Apprendre le vivre-ensemble grâce aux compétences psychosociales

Apprendre le vivre-ensemble grâce aux compétences psychosociales

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Expérimenté dans les pays anglo-saxons depuis les années 1970, l’apprentissage des compétences psychosociales (CPS), ou l’art du bien vivre-ensemble, se développe en France. Explications de Béatrice Lamboy, chercheur au laboratoire interuniversitaire de psychologie de Chambéry et présidente de l’Association francophone d’éducation et de promotion de la santé (AFEPS).

Comment définir les compétences psychosociales encore peu connues en France ?

Le terme de « compétences psychosociales » (CPS) a été introduit en 1993 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). En anglais, on parle de « life skills », que l’on peut traduire littéralement par « compétences utiles pour la vie ». Aujourd’hui, on parle plutôt de « compétences sociales et émotionnelles » ou de « compétences psychosociales » qui se déclinent en trois sous-groupes.
Les compétences émotionnelles font référence à la capacité d’un enfant à gérer ses émotions positives et négatives, telles que la joie, le stress, la colère. Les compétences sociales recouvrent la communication positive et non violente, l’empathie, la capacité à formuler et recevoir des critiques, à résoudre des problèmes relationnels… Et enfin, les compétences cognitives désignent la conscience de soi, la pensée critique ou créative.

Aux États-Unis, les études ont mesuré une baisse spectaculaire de la consommation d’alcool, de tabac et des comportements violents chez les populations qui ont travaillé ces compétences psychosociales.

Cela paraît effectivement miraculeux lorsque l’on regarde la littérature scientifique sur le sujet qui débute dans les années 1970 aux États-Unis. En étudiant ces programmes, nous nous sommes rendu compte qu’ils pouvaient modifier les grands "déterminants" de santé (alcool, tabac, drogue, violence) et ainsi aider à prévenir un grand nombre de maladies (dépression, cancer, maladies cardio-vasculaires). Les compétences psycho-sociales agissent aussi sur les déterminants sociaux et éducatifs, et favorisent ainsi la réussite scolaire et l’insertion professionnelle.

Pourquoi les compétences psychosociales sont-elles si peu utilisées en France ?

En France, les premiers à s’y être intéressés sont les professionnels de l’éducation pour la santé car elles figuraient dans la charte d’Ottawa de 1986 qui a fixé le cadre de la promotion de la santé dans le monde. Notre pays a pris du retard, car nous utilisions jusque-là plutôt le modèle psychanalytique, et non pas le modèle scientifique international qui a démontré l’impact des compétences psychosociales. En France, la région des Pays de la Loire est une des plus avancées sur le sujet.

La région Pays de la Loire utilise comme outil le « Cartable des compétences psychosociales » dans les écoles. Pourquoi ?

Dans ce domaine, il existe de nombreux outils. Le « Cartable des compétences psychosociales », conçu par l’IREPS (l’Instance régionale en éducation et promotion de la santé) est en phase de déploiement dans toute la région. Les compétences psychosociales ont toute leur place dans les nouveaux programmes de l’Éducation nationale au titre du « savoir vivre ensemble ». Il faut maintenant que les enseignants s’en emparent.

Comment se déroulent les interventions auprès des enfants ?

Les compétences psychosociales, il faut d’abord les vivre par l’expérience ou le jeu. Le mieux est de mettre les enfants en situation à travers le jeu de rôle pour apprendre à identifier et réguler la peur, la colère, la tristesse… Dans les crèches, on peut aussi apprendre aux tout-petits à mieux connaître leurs émotions avec les « ballons émotions » plutôt que de taper sur leurs voisins ! Les CPS peuvent être travaillées dès le plus jeune âge.

Pour en savoir plus

La fondation Apprentis d’Auteuil agit depuis 150 ans pour former et éduquer la jeunesse en difficulté. Avec plus de 80 formations, nous aidons les jeunes en difficulté à s’insérer dans la société tout en accompagnant les familles dans leur rôle éducatif. Nous agissons au plus près des familles avec des structures d’accueil pour enfants ou adolescents en difficultés confiés par les parents ou l’aide sociale à l’enfance. Nous proposons des accompagnements avec ou sans internat. 5 000 collaborateurs aident chaque jour à la prise en charge des jeunes en difficultés et à lutter contre l’échec scolaire. Ils contribuent à leur construire un projet de vie avec un parcours personnalisé. Ce soutien aux jeunes en difficulté et aux enfants déscolarisés permet de découvrir le potentiel et le talent de chacun d’entre eux. Pour soutenir notre association d’aide à l’enfance – n’hésitez pas à faire un don à notre fondation. Apprentis d’auteuil – fondation protection de l’enfance.