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Le numérique, une aide pour les élèves en difficulté ?

Le numérique peut-il donner un coup de pouce aux élèves en difficulté ? Réponses avec Hélène Mulot, professeure-documentaliste au collège Saint-Jean d’Apprentis d’Auteuil situé près de Toulouse, qui a mis en place un enseignement autour de la culture numérique dans son établissement.

Hélène Mulot avec les élèves du collège Saint Jean à Saint-Sulpice (81) © Photo DR

Que proposez-vous aux élèves autour du numérique ?

Cette année, nous avons mis en place au collège Saint-Jean un parcours d’éducation aux médias et à l’information (EMI) qui s’intitule « Culture numérique ». Tous les 15 jours, les élèves de 5è et de 4è se retrouvent en demi-groupes autour de 3 thématiques : comprendre son environnement numérique (le Web, Internet, Google…), critiquer les outils numériques et leurs usages et créer des contenus en ligne (travail collaboratif, droits d’auteur, droits à l’image,…). Le meilleur moyen d’enseigner le numérique aux élèves, c’est de le faire sous la forme d’une pédagogie de projet. Par exemple, nous avons réalisé des affiches « Ma vie en ligne » que nous avons collées dans le collège et que nous avons  également mises en ligne. 

En quoi l’enseignement autour du numérique peut-il venir en aide aux jeunes en difficulté ?

Les technologies informatiques (le tableau blanc interactif par exemple) permettent de rendre les disciplines plus ludiques, plus visuelles, plus interactives. Ce qui peut aider les élèves en difficulté. Ils peuvent ainsi développer leurs compétences dans les différentes matières : maths, français, histoire… Ces outils peuvent aussi aider les élèves dyslexiques : ils offrent la possibilité d’augmenter la taille des caractères, de choisir une police mieux adaptée à leur handicap. En maths ou en langues, les élèves peuvent faire des exercices interactifs en ligne. Enfin, lorsque nous avons un projet de publications, les élèves travaillent à leur rythme : les plus en difficulté peuvent terminer leur travail, alors que les plus à l’aise peuvent aller plus loin.

Comment utilisez-vous les outils numériques en classe ?

L’enseignement du numérique ne doit pas être pensé en termes d’outils mais de compétences à acquérir pour les élèves. Les outils changent, évoluent. Et leur technicité peut bloquer les utilisateurs. Certes, il existe aujourd’hui le B2i (Brevet informatique et internet) qui valide les compétences des élèves au cours de leur scolarité. Mais l’approche du B2i est très basique et techniciste: « Savoir utiliser tel logiciel de PAO », « Créer une feuille de style »… Pour mon enseignement, je me suis plutôt appuyée sur l’éducation aux médias et à l’information numérique proposée par les publications de l’Unesco. 

Pour préparer les élèves aux exigences de la société numérique, il est indispensable de s’appuyer sur les outils du Web 2.0 qui permettent de développer de nouvelles formes de travail collectif, coopératif ou collaboratif.  Il s’agit surtout de voir l’envers du décor pour mettre en place de véritables situations d’apprentissages.  L’outil à lui seul ne permet pas de développer des compétences numériques. Des chercheurs, comme André Tricot, soulignent que cela peut même être un frein si cet enseignement est mal accompagné, car les élèves doivent à la fois maîtriser l’outil et le contenu de la matière travaillée. En tant qu’enseignant, nous devons utiliser le numérique sans perdre de vue les compétences que l’on veut développer chez les élèves. 

Le numérique et Internet ne font-ils pas déjà partie de la culture des jeunes ?

Les jeunes ont une connaissance partielle du numérique. Elle est liée à l’usage qu’ils peuvent en faire en tant qu’adolescents. Ils utilisent tous Google comme moteur de recherche, mais ils ne savent pas comment sont classés les résultats, comment s’affichent les publicités, ce que représente l’entreprise Google. Nous étudions le Web comme objet de connaissance : sa structure technique, ses composantes, ses usages principaux. Leur utilisation des réseaux sociaux se limite souvent à Facebook.

Je les interroge sur ce qu’ils partagent, comment, pour qui ? Je leur montre qu’il existe également d’autres réseaux sociaux. Avec Babelio, un réseau social littéraire, les élèves peuvent rédiger des critiques de livres qu’ils échangent ensuite avec d’autres élèves du département. Sur ce réseau social, ils retrouvent les mêmes fonctionnalités – Partager, Liker, Commenter – que sur Facebook. Il faut donc donner du sens aux situations d’apprentissage et permettre le transfert de ces compétences acquises dans la vie quotidienne des élèves.

Justement, quelles compétences le numérique développe-t-il chez les élèves ?

Les principales compétences développées sont liées à la publication de contenus qui permet aux élèves d’être acteurs de leurs apprentissages. La créativité, le travail collaboratif, la nécessité de partager les connaissances sont autant de points d’appui à mes enseignements. Le fait de se poser des questions sur les sites, les plateformes, les outils, leur permet d’aiguiser leur regard critique. Les élèves en difficulté ont souvent du mal à lire sur écran. Lorsqu’ils le font, ils développent alors une nouvelle compétence qu’il faut valoriser.

Aujourd’hui, le numérique est présent partout dans les apprentissages, les loisirs, la communication. Nous devons donc apprendre aux élèves à distinguer vie privée et vie publique, à définir leur présence numérique, à gérer les traces numériques qu’ils peuvent laisser sur Internet. Lire et écrire avec le numérique, c’est différent de lire et écrire via le papier. L’alphabétisation numérique pour tous est nécessaire.

Quels progrès avez-vous pu constater chez vos élèves ?

Les élèves ont souvent tendance à utiliser le « copier/coller » dès qu’ils ont un devoir à faire. Au lieu de l’interdire, je pars plutôt de leur pratique. Je leur demande de faire  un « document de collecte » à partir de « copier/coller » de différents sites Web. Ensuite, nous retravaillons ce texte, nous vérifions les informations et nous le complétons. Ils font alors un travail de synthèse, apprennent à valider les informations, les sources mais surtout à trouver une information pertinente par rapport à une consigne donnée. 

Autre exemple : il nous faut repenser les productions demandées aux élèves. Plutôt que d’exiger une biographie de Molière – alors que l’on sait qu’ils vont aller sur le premier site référencé sur Google, et nous rendre tous la même copie ! –, nous leur demandons d’inventer une interview fictive de Molière. Ils sont donc obligés de rédiger les questions et les réponses. Et de faire, via l’informatique, une production littéraire qui leur est propre. 

Avec le numérique, les résultats ne sont pas magiques mais cela aide les élèves en difficulté à comprendre, à questionner les outils numériques, à mieux les utiliser. Ils font ainsi des passerelles entre leur usage personnel à la maison et leurs usages scolaires et bientôt professionnels. Ils gagnent en autonomie, en créativité, s’approprient mieux les informations disponibles et construisent ainsi mieux leur pensée critique.

Voir le blog d'Hélène Mulot, professeure-documentaliste au collège Saint-Jean  

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