Les rêves d'Ernest, 14 ans, accueilli à Apprentis d'Auteuil

Les rêves d'Ernest, 14 ans, accueilli à Apprentis d'Auteuil

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Alors que s’ouvrent les États généraux du christianisme le 2 octobre à Strasbourg, sur le thème « Que désirez-vous ? Espérances, renouveaux, renaissances », les jeunes d’Apprentis d’Auteuil ont la parole. Deuxième témoignage, celui d’Ernest, 14 ans, accueilli au collège et à l’internat éducatif et scolaire Saint-Pie X à Domont (95) jusqu’en juin 2015.

Ma famille

Je suis ici (à Saint-Pie X, à Domont, ndlr) depuis quatre ans parce que j’avais des problèmes familiaux. À mes 6 ans, ma mère est décédée et mon père avait du mal à me surveiller. Je me battais beaucoup avec mon petit frère (il a 3 ans de moins). Maintenant, cela se passe beaucoup mieux en famille. Comme je suis loin de mon frère, j’ai appris à l’apprécier. Le week-end, je ne pense qu’à profiter de bons moments avec lui. Il veut devenir médecin, j’espère qu’il va réussir. Du coup, je l’aide pour ses devoirs. Papa va partir en retraite dans quelques années. J’espère qu’il va aller bien et que nous, on pourra assurer derrière.

Mon rêve : raconter une histoire en manga

Depuis que je suis arrivé au collège, j’ai apprécié l’univers du manga que ma prof d’art m’a fait découvrir. Et je me suis perfectionné dans le dessin. Mon rêve à moi, ce serait de raconter une histoire en manga, de devenir mangaka (auteur de manga). Mon père m’a dit que pour écrire des scénarios de manga, il fallait que je fasse des progrès en orthographe et que je lise des livres. Alors, je me suis mis à lire beaucoup depuis cette année. J’ai concentré toute mon attention sur ce projet. On me dit que ce métier-là ne paye pas beaucoup, que c’est une personne sur mille. Mais je ne veux pas faire cela pour l’argent. Après le collège, je ferai le lycée bac général S, avec une option arts appliqués. Il y a une université à Paris qui forme les mangakas.

J’aimerais qu’on laisse une chance à l’éducation

Moi, ce que j’aimerais, c’est qu’on laisse vraiment une chance à l’éducation. Et pour tout le monde. Parce que dans ce monde, si on ne travaille pas beaucoup, on ne peut rien avoir. J’ai des potes qui ont six de moyenne générale dans ma classe et j’ai peur pour eux, pour leur avenir. Dans ce monde, si on n’a pas de diplôme, on ne peut pas réussir.

À l'aumônerie, on discute de la vie de Jésus, à partir d’un DVD avec l’animatrice pastorale, Désirée. Elle et la sœur sont sympas. Quand on y va, c’est vraiment un lieu de paix, comme une petite maison, un petit jardin secret. On peut y venir comme on veut et discuter réellement, par exemple pour améliorer des choses à l’école ou pourquoi on est là. Au début, j’étais "laïc", et mon copain Julien me disait : "Tu veux pas venir à la pasto ?" J’y suis allé et je ne suis plus jamais reparti. Je lui dois beaucoup à Julien… Jésus, je le ressens vraiment comme un frère à mon écoute, toujours là pour moi. Je peux lui confier des choses.

Ernest a quitté Apprentis d’Auteuil pour intégrer une seconde générale en lycée, en septembre 2015.

La fondation Apprentis d’Auteuil agit depuis 150 ans pour former et éduquer la jeunesse en difficulté. Avec plus de 80 formations, nous aidons les jeunes en difficulté à s’insérer dans la société tout en accompagnant les familles dans leur rôle éducatif. Nous agissons au plus près des familles avec des structures d’accueil pour enfants ou adolescents en difficultés confiés par les parents ou l’aide sociale à l’enfance. Nous proposons des accompagnements avec ou sans internat. 5 000 collaborateurs aident chaque jour à la prise en charge des jeunes en difficultés et à lutter contre l’échec scolaire. Ils contribuent à leur construire un projet de vie avec un parcours personnalisé. Ce soutien aux jeunes en difficulté et aux enfants déscolarisés permet de découvrir le potentiel et le talent de chacun d’entre eux. Pour soutenir notre association d’aide à l’enfance – n’hésitez pas à faire un don à notre fondation. Apprentis d’auteuil – fondation protection de l’enfance.