Travail avec les familles, le regard d'un psychosociologue

Travail avec les familles, le regard d'un psychosociologue

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Psychosociologue de formation, Laurent Sochard est praticien-chercheur et consultant spécialisé dans les problèmes de participation des usagers. Son sujet de prédilection ? Les pratiques de démocratie participative. Interview Agnès Perrot.

Comment se porte le travail des professionnels du secteur social avec les familles ?

Il varie énormément selon les lieux, mais demeure encore, dans l’ensemble, un sujet sensible et douloureux, souvent mal vécu.
Sur le plan des politiques publiques, les Etats généraux du travail social, lancés en janvier 2013, ont également donné lieu à des orientations ministérielles fortes. Le plan d’action interministériel qui en a découlé, en octobre 2015, prévoit un axe fort concernant la participation des personnes, ce qui montre que malgré de nombreux textes, les choses tardent à véritablement avancer.
Mais beaucoup d’institutions et de professionnels sentent qu’il va falloir progresser sur ce sujet, et ont une véritable envie de le faire.

Pour autant, de belles expériences très réussies voient le jour ici ou là, comme les expériences de co-formations avec ATD quart-monde ou dans les universités populaires de parents du mouvement ACEPP (Association des Collectifs Enfants Parents Professionnels).

Comment avancer intelligemment du coup ?

En faisant véritablement alliance ! Etre parent, d’une famille en difficulté ou pas, c’est difficile ! On n’éduque pas les parents, ce sont des adultes, on travaille avec eux, en ayant le plus possible cette posture essentielle à l’esprit : pour bien rencontrer l’autre, il faut accepter de ne pas savoir.

Attention aux pouvoirs cachés aussi, aux attitudes trop surplombantes, aux multiplicités de conseils ou d’intentions bienveillantes qui sont parfois ressentis comme condescendantes. Il y a encore du chemin à faire !

Tout comme dans les pratiques de démocratie participative ?

Oui, la démocratie participative, ce mot-valise, dont on use et abuse, requiert une vraie compétence et des qualités humaines et de convictions, sans compter une dimension qui interroge nos conceptions de l’homme et des rapports sociaux.

Comment amener en effet des services entiers vers des pratiques plus participatives si ces mêmes personnes ont le sentiment que les chefs qui leur demandent de mettre en œuvre ces pratiques ne les associent jamais aux prises de décision ou ne les écoutent pas au sein de leur travail ?

Il faut aussi que les travailleurs sociaux puissent développer une vraie compétence pour travailler avec toutes les personnes, notamment celles qui sont plus éloignées de la parole publique. Et si nécessaire, que  les institutions elles-mêmes bougent...

En fait, seule la dimension éthique fera la différence ! Au fond, la démocratie participative doit rester une question plus qu’une solution, un projet, une visée, plus qu’un résultat. Comme la démocratie somme toute, qui est une valeur à construire et jamais une réalité atteinte…

Pour en savoir plus :

La fondation Apprentis d’Auteuil agit depuis 150 ans pour former et éduquer la jeunesse en difficulté. Avec plus de 80 formations, nous aidons les jeunes en difficulté à s’insérer dans la société tout en accompagnant les familles dans leur rôle éducatif. Nous agissons au plus près des familles avec des structures d’accueil pour enfants ou adolescents en difficultés confiés par les parents ou l’aide sociale à l’enfance. Nous proposons des accompagnements avec ou sans internat. 5 000 collaborateurs aident chaque jour à la prise en charge des jeunes en difficultés et à lutter contre l’échec scolaire. Ils contribuent à leur construire un projet de vie avec un parcours personnalisé. Ce soutien aux jeunes en difficulté et aux enfants déscolarisés permet de découvrir le potentiel et le talent de chacun d’entre eux. Pour soutenir notre association d’aide à l’enfance – n’hésitez pas à faire un don à notre fondation. Apprentis d’auteuil – fondation protection de l’enfance.