Les enfants et les écrans : comment mettre des limites ?

Les enfants et les écrans : comment mettre des limites ?

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Téléphone, tablette, ordinateur, télévision, console de jeux…, les enfants et les ados d’aujourd’hui vivent littéralement au milieu des écrans. Une consommation qui ne faiblit pas l'été et qui est souvent source de conflits entre parents et enfants. Cette surexposition aux écrans est dénoncée par certains professionnels de la petite enfance qui évoquent "un problème majeur de santé publique". Nos conseils en cinq points. Félix LAVAUX.

1-Une consommation en hausse 

En France, les enfants âgés de 4 à 14 ans passent en moyenne trois heures par jour devant les écrans, qu’il s’agisse d’une télévision, d’une tablette, d’un téléphone portable (1), ou parfois des trois à la fois. Mais la consommation d’écrans varie beaucoup selon les jours de la semaine : 1h58 les jours où ils ont école, 3h23 les autres jours de la semaine et 4h09 le week-end ! Un chiffre en constante augmentation. En l’espace de cinq ans, leur consommation s’est accrue de 10 minutes. Chaque famille possède une dizaine d’écrans à domicile. 

2-Des écrans sources de conflits  

« Les écrans sont des puissants capteurs d’attention qui surstimulent l’attention visuelle et auditive des enfants, prévient Sabine Duflo, psychologue clinicienne et thérapeute familiale, qui rencontre beaucoup de parents en conflits avec leurs enfants à ce sujet. C’est devenu la première raison de consultation aujourd’hui. »

3-La méthode des « 4 pas » 

Pour venir en aide aux parents, Sabine Duflo a mis au point une méthode : les « 4 pas ». « Pas d’écrans le matin avant d’aller en classe », pour conserver toute sa capacité d’attention à l’école. « Pas d'écrans pendant les repas », pour permettre le dialogue et le développement du langage pendant ce temps convivial. « Pas d'écrans avant de s'endormir », car les images animées et la lumière des écrans stimulent le cerveau. Et « Pas d'écrans dans la chambre », car leur présence diminue le temps de sommeil et ne permet pas aux parents de contrôler ce que les enfants regardent.

Plus récemment, Sabine Duflo s'est associée à une tribune publiée dans le journal Le Monde  par un collectif de professionnels de la petite enfance pour qui "La surexposition des jeunes enfants aux écrans est un enjeu majeur de santé publique".

4-Adapter la consommation à l’âge des enfants

En 2008, le psychiatre Serge Tisseron a mis au point la règle des 3-6-9-12 : pas d’écran avant 3 ans. Avant 6 ans, pas de console de jeu portable. Pas d’internet avant 9 ans. À partir de ce âge et jusqu’au collège, l’enfant doit être accompagné pour découvrir Internet. À partir de 12 ans, un enfant peut surfer seul. Mais avec prudence, pas à toute heure et sur n’importe quel site. « Convenez avec lui d’horaires, mettez en place un contrôle parental et ne le laissez pas avoir une connexion nocturne illimitée. » En un mot, à tout âge, fixez des règles et des limites !

5-Montrer l’exemple

« Parents, montrez l’exemple ! Éteignez vos portables, lisez-leur des livres et laissez-les s’ennuyer, le meilleur moyen de stimuler leur imagination !, conseille Jacques Henno, journaliste spécialisé, qui donne une cinquantaine de conférences sur le sujet par an. Intéressez-vous aux jeux auxquels ils jouent, aux vidéos qu’ils regardent sur You Tube. Un bon moyen de rétablir le dialogue et de savoir ce qu’ils font sur les écrans. » Car, au total, les jeunes y passent 1450 heures par an.

(1) Étude IPSOS pour la chaîne Gulli réalisée du 10 au 20 juillet 2015.

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La fondation Apprentis d’Auteuil agit depuis 150 ans pour former et éduquer la jeunesse en difficulté. Avec plus de 80 formations, nous aidons les jeunes en difficulté à s’insérer dans la société tout en accompagnant les familles dans leur rôle éducatif. Nous agissons au plus près des familles avec des structures d’accueil pour enfants ou adolescents en difficultés confiés par les parents ou l’aide sociale à l’enfance. Nous proposons des accompagnements avec ou sans internat. 5 000 collaborateurs aident chaque jour à la prise en charge des jeunes en difficultés et à lutter contre l’échec scolaire. Ils contribuent à leur construire un projet de vie avec un parcours personnalisé. Ce soutien aux jeunes en difficulté et aux enfants déscolarisés permet de découvrir le potentiel et le talent de chacun d’entre eux. Pour soutenir notre association d’aide à l’enfance – n’hésitez pas à faire un don à notre fondation. Apprentis d’auteuil – fondation protection de l’enfance.