Un jeune ancien rencontre le président de la République

Un jeune ancien rencontre le président de la République

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Le 6 mai, des jeunes ont rencontré le Président de la République au CESE à l'occasion du colloque sur les politiques jeunesse. Mathieu Fleury, jeune ancien d'Apprentis d'Auteuil, a participé au débat et témoigné de son parcours.

Mathieu, vous êtes entré à Apprentis d’Auteuil à 18 ans. Dans quelles circonstances ?

J’avais en effet 18 ans passés en novembre 2010. Je suis entré à Saint-Antoine dans le cadre d’un contrat jeune majeur. Auparavant, je vivais avec ma mère et mes grands-parents, avant d’être placé à 13 ans en famille d’accueil pendant 3 ans, puis pendant 2 ans dans un foyer pour les 16-18 ans. À ma majorité, j'ai dû trouver un autre accueil, d’où mon entrée à Apprentis d’Auteuil. Mes grands-parents ont continué à s’occuper de moi. J’avais des difficultés familiales.

Comment avez-vous été accompagné ?

J’avais un éducateur référent à Saint-Antoine, et une autre à l’Aide sociale à l’enfance. J’étais en bac pro électrotechnique dans un lycée professionnel et hébergé à Saint-Antoine à la Maison d’enfants à caractère social (MECS). De mars 2011 à mars 2013, les jeunes majeurs ont été logés dans une autre structure dépendant de Saint-Antoine – Les Sources - dans la ville de Marcoussis même, en semi autonomie.
C’était pratique, nous avions tout sous la main, les commerces, les transports etc. Nous avions chacun un budget pour la nourriture, l’hygiène, les vêtements… Des éducateurs étaient là pour nous aider. Chacun faisait ses courses, préparait son dîner (avec un budget de 5 €). Le midi, nous mangions à la cantine de notre lycée. Une fois par semaine, nous préparions un repas en commun et mangions tous ensemble, ce qui nous permettait d’échanger.  Moi, j’avais tendance à être économe et à ne pas dépenser tout mon budget. Nous rendions des comptes sur nos dépenses, en donnant les justificatifs. Même chose pour l’hygiène et la vêture.

Parlez-nous du contrat jeune majeur. 

C’est un dispositif de l’Aide sociale à l’enfance, attribué au cas par cas aux jeunes majeurs de 18 à 21 ans. Il est de 6 mois ou d’un an renouvelable. Il faut avoir un projet professionnel ou de formation. Cela permet de poursuivre ses études. J’ai eu mon premier contrat jeune majeur en mars 2010, pour six mois, puis il est passé à un an renouvelable. J’ai eu mon bac avec mention assez bien, puis je me suis orienté vers un BTS maintenance industrielle. Mes grands-parents avaient mis pour moi de l’argent de côté pour que je passe mon permis. J’ai aussi fait une demande de bourse, que j’ai obtenue.

Que s’est-il passé ensuite ?

Après mon BTS, j’ai voulu poursuivre en licence pro maintenance industrielle en alternance. Mais, malgré tous mes envois de lettres et de CV et mes démarches, je n’ai pas trouvé d’entreprise. J’ai dû renoncer à la licence. J’ai ensuite perdu ma grand-mère. Tout cela a été très difficile. 
Je me suis dit que j’allais chercher un boulot. J’ai été pris en CDI à temps partiel pour distribuer des annonces publicitaires dans les boîtes aux lettres, puis j’ai fait de l’animation dans les écoles dans le cadre de la réforme des rythmes scolaires. Je suis en formation BAFA (Brevet d'aptitude aux fonctions d'animateur), je fais aussi partie des Scouts et Guides de France, j'ai aussi participé à CATS (Children as Actors for Transforming Society), ce qui m'a donné envie de m'engager dans les mouvements citoyens. Actuellement, je suis conseiller régional junior.

Mathieu, vous avez témoigné lors du débat autour des propositions du CESE. Pourquoi ?

Je voulais témoigner de mon parcours et des difficultés dans le cadre du contrat jeune majeur. À la fin, j’étais moins suivi, je devais me débrouiller tout seul, même si mon autonomie n’était pas encore parfaite. Les six derniers mois, mon assistante sociale a changé, la suivante connaissait moins mon dossier, et puis le contrat jeune majeur s'est arrêté à mon 21e anniversaire.
J’aurais eu besoin de plus de soutien, je n'aurais peut-être pas abandonné mes études. A la recherche d'un travail dans la maintenance industrielle, je suis toujours en relation avec le service des anciens de Saint-Antoine qui me soutient.

Un colloque sur les politiques publiques en faveur des jeunes
La journée était co-organisée par le Laboratoire interdisciplinaire d’évaluation des politiques publiques de Sciences Po et le Conseil économique, social et environnemental, à l’initiative du groupe des organisations étudiantes et mouvements de jeunesse.
Moment de mobilisation collective, elle réunissait différents experts, des acteurs sociaux et politiques, et surtout, de nombreux jeunes, engagés ou non dans des organisations de jeunesse. L'occasion pour eux d’exprimer face au Président de la République, les attentes de la jeunesse en matière de politique publique. Suite au témoignage de Mathieu Fleury sur son parcours en protection de l'enfance et sur les contraintes du contrat jeune majeur, François Hollande a d'ores et déjà annoncé que celui-ci ne s'arrêterait plus à la date butoir du 21e anniversaire, mais se poursuivrait jusqu'à la fin des études engagées.

Un colloque sur les politiques publiques en faveur des jeunes

La journée était co-organisée par le Laboratoire interdisciplinaire d’évaluation des politiques publiques de Sciences Po et le Conseil économique, social et environnemental, à l’initiative du groupe des organisations étudiantes et mouvements de jeunesse. Moment de mobilisation collective, elle réunissait différents experts, des acteurs sociaux et politiques, et surtout, de nombreux jeunes, engagés ou non dans des organisations de jeunesse. L'occasion pour eux d’exprimer face au Président de la République, les attentes de la jeunesse en matière de politique publique. Suite au témoignage de Mathieu Fleury sur son parcours en protection de l'enfance et sur les contraintes du contrat jeune majeur, François Hollande a d'ores et déjà annoncé que celui-ci ne s'arrêterait plus à la date butoir du 21e anniversaire, mais se poursuivrait jusqu'à la fin des études engagées.

La fondation Apprentis d’Auteuil agit depuis 150 ans pour former et éduquer la jeunesse en difficulté. Avec plus de 80 formations, nous aidons les jeunes en difficulté à s’insérer dans la société tout en accompagnant les familles dans leur rôle éducatif. Nous agissons au plus près des familles avec des structures d’accueil pour enfants ou adolescents en difficultés confiés par les parents ou l’aide sociale à l’enfance. Nous proposons des accompagnements avec ou sans internat. 5 000 collaborateurs aident chaque jour à la prise en charge des jeunes en difficultés et à lutter contre l’échec scolaire. Ils contribuent à leur construire un projet de vie avec un parcours personnalisé. Ce soutien aux jeunes en difficulté et aux enfants déscolarisés permet de découvrir le potentiel et le talent de chacun d’entre eux. Pour soutenir notre association d’aide à l’enfance – n’hésitez pas à faire un don à notre fondation. Apprentis d’auteuil – fondation protection de l’enfance.