Comment aider un petit à parler ?

Comment aider un petit à parler ?

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Dès sa naissance, l’enfant communique avec ses proches par le regard, les cris, les babils… Puis vient le langage, objet mais aussi vecteur d’apprentissages. Cinq conseils d’Agnès Florin, professeur de psychologie de l’enfant et de l’éducation à l’université de Nantes, pour accompagner un enfant dans l'acquisition de la parole. Par Amicie Rabourdin

1-Parler avec l’enfant

Le petit enfant apprend à parler dans un dialogue actif avec un adulte, pas avec un autre enfant, ni avec la télévision. Pour parler vraiment avec un petit, il faut le considérer comme un interlocuteur avec qui on souhaite échanger des pensées, lui laisser le temps de parler et l'écouter : trop d'enfants ont le sentiment de ne pas être écoutés. L’adulte doit mettre le monde en mots, ce que l’enfant ne peut faire de lui-même, et lui faire comprendre que le langage n’a pas qu’une fonction instrumentale ("donne-moi ça, fais ceci…").

2-Parler de ce qu'on fait ensemble

Parler de ce que l’enfant voit et ressent, de ce que l’on ressent soi-même, et surtout, de ce qu’on a vécu ensemble, permet d’enrichir son discours, de le compléter et d’éventuellement le rectifier. Il ne s’agit pas de donner une leçon de langage à l’enfant, mais de dire ce qu’on a fait, ce qu’on fait et ce qu’on va faire. Cela développe le langage d'évocation et la capacité à se projeter dans l'avenir.

3-Parler au petit enfant comme à un grand

Si dans toutes les cultures, tout le monde "parle bébé" lors des moments affectifs, cela ne sert à rien pour le développement du langage. La perception par l’enfant du mot "voiture" par exemple, n’est pas plus compliquée que celle de "toto" ou de "tuture" ! Pour communiquer avec un petit, il faut s’ajuster aux signes de compréhension ou d’incompréhension qu’il nous renvoie, adapter son langage en exagérant l’intonation, en faisant des phrases courtes, des pauses entre les groupes de mots…, ce que les adultes au contact des enfants font naturellement.

4-Jouer, chanter, cuisiner avec l'enfant

Associer l’enfant aux tâches du quotidien est une excellente chose pour faire progresser son langage. Jouer, chanter, cuisiner, bricoler, voire regarder ensemble un écran : les activités partagées avec lui sont le support des échanges verbaux, d’informations ou d’émotions. Si on regarde ensemble une émission, on peut l’aider à dédramatiser les éléments, à décrypter les images, les fonctions des héros, c’est un thème de conversation comme un autre. Mais abandonner l’enfant devant la télé ne l’aidera pas !

5-Regarder et lire des livres avec l'enfant

La littérature enfantine propose un vocabulaire et une syntaxe à la fois simples, riches et variés. Elle ouvre aussi l’enfant sur un univers qui ne lui est pas familier et sur l’imaginaire. Il découvre que quelqu’un a mis en mots les émotions qu’il ressent, sans être capable de les exprimer. On regarde les images ensemble et on lit l’histoire, c’est-à-dire ce qui est écrit. C’est nécessaire de faire la différence entre lire et raconter. Quand on raconte, on invente.
Enfin, il est important de toujours répondre aux questions des enfants, quel que soit le niveau de réponse ! Et s’il repose les mêmes questions, ce qui signifie qu’il n’a pas fait le tour du problème, de lui répondre à nouveau.

À lire
Le développement du langage,
Agnès Florin
Les topos, Éd. Dunod 

La fondation Apprentis d’Auteuil agit depuis 150 ans pour former et éduquer la jeunesse en difficulté. Avec plus de 80 formations, nous aidons les jeunes en difficulté à s’insérer dans la société tout en accompagnant les familles dans leur rôle éducatif. Nous agissons au plus près des familles avec des structures d’accueil pour enfants ou adolescents en difficultés confiés par les parents ou l’aide sociale à l’enfance. Nous proposons des accompagnements avec ou sans internat. 5 000 collaborateurs aident chaque jour à la prise en charge des jeunes en difficultés et à lutter contre l’échec scolaire. Ils contribuent à leur construire un projet de vie avec un parcours personnalisé. Ce soutien aux jeunes en difficulté et aux enfants déscolarisés permet de découvrir le potentiel et le talent de chacun d’entre eux. Pour soutenir notre association d’aide à l’enfance – n’hésitez pas à faire un don à notre fondation. Apprentis d’auteuil – fondation protection de l’enfance.