme de Not in Education, Employment or Training

 

 

La fondation Apprentis d’Auteuil agit depuis 150 ans pour former et éduquer la jeunesse en difficulté. Avec plus de 80 formations, nous aidons les jeunes en difficulté à s’insérer dans la société tout en accompagnant les familles dans leur rôle éducatif. Nous agissons au plus près des familles avec des structures d’accueil pour enfants ou adolescents en difficultés confiés par les parents ou l’aide sociale à l’enfance. Nous proposons des accompagnements avec ou sans internat. 5 000 collaborateurs aident chaque jour à la prise en charge des jeunes en difficultés et à lutter contre l’échec scolaire. Ils contribuent à leur construire un projet de vie avec un parcours personnalisé. Ce soutien aux jeunes en difficulté et aux enfants déscolarisés permet de découvrir le potentiel et le talent de chacun d’entre eux. Pour soutenir notre association d’aide à l’enfance – n’hésitez pas à faire un don à notre fondation. Apprentis d’auteuil – fondation protection de l’enfance.