Comment parler de la mort aux enfants ?

Comment parler de la mort aux enfants ?

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Les enfants s’interrogent naturellement sur la mort. Repères avec Christine Brunet, psychologue pour enfants, et Marie Blondeau, thérapeute en accompagnement du deuil, en ce 2 novembre, jour où les chrétiens prient plus particulièrement pour leurs défunts. Par Agnès Perrot.

1. Pourquoi parler de la mort avec les enfants ?

La mort fait partie de la vie et c’est un sujet qui préoccupe naturellement les enfants. "Face à la mort, si l’adulte ne dit rien, l’enfant va se faire des idées, se sentir responsable, abandonné, coupable ou avoir le sentiment que ses parents ne lui font pas confiance", prévient Christine Brunet,  psychologue pour enfants.

2. Quand en parler ?

Il est toujours préférable d’aborder le sujet dans des moments où les enfants ne sont pas encore touchés de près par la question. Cela les aidera à mieux comprendre que la mort s’inscrit dans le cycle naturel de la vie et ils seront mieux préparés pour les deuils suivants. "La vie fourmille d’occasions : la mort d’un animal, le cycle des saisons, un déménagement, etc.", explique Marie Blondeau, thérapeute en accompagnement du deuil. Si c’est l’enfant qui pose la question (souvent à un moment inattendu), vous pouvez lui retourner simplement la question et engager le dialogue.

3. Comment en parler ?

Le moment venu, face à une situation nous touchant de près, il faut être clair, concret et précis. Face, par exemple, à un grand-père mort d’une maladie grave, il est possible de dire qu’il ne souffre plus, qu’il ne respire plus, qu’on va le mettre en terre et qu’il y aura une cérémonie pour lui dire adieu. Il est conseillé de laisser aussi l’enfant s’exprimer. Dans ces moments difficiles, l’authenticité est de mise. Ne cachez pas votre tristesse ou vos larmes, en précisant que vous avez vous aussi du chagrin et que vous ne comprenez pas forcément tout.

4. La peur de sa mort ou de celle de ses proches 

C’est une réaction normale. Vous pouvez dire qu’on meurt logiquement quand on est vieux. Mais aussi que cette question interroge tout le monde, même les parents. Accueillez ces questions du mieux que vous pouvez, pour que l’enfant comprenne qu’il pourra y revenir si besoin. Et précisez-lui que vous n’avez pas accompli votre vie et que vous souhaitez rester à côté de lui !  
Face à la peur de mourir de l’enfant, il est important de lui préciser qu’il fait bien de vous en parler, que vous êtes là pour le protéger, que vous savez qu'il va bien et que vous faites attention à lui. Veillez à rester à l’écoute et si la question se répète, prenez un avis extérieur ou amenez l’enfant en consultation auprès d’un spécialiste. Tout dépend du contexte. 

5. Cérémonies et croyances

Chaque famille décide, mais les spécialistes pensent qu’il est bon de proposer à l’enfant de voir le corps du défunt pour qu’il puisse lui faire ses adieux et qu’il prenne part aux cérémonies familiales. Quant aux croyances autour de la mort, les parents pourront partager leurs convictions personnelles avec leurs enfants sur la vie après la mort, en leur précisant qu’il s’agit de leur foi, mais que d’autres croient autre chose

À lire :

• "Petits tracas et gros soucis de 8 à 12 ans", par Christine Brunet et Anne-Cécile Sarfati, éd. Albin Michel

• "Comment parler de la mort avec votre enfant", par Daniel Oppenheim, éd. de Boeck

• "Tu n’es pas seul, accompagner l’enfant en deuil", par M-Madeleine de Kergorlay-Soubrier, éd. du Jubilé

• "Au revoir blaireau", de Susan Varley, éd. Gallimard jeunesse (à lire avec les enfants)

La fondation Apprentis d’Auteuil agit depuis 150 ans pour former et éduquer la jeunesse en difficulté. Avec plus de 80 formations, nous aidons les jeunes en difficulté à s’insérer dans la société tout en accompagnant les familles dans leur rôle éducatif. Nous agissons au plus près des familles avec des structures d’accueil pour enfants ou adolescents en difficultés confiés par les parents ou l’aide sociale à l’enfance. Nous proposons des accompagnements avec ou sans internat. 5 000 collaborateurs aident chaque jour à la prise en charge des jeunes en difficultés et à lutter contre l’échec scolaire. Ils contribuent à leur construire un projet de vie avec un parcours personnalisé. Ce soutien aux jeunes en difficulté et aux enfants déscolarisés permet de découvrir le potentiel et le talent de chacun d’entre eux. Pour soutenir notre association d’aide à l’enfance – n’hésitez pas à faire un don à notre fondation. Apprentis d’auteuil – fondation protection de l’enfance.