Réussite scolaire : les atouts de l'internat

Réussite scolaire : les atouts de l'internat

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Près de 40 établissements d’Apprentis d’Auteuil - écoles, collèges ou lycées - sont dotés d’internats, dits « éducatifs et scolaires ». Une réponse aux besoins des familles devant les difficultés scolaires et, parfois, comportementales de leur enfant. Et pour les jeunes, un cadre de vie structurant pour repartir du bon pied dans les apprentissages.

Objectif raccrochage scolaire


Notes qui chutent, démotivation, difficultés à se mettre au travail et à s’organiser. Pour de nombreux parents, des raisons scolaires déterminent le choix de l’internat. À la clé, des temps d’étude quotidiens et accompagnés, une vie régulière, des liens étroits entre les pôles éducatif et pédagogique. Fort de son expérience, Apprentis d’Auteuil a peaufiné son offre en termes d’internat, l’adaptant aux problématiques actuelles. L'internat éducatif et scolaire, tel qu'il a été conçu par Apprentis d'Auteuil, est une réponse efficace et adaptée aux problématiques sociales d'aujourd'hui : le décrochage ou l'échec scolaire, l'isolement des familles, la précarité économique des foyers, les problèmes relationnels intra-familiaux...
À l’IES Daniel Brottier (Bouguenais, 44), l’accent est mis sur la méthodologie. « Il s’agit d’apprendre aux plus jeunes à bien travailler, explique Malik Boutouha, chef de service éducatif. Nous travaillons les objectifs avec l’interne et ses parents puis les évaluons en lien avec les pôles scolarité et internat. »
Pour les petits de l’IES Saint-Étienne (Saint-Estèphe, 33), les liens entre l'internat et l’école sont nombreux, souligne Emmanuelle Barsot, la directrice : « Les éducateurs interviennent tous les jours en classe pour voir où en sont les élèves, faire le point pour les devoirs à faire lors de l’étude. Et ils interviennent aussi pour le bilan du conseil de classe hebdomadaire. » 

FINANCER L'INTERNAT EDUCATIF ET SCOLAIRE
Apprentis d’Auteuil développe un programme « Internat éducatif et scolaire » à financer. Il y a urgence ! En effet, le coût d’une place en IES est estimé à 9600 € par an (hébergement, accompagnement éducatif et scolaire), presque entièrement financé par Apprentis d'Auteuil.
-1 % de fonds publics (politique de la Ville, Fonds social européen, Enseignement agricole)
-11 % : contribution des familles (en fonction des capacités financières de chacune)
-88 % issus la générosité privée
 Pour en savoir plus sur les internats éducatifs et scolaires d'Apprentis d'Auteuil : consultez notre page dédiée.

Le rôle clé des éducateurs

Dans tous les IES d'Apprentis d'Auteuil, l'apport et le soutien des éducateurs sont des facteurs déterminants pour la réussite du jeune. Les temps d’études en groupe ou en individuel sont effectués en leur présence. Le jeune peut ainsi demander de l'aide à tout moment. Les IES offrent aussi un choix d’animations variées (artistiques, sportives, culturelles), et surtout, il y règne une réelle bienveillance : il s’agit de réinsuffler de la confiance, là où elle a disparu. Luce Boutrolle, directrice de La Cadène (Labège, 31), souligne : « Les moniteurs éducateurs ont un rôle clé sur l’IES. Ils veillent autant à l’accompagnement du travail scolaire et de sa méthodologie qu’à la prise en charge de l’animation et du vivre ensemble. Le collectif a beaucoup d’importance. »
A noter : ’IES Saint-Etienne, tout comme l’IES Victorine Magne (Lisieux, 14) et l’IES Saint-Paul (Saint-Paul-sur-Isère, 73), bénéficie de tablettes numériques, grâce à une opération de mécénat menée par la Fondation Orange de 2013 à 2015. Un outil précieux pour l’aide aux devoirs et les temps récréatifs, dont l’utilisation est supervisée par des éducateurs et des professeurs formés.

L'INTERNAT EN CHIFFRES

• 36 internats couplés à des établissements (répartis entre primaire (3), le collège et le lycée)
• 17 internats mixtes (unités de garçons et unités de filles)
• 72 % des jeunes accueillis en internat ont entre 12 et 16 ans (chiffres 2015)

L'apprentissage de l'autonomie

Si certaines familles choisissent l’internat pour des raisons de commodité - éloignement du domicile, horaires de travail décalés – d’autres plébiscitent cette solution pour d’autres motifs, comme l’explique Malik Boutouha : «  Des parents nous confient leur enfant en raison de problèmes liés à l’adolescence. Ils sont à bout. Leur commande ? Un cadre structurant et équilibré. »
Les activités proposées, la vie quotidienne et tout ce qu’elle comporte d’incontournables (repas, rangement, nettoyage, partage des tâches…), constituent un socle sur lequel s’appuyer. « Les adolescents viennent également pour être plus autonomes, couper le cordon avec les parents et apprendre à vivre dans un collectif », souligne Luce Boutrolle.
À l’IES Saint-Antoine (Marcoussis, 91), reconnait Denis Dugord, son directeur, « la mixité fait évoluer positivement les comportements. » « Il s’agit de permettre aux jeunes de devenir des citoyens éclairés, en leur apprenant des règles, des conduites, des valeurs », enchaîne Guillaume Soulié, directeur de l’ensemble scolaire Saint-Paul, qui développe par ailleurs une formation Jeunes sapeurs-pompiers, un atout supplémentaire pour acquérir le sens des responsabilités.
Samana, 12 ans, est accueillie depuis quatre ans à l’IES Vitagliano (Marseille, 13). Elle raconte : « J’avais des problèmes de comportement et de travail dans mon ancienne école. Des problèmes de famille aussi. Je n’ai pas vécu le fait de venir ici comme une punition, Je me suis vite adaptée et je sais que j’y suis pour mon bien. »

Prévenir les ruptures parent-enfant

Le dialogue avec la famille est un des éléments essentiels de la réussite. Et parfois, l’internat, une solution vitale pour éviter la rupture du lien parent-enfant. Catherine, maman de Zoé, témoigne (1) : « Zoé est au collège et à l’IES Vitagliano. Avant, ça n’allait plus du tout : elle ne supportait pas l’autorité. En tant que maman isolée, je ne savais plus quoi faire. Aujourd’hui, elle s’épanouit. Dès qu’il y a un problème de comportement, Zoé est recadrée tout de suite par les éducateurs. De mon côté, j’envisage à nouveau notre relation positivement. »
La maman de Colin, Valérie (1), considère l’internat comme une chance pour son fils : « Colin était dans un refus total de la scolarité. Dès le premier entretien à l’internat, j’ai ressenti enfin de la bienveillance. Les éducateurs aident Colin à grandir, notamment au niveau affectif. Il a fait de gros progrès. »
C’est précisément pour éviter des placements que l’IES Vitagliano a créé une Unité éducative de prévention (UEP), subventionnée par l’Aide sociale à l’enfance des Bouches-du-Rhône. Les enfants bénéficient à l’UEP d’un suivi plus soutenu. « C’est un projet unique, reconnait Sylvie Dautel, chef de service éducatif. L’équipe éducative s’attache à développer une relation de proximité basée sur la confiance entre le jeune et sa famille. L’UEP est également un outil très performant pour aider ces jeunes, dont certains n’allaient plus à l’école, à raccrocher. Ils repartent avec de bonnes bases éducatives et scolaires. »

(1) Les prénoms ont été changés

Le point de vue de Dominique Glasman, sociologue, professeur émérite à l'université de Savoie

Face au décrochage scolaire, l’internat à visée éducative est-il une solution ?
Dominique Glasman : Pas toujours, car le décrochage est multiple dans ses formes et ses raisons. Un élève qui ne supporte plus l’image que l’école lui renvoie, ne gagnerait pas forcément à s’y retrouver pendant toute la semaine ! Mais celui qui se sent en retard par rapport aux attentes de l’école et en décalage par rapport à ses exigences, peut y trouver son compte, pour autant qu’il soit partie prenante de cette décision. Du côté de l’internat, il faut qu’on ait pensé à la fois le contrôle et le soutien en termes éducatifs comme de travail et que cette exigence soit portée par le chef d’établissement, le CPE (conseiller principal d’éducation, ndlr) et l’équipe.

Quels sont les atouts et les fruits d’un internat éducatif ?
Il offre la régularité aux élèves : une étude quatre jours par semaine et des repas à heures fixes… Cette régularité épargne aux adolescents le fait d’avoir à prendre la décision de se mettre au travail. Or, c’est cela qui est difficile, même pour des adultes. Il propose un cadre : les élèves sont tous en même temps à l’étude, ils peuvent être rassurés par la présence de quelqu’un qui les aide en cas de besoin. Et travailler sereinement loin des tentations de "l’esquive" - Facebook, séries, télé… - toutes ces choses bien plus séduisantes que le travail. C’est la même chose dans les dispositifs d’accompagnement scolaire.
Quant aux fruits, ils sont incontestables. Certains élèves se sont mis au travail. Ils ont gagné en autonomie, leurs parents sont moins sur le dos. Et surtout, ces jeunes ont pris les études au sérieux.

Le témoignage d'Antoine, interne

« L’internat m’a permis de m’échapper de ma famille pour mieux m’en rapprocher. » C’est ainsi qu’Antoine, 15 ans, résume son entrée à Notre-Dame du Bon accueil, situé à Gorges, non loin de Nantes, où il vit avec sa famille. Il y a quatre ans, il entre en 6e et à l’internat, ainsi que son frère jumeau. « J’avais des problèmes de comportement et de famille, explique-t-il. Les premiers mois ont été compliqués, car je perdais mes copains de primaire. » « La mort brutale de leur papa avait provoqué un cataclysme dans notre famille, déjà fragile, explique sa maman. La colère avait envahi la vie d’Antoine. Ses notes s’en ressentaient. Je me suis dit que j’avais besoin d’aide. Une amie m’a parlé du collège où son fils était scolarisé. »

Une famille sereine

Après un début difficile, Antoine s’habitue petit à petit à son nouveau cadre, où les effectifs sont réduits, la pédagogie différente, l’attention à chaque élève, réelle et l’accompagnement des éducateurs en internat, structurant. À l’internat, du cadre, des règles, un accompagnement bienveillant et exigeant pour que la confiance renaisse et que chacun reparte du bon pied et gagne en autonomie. Le temps d’études est quotidien, l’utilisation du téléphone  portable contrôlée, le choix des activités, réfléchi.
Jérôme Huret, son éducateur scolaire les premières années, confirme : « Antoine a fait beaucoup d’efforts durant ces quatre ans. » « L’internat m’a fait comprendre la cohésion de groupe, la collectivité, le partage, reprend l’adolescent. Si je n’avais pas été en internat, je sais que je me serais couché tard, j’aurais beaucoup joué aux jeux vidéo… » « » « Les éducateurs et les professeurs ont été à notre écoute tout au long des quatre années de collège, conclut sa maman. À présent, ce sont des enfants studieux et je suis fière de leur parcours. Ils ont mûri et grandi. Aujourd’hui, une nouvelle étape se dessine, le lycée. Notre famille est sereine face au futur. »

La fondation Apprentis d’Auteuil agit depuis 150 ans pour former et éduquer la jeunesse en difficulté. Avec plus de 80 formations, nous aidons les jeunes en difficulté à s’insérer dans la société tout en accompagnant les familles dans leur rôle éducatif. Nous agissons au plus près des familles avec des structures d’accueil pour enfants ou adolescents en difficultés confiés par les parents ou l’aide sociale à l’enfance. Nous proposons des accompagnements avec ou sans internat. 5 000 collaborateurs aident chaque jour à la prise en charge des jeunes en difficultés et à lutter contre l’échec scolaire. Ils contribuent à leur construire un projet de vie avec un parcours personnalisé. Ce soutien aux jeunes en difficulté et aux enfants déscolarisés permet de découvrir le potentiel et le talent de chacun d’entre eux. Pour soutenir notre association d’aide à l’enfance – n’hésitez pas à faire un don à notre fondation. Apprentis d’auteuil – fondation protection de l’enfance.